ACTE QUATRIÈME
HENRIETTE
Mais si, vous me l’aviez dit; mais jamais avec cette fougue, je le reconnais.
LE HAUTOIS
Ne riez pas, Henriette, ne riez pas. Je vous jure que je suis capable d’aimer. Oh! mon Dieu ! je n’ai pas l’air d’un hommequi a eu de grandes passions dans sa vie, je le sais bien. Je n’ai jamais fait de bêtises pour les femmes, c’est vrai ; je n’ai jamais gaspillé ma fortune ni compromis ma carrière, ni désolé ma famille; mais ce n’est pas une raison pour que jë n’aie pas de cœur.
HENRIETTE
Mais vous a vei un cœur excellent, mon ami !
LE HAUTOIS
Je n’ai pas fait tout cela, parce que l’occasion ne s’en est pas présentée. J’ai tou-
jours vécu dans le travail, moi, au milieu de mes livres. Et quand je ne travaillais plus, c’est à vous que je pensais. Aucune autre femme n’existadt pour moi î
HENRIETTE
Mais vous vous défendez justement de ce qui me plaît en vous ! Ne changez pas, mon ami, c’est tout ce que je vous demande.
LE HAUTOIS
Eh bien ! si, Henriette, je change. ..Je change, je m’aperçois depuis quelque temps qu’il y a autre chose que l’étude, que la vie sérieuse et régulière... Je commence à sentir le besoin d’aimer ; de « vous » aimer encore davantage, si c’est possible, et je voudrais être aimé, être aimé de vous, Henriette... Henriette, répondez-moi franchement... M’aimez-vous?
HENRIETTE
Soyez sûr, mon ami, que si je ne vous