ACTE PREMIER
Mme BRÉNEUIL
Vous acceptez ?
HENRIETTE
Je suis au regret, chère amie, mais je ne peux pas.
Mme BRÉNEUIL
Où dînez-vous donc , sans indiscrétion ?... Chez les Ménobier ?
HENRIETTE
Ah! non, par exemple !...
Mme BRÉNEUIL
Pourquoi « par exemple » ?
HENRIETTE
C’est une façon de parler.
Mrae BRÉNEU1L
Marguerite a un grand dîner... Vous pourriez en être, ça n’aurait rien d’extraordinaire.
HENRIETTE
En effet. . . mais je n’en suis pas.
Mrae BRÉNEUIL
Vous dînez chez vous, alors?...
^ HENRIETTE
Je ne sais pas du tout.
Mmc BRÉNEUIL
Bon ! bon ! vous ne voulez pas me dire où vous dînez. Je n’insiste pas.
HENRIETTE
Je ne vous le dis pas, parce que je n'en sais rien... Je vous assure, je n’en sais
rien... Je ne sais même pas si je dînerai, ainsi !...
Mrae BRÉNEUIL
Vous êtes souffrante ?
HENRIETTE
Je vous expliquerai ça un de ces jours... Vous devez sentir que j’ai quelque chose, n'est-ce pas? Vous êtes trop fine pour ne pas le sentir.
Mme BRENEUIL
Mais je m’en étais bien aperçue... pardi! Vous me le raconterez?
HENRIETTE
Je vous le promets.
Mme BRÉNEUIL
Ce n’est pas un ennui, j’espère ?
HENRIETTE
Vous le saurez bientôt.
Mme BRÉNEUIL
Je suis très impatiente, je ne vous le cache pas... Je suppose que $’il vous arrivait un ennui, un ennui grave surtout, vous n'hésiteriez pas à me le confier.
HENRIETTE
A qui voulez-vous que je le confie, si ce n’est à vous ?
Mme BRÉNEUIL
A bientôt alors. C’est tout ce que j’avais à vous dire..? Oui, c’est tout.
HENRIETTE
A bientôt.