ACTE TROISIÈME
en effet. Eh bien ! c’est que tu n'irais plus rue Vignon; tu irais dans une autre rue. Le seul changement, ce serait un changement d’adresse.
ÉDOUARD
Mais je te jure...
HENRIETTE
Maintenant, on n’y voit absolument plus rien ; tu serais bien aimable d'allumer.
ÉDOUARD
En effet, ce n’est pas la peine de rester dans l’obscurité pour nous dire ça. (R allume le lustre et revient à Henriette brusquement.) Et si je
t’aime, moi, à présent...?
HENRIETTE
Toi !
Oui, moi ! Qu’est-ce que je vais faire, si
je t’aime? si c’est l'amour, l’amour, pour la première fois de ma vie !... Tu ne lé crois pas?... Tu ne le crois pas ?...
HENRIETTE
Non ! non! et non !
ÉDOUARD
Tiens ! toi tu n’as fait que de la coquetterie avec moi... Tu es une coquette, une v simple coquette, comme les autres.
HENRIETTE
Et toi, pour oser me dire une chose pareille, il faut que tu n’aies décidément pas de cœur et pas de cervelle... Ah ! que j’ai bien fait! que j’ai bien fait !
ÉDOUARD, furieux.
Oh ! je m’en vais... Oh ! je m’en vais !...
Et si je regrette une chose, c’est d’être
venu.