‹ Deux homonymes du XVIIe siècle:Chapitre 5 sur 17 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Depuis que j'ai vu les merveilles, Dont vos vers charment nos oreilles, Je suis transporté de courroux Contre les Filles de Mémoire, Car je n'ai pas sujet de croire D'acquérir du bruit après vous.

(1) Louys du Mairie, baron de Chabans, poète aujourdhui ooniplètemenl toinl)!- dans l'oubli, était gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi.

Malgré ses œuvres spirituelles, ce Louis du Maine eut une fin tragique. Sa vie avait été du reste, des plus agitées, c'était un soldat de fortune et il était resté longtemps au sen'ice de Venise contre les Turcs.

(2) Il est intéressant de noter que, en tète de ce Recueil se trouve une autre pièce liminaire également élogieuse, un soimet de Malherbe que voici :

.SONNET A M. DU M.MNE,

sur ses Œuatcs Spirituelles.

Tu me ravis. Du Maine, il faut que je l'avoue. Et tes sacrés discours me charment tellement Que, le monde aujourd'hui ne ni'éUint i)lus que houe, Je me liens profané d'en parler seulement.

Je renonce à l'Amour, jo quitte son empire, Et ne Veux point d'exCuse 6. mon impiété, Si la beauté des cieux n'est l'unique beauté Dont on m'orra jamais les morveille.» écrire.

Durant le cours de cette vie, Malgré la malice et l'envie.

Si l'on ne veut vous faire tort, Il faut qu'on donne à votre style La gloire qu'Homère et Virgile N'ont acquise qu'après leur mort.

De moi, je suis forcé de dire Que c'est sottise que d'écrire A qui vous pense surmonter.

Ces vers sont autant de miracles, Et Phœbus, rendant ses oracles, Fait beaucoup de les imiter.

Les Délices de la poésie française ou Recueil des plus beaax vers de ce temps. Paris, Toussainct du Bray. 4 615.

ÉPIGRAMME

Philis vos beaux jours sont finis :

Vos yeux sont caves et ternis, Et si quelque valet vous offre La fidélité de ses vœux, C'est plus pour l'or de votre coffre, Que pour celui de vos cheveux.

SONNET

Ce pouvoir infini par qui tout se gouverne,

Caliste se plaindra de voir si peu durer

La forte passion qui me faisait jurer

Qu'elle aurait en mes vers une gloire étemelle ;

Mais si mon jugement n'est point hors de son lieu, Dois-je estimer rennui de me séparer d'elle, Autant que le plaisir de me donner à Dieu ?

EPIGRAMME

Durant le jour, Lise n'a point Faute d'appas, ni d'embonpoint.

Mais la nuit elle est un squelette Le visage qui l'embellit Demeure dessous sa toilette, Et n'entre jamais dans son lit.

EPIGRAMME

Pour un jaloux.

Jean tant que vous avez promis,

EPIGRAMME

Pour un mauvais poète.

Uimeur à l'esprit de travers,

EPIGRAMME

Ci-git qui faisait le mauvais,

Vêtu de sarge (1) de Beau vais

Depuis le pied jusqu'à la tête,

Tes prières, passant, n'ont point ici de lieu *.

Faire des oraisons pour l'âme d'une bête,

Kst-ce pas abuser des oreilles de Dieu.

(1) L'oiilionraphe de « st>i-ge » pour * sarge o n'a point tardé à pn^valoir. Le dictionnaire dp Pk'i rc Kir|ii>lvt ne poite <pie ; Serge, étofTe de laino croisée, et ne donne pai

■aifo.

EPIGUAMME.

Lise à qui mes désirs firent jadis hommage, Quand je vois sous le fard ton visage caché, Je dis que ton mari commet un grand péché Comme Pygmab'on, il embrasse une image.

Recueil des plus beaux vers de Messieurs de : Malherbe, Racan, Maynard, etc. 1626 ou 1627, in-S».

EPIGUAMME.

Lise je vois que ta finesse,

KPIGRAM.ME.

Que ton front est coupé de rides, Que tes cheveux deviennent gris, Que tes lèvres se font arides, Et que tes bras sont amaigris.

Vraiment Lise je te regrette, La vieillesse est bien indiscrète De t'avoir saisie au collet, Tes ébats ne peuvent renaître.

Si tu n'achètes du valet L'amour que tu vendais au maître.

ÊPIGRAMME.

Tu veux qu'on t'aime constamment.

EPKU'.ANtME.

I,iso que ]o ^;iin

KPIC.RAMME.

Tt'S lèvres ont jienlii leurs roses,

EPITAPIIK.

Ici reposi^ en paix, l'ierre <lonl la hauteur,

EPITAPIIE.

Ce funeste sépulcre enserre,

ÊPiGRAMME (non signée).

Antoine teint d'être malade

Pitnr montrer comme il est chez soi

Couché dans un lit de parade

Plus riche que celui du Roi,

Et que sa chamhre est embellie

De tableaux venus d'Italie

Et (le grands miroirs de cristal :

Je ris du mal qui le possède,

Et sais que l'air de l'ht^pital

En est le souverain remède.

Recueil des plus beaux vers de Messieurs de : Malherbe, Racan. Maynard, etc. Paris, Toussainct du Bray, 1630, in-8".

STANCES AU UOI.

D'après les allusions que l'on relève dans cette pièce, il est facile de prc^ciser qu'elle a été éciite pondant le siège de La Rochelle, avant le 10 avril 1628. En eflet, Louis Xtll, qui s'était rendu le 2 octobre 1627, au camp établi par Richelieu pour forcer le dernier refuge du protestantisme, était rentré à Paris le 4 février 162S II en repartit le 10 avril 1628 pour ne plus quitter le camp jusqu'à la capitulation de La Rochelle le 29 octobre l»î28.

