ACTE DEUX1EME
rupture du jeune, il a jete a terre quelques individus; mais, ce n'etaient que des gamins ». — Timour-Aga etait present.
Le khan ne fut pas de mon avis, et il me dit : « Comment prouverez-vous cela? »
— « Ce ne serait pas, repondis-je, digne d'uri homme de mon rang; mais, sans cela, malgre mes cinquante ans, je lutterais avec Timour-Aga, et je le jetterais a terre. Vous verriez bien ! » — Alors, le khan qui aime toujours ces sortes dechoses, s'ecria : « II faut absolument que vous luttiezavec Timour-Aga. » — Ne voyant aucun moyen de l'eviter, je me levai.
Nous nous empoignames, et, Pamour-propre me poussant fortement, je soulevai Timour-Aga, et je lui fis perdre pied sans lui laisser une minute de repit. Je ne sais pas comment je l'ai jete a terre ; mais, le pauvre enfant est tombe evanoui de tout son long u . Le choc a ete tel que ce n'est qu'une demi-heure apres qu'il a repris ses sens. — Par la violence de mon effort, la boucle 15 de ma ceinture m'a heurte avec
tant de force, et m'a fait tant de mal, que je ne peux pas marcher droit.
Cho'le-Khanoum. — (En riant). O mon cher homme ! qu'avez-vous fait-la ! Ce pauvre enfant est tombe.... S'il meurt, la vie de sa mere sera bien triste.
Le vizir. — C'est vrai, et, moi-meme, j'ai beaucoup regrette ce que j'ai fait. Mais, que faire? C'est comme cela.
Cho'le-Khanoum. — Tres bien. Et ce malheureux est reste etendu a terre, tandis que vous vous Ieviez, et que vous veniez me raconter votre exploit ?
Le vizir. — Non : les ferrachs l'ont pris sur leurs epaules et l'ont rapporte a sa mere. (En entendant ces mots, Timour- Aga nepeut se contenir davantage, etpart d'un eclat de rire. Le vi^ir se leve aussitut, et vji au rideau qu'il souleve. En apercevant derriere le rideau Ziba-Khanoum et Timour-Aga, il reste stupe/ait. — Cho'le-Khanoum est etonnee aussi d'y voir Ziba-Khanoum).