‹ Deux couronnesChapitre 6 sur 18 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

Les Mêmes, WILLIS *.

WILLIS

Eh! parbleu! voici la maman Ho^kins... Permettez. (// l'embrasse.) A votre tour, jolie miss.

JANE

Qu'il y a long-temps qu'on ne vous a vu !

WILLIS

C'est vrai; mais que voulez-vous? nous avons tant d'occupations, nous autres enfans d'Oxford! Qui est ce gros papa ?

ANNA

Un ami de la maison, M. Daniels Hopper!

WILLIS

Ah! oui, ce monsieur qui se souvient si bien... oui, oui. (Us se saluent.) Mais en parlant d'ami, où est donc le mien, ce cher Richard ?

JANE

A Drury Lane 1

WILLIS

C'est juste... j'ai appris... c'est aujourd'hui le grand jour!... Que je suis heureux d'ôlre arrivé à temps! car j'irai, quand je devrais laisser mon habit en lambeaux à la porte.

ANNA

Et d'où arrivez-vous maintenant?

WILLIS

D'Oxford toujours, parbleu! de l'université... où j'ai fait presque une révolution.

PAMELS.

Pourquoi?

' Anna, Willis, Jaue, Daniels.

WILLIS

Pour rien, pour m'amuser... On s'y ennuyait... ça devenait monotone... je me suis dit : 11 faut nous retremper... Alors, un jour, je suis monté en chaire, j'ai demandé la résurrection d'un vieux privilège éteint depuis bien long-temps, et qui ne nous eût servi de rien, mais qui dans cette circonstance m'a servi à mettre toute la classe en combustion. On m'a envoyé promener, comme vous le pensez... j'ai crié à l'arbitraire .. les autres, qui ne comprenaient pas, m'ont secondé à merveille... nous avons tant fait, que la victoire nous est restée : on nous a tous flanqués à la porte.

DANIELS

Vous voilà bien avancés.

WILLIS

Certainement ; nous avons prouvé qu'on ne pourrait pas nous opprimer aussi facilement qu'on le voudrait.

DANIELS

Oh ! la jeunesse ! la jeunesse ! je n'ai jamais été si jeune que ça, moi ; je me le rappelle bien, j'ai toujours été grave.

WILLIS, à pari.

Et ennuyeux! (Haut.) Ah çà! mais je vous regarde tous, et je ne vous vois pas des figures de circonstance. Comment? Richard aura ce soir le plus beau succès, et vous êtes aussi tristes !

JANE

Un succès! Vous le croyez, n'est-ce pas, monsieur Willis ?

WILLIS

Si je le crois! je fais plus, j'en suis sûr. Est-ce que ça peut être autrement? Est-ce que Richard n'a pas du génie? Est-ce que moi et les amis nous ne serons pas là pour soutenir l'ouvrage et rosser lescabaleurs?

DANIELS

Comme à l'université.

WILLIS

Mais je réponds du triomphe, moi.

Oh ! si vous disiez vrai !

WILLIS

Eh! oui, parbleu! Ayez donc confiance, mistress, votre fils va vous faire riche comme notre roi Georges I"', et il épousera sa petite Jane, qu'il aime, j'en suis sûr, quoiqu'il n'en dise rien, le sournois.

DANIELS

Hein ! hein ! Qu'est-ce qu'il dit donc ?

WILLIS

Je dis que je me suis réservé la place de garçon d'honneur pour le mariage de Richard. Est ce que vous ne voyez pas que mistress Anna en a fait son rêve le plus cher?

DANIELS

Mais du tout, du tout, monsieur; et la preuve, c'est que nous venons d'arranger les fiançailles de miss Jane avec mon lils.

MAGASIN THEATRAL

WII.LIS.

Avec votre fils? Allons donc! Est-ce que c'est possible?

Monsieur Willis :

WILLIS

Est-ce que miss, qui est si gentille, si gracieuse, peut épouser un grand...

D.4MELS.

Un grand quoi?

TNILLIS.

Un grand imbécile, parbleu!

DAMELS.

Oh! peut-on dire...

WILLIS

Je ne le connais peut-être pas... Nous avons été à Cambridge ensemble... Dans les concours, il était toujours le dernier, et dans les petites guerres, le premier rossé. Je crois voir encore son air bête et capon. {A Jane.) Et c'est un tel mari qu'on vous donnerait! mais v-otre mère a trop de bon sens pour l'avoir pensé un seul instant.

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