‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 106 sur 168 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

HENRIETTE

Mais... rien.. .

Mme JOUL1N

Comment, rien?...

HENRIETTE

Eh bien! voilà... voilà... Le Hautois est un homme que j’étais très décidée à épouser après mon divorce. Je me disais : « Celui-là au moins est sérieux, ce n’est pas un pantin comme l’autre. Je serai très heureuse avec lui. »

Mrae JOULIN

Ce n’était pas mal raisonné en un sens... Et aujourd’hui ?

HENRIETTE

Aujourd’hui.,, aujourd’hui... que veux-tu que je te dise ? A force de voir Le Hautois,

de le fréquenter, de causer avec lui, de voyager avec lui, ma parole, je suis arrivée à croire que j’étais mariée avec lui depuis dix ans... Tiens! c’est réellement le sentiment qu’il m'inspire... Il me semble que j’ai toujours été sa femme... D’ailleurs, je ne sais pas si tu as remarqué ce détail : Le Hautois ne peut pas rester cinq minutes avec une femme sans avoir l’air d’être son mari... Il y a des hommes comme ça...

Voyons, maintenant, sans rire, tu ne trouves pas que Le Hautois, qui a de très grandes qualités, que j’apprécietoujours autant, qui est tout à fait bien sous tous les rapports, tu ne trouves pas que Le Hautois est un être tout de même un peu trop... monotone... pour passer une existence entière avec lui? Là, franchement ?...

Il ne serait peut-être pas suffisant pour

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