‹ Deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 141 sur 168 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ÉDOUARD

Encore?... Mais je ne l’aimais pas autrefois...

LE HAUTOIS

Vous n’aimiez pas Henriette, quand vous l’avez épousée?

ÉDOUARD

Etait-elle délicieuse, pourtant, le jour de notre mariage !... Vous vous le rappelez?

LE HAUTOIS

Oui, certes !

ÉDOUARD

Avait-elle de beaux yeux intelligents! et cette démarche, tantôt hésitante et tantôt hardie, de la jeune fille qui sent qu’elle va être femme dans quelques instants !...

LE HAUTOIS, impatienté.

Ah ! ça, à la fin !...

ÉDOUARD, l’interrompant.

Eh bien ! mon ami, à ce moment-là je ne l’aimais pas. Je l'épousais, je l’épousais avec plaisir; j’étais content, j’avais l’air de répondre à tous les compliments qu’on m’adressait : « Mon Dieu ! oui. c’est pour moi, vous êtes bien bon ! » Mais je ne l’aimais pas!...

LE HAUTOIS

Et plus tard ?

ÉDOUARD

Et plus tard, je n’ai pas plus aimé Henriette que ce jour-là ! C’était pourtant une femme sans pareille, n’est-ce pas? Elégante, souple, gaie et crâne en même temps !... Eh bien ! je la trompais sans scrupule... Quand

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