ACTE DEUXIÈME
et demie... C’est un homme qui a un estomac et qui tient à le conserver. . . Enfin , cette vie ne peut pas durer éternellement.
HENRIETTE
Rien ne dure éternellement... Je t’assure que tu te fais sur mon cas des idées extraordinaires... Il est très simple, mon cas, il est très commun...
Mme JOULIN
Oh ! très commun... Tu avais un mari, tu n’en as plus, et tu n’as même pas la satisfaction de te dire qu’il est mort.
Je suis dans la situation d’une femme dont le mari, par exemple, est en voyage.
Mrae JOULIN
Mais on en revient de voyage.
HENRIETTE
Je n’ai qu’à me figurer que mon mari a manqué le train.
Mme JOULIN
Alors, tu es dans la situation d’une femme dont le mari manque le train tous les soirs.
JOULIN
Attendons-le.
Mme JOULIN
Vous direz ce que vous voudrez, c’estplus fort que moi... J’ai besoin d’appeler quelqu’un « mon gendre ». Toutes les mères me comprendront.
HENRIETTE
Je te procurerai cette satisfaction un de ces jours.
Mme JOULIN
J’espère que cette fois-ci ce sera la dernière.
PHP ■