Louis, dont les palmes sans nombre S'étendent pour nous faire une ombre (1) Sous qui notre heur (2) ne craigne rien : C'est une créance (3) commune, Que ton règne est le plus grand bien Que nous devions à la Fortune. (4)

(i) « L'ombre des palmes, « se disait couramment au XVIIe siècle. Ainsi Régnier écrit : Ton prince comme un dieu le tirant du trépas, Rendit de tes fureurs les tempêtes si calmes. Qu'il te fait vivre en paix à l'ombre de ses palmes. (Epistre I. Page 225.).

Œu\Tes complètes de Mathurin Régnier avec les commentaires revus et corrigés, précédés de l'histoire de la Satire en France pour ser\ir de Discours préliminaire, par M. Viollet le Duc, A Paris chez P. Janet, libraire, 1853.

(2) Heur au XVIIe siècle avait le sens attribué plus tard à bonheiu-, en réunissant deux mots en un, Ainsi en 1636, Corneille fait dire à Chimène :

Que notre heur fût ei proche et sitôt se perdit. Le Cid, A, III. S. IV. et à don Diègue :

Appui de ma vieillesse et comble de mon heur. Le Cid, .\. III, Se. VI. Molière emploie également heur dans le même sens,

(3) Créance s'employait surtout dans le sens de croyance, même en prose ; Pascal écrit : « Ceux qui demeureront dans la créance que l'espace n'est pas divisible à l'infini. »

(4) Comme chez tous les poètes du début du XVII» siècle, les poésies de Maynard fourmillent d'allusions mythologiqvies, ce qui paraissait très naturel à cette époque.

Le Démoli qui pré^itie aux armes, (1) Te fait trouver de si doux charmes En la gloire de ton métier : (2) Et tu braves si fort l'oraire.

Qu'on serait un Hercule entier.

IV la moitié de ton courajre.

Cette prudence non pareille, (3) A qui Ion esprit se conseille, (4) Te donne un mérite si haut, Ou'Apollon a l'humeur trop vaine, Sîi pour te louer comme il faut, 11 croit avoir assez d'haleine.

Li Victoire aime ton épée, Fil ne veut plus être occupée Ou*â récom|)ens€r tes combat:} :

N'ovs-tu (5) pas sa voix qui t'appelle. Et le promet de mettre à bas L'or^ieilleux front de la Rochelle ?

^1) Mars. Dieti de b gii«nv. fiU de Junoii.

(t) Ije mot métier *\-ûl alors un s«n* noble, dilt^ivnl de celui de proliessioo iiiéauu<fne. lUriM «rit : * T.hiI geutilhomine se cfx>rut e^ .»nti«Uem înt appelé au métier des armes. » Vaurenarpies dit : * Faire son métier, c'e^ feùne son devoir, le reste importe peti. • On disait couramment : métier de pape, métier de txm.

(T* N.->n parwîlle. sans inneille étaient des ex|Hne»ians toutes faites, doot la Ungue |jO«H»pie (lu XV1I< siérie usait et abusait.

(\y On dirait pluttM auioiird'bui : De «pii ton esprit se conseille, dans l« sens de prendre oonsx^.

>&) Le verht •mtr était au lemp« de Marnard d'im usage commun H s'eaiplorait à tous le» Icmp*. CÀimetlIe dit dan<> Poljnmcte :

9p*, dM'tl efH«iile. vty.»!. fMniple, ofn lOos k. lit. Se. II.

Cette ville sera détruite,

Ta patience l'a réduite

A n'avoir que de vains ellui t.< :

Je vois déjà dans ses murailles,

Tes soldats charg-és de trésors,

Et sanglants de ses funérailles. (1)

Après les miracles d'un siège, (2)

Qu'on doit nommer le plus beau piège (3)

Que Bellone ait jamais tendu :

Il ne se peut qu'on lui pardonne,

Le malheur qu'elle a répandu

Sur les peuples de ta couronne.

La déloyale a beau nous dire, Qu'elle a toujours à cet empire, Souhaité des calmes constants :

(i'j Ckimeille a\ait daboid écrit dans le Cid :

je l'ai vu tout sanglant au milieu des batailles,

Se faire un beau rempart de mille funérailles. A. I. So. V.

Il sacriQa ces deux vei-s sur une critique de Scudéry, approuvée par l'Académie et les remplaça par :

Je l'ai vu tout couvert de sang et de poussière, Pûiler partout l'effroi dans une armée entière.

(2) Voici une vai-iante de cette strophe que nous trouvons dans l'édition Garrisson sous le titre : « Sur la Rochelle, » et qui est donnée comme inédite et extraite du manuscrit 69 de la Bibliothèque de Toulouse :

Aujoui-d'hui qu'elle est dans le iiièfje Par les travaux du plus grand siège Que Mars ait jamais entrepris,

Il ne se t>eut (pi'on lui pardonne Ce qu'elle a vomi de mépris Contre l'honneur de ta couronne,

(3) Maynard ne compte toujours pi^e, si^e, liège, que )jour deux syllabes, il ne compte fléau que pour une, au conti-aire il fait toujours fuir, de deux :

Fuir la cour et devenir hermite,

écrit-il daus le s'jnnet célèbi-e adi'essé à Richelie^ s-ju-s le wjiu de Cléomédon,

Nous n'avons que trop d'assurance Ou'elle seule est depuis cent ans, (1) Toute la ^ruerre de la France.

Punis sa malice inlidèle (2)

Et tous ceux qui pour l'amour d'elle

Ne respirent que trahison :

Si tu n'en éteins la semence, (o)

Notre salut aura raison

De se plaindre de ta clémence.

Lasse toi d'être pitoyalile (-4) Et qu'une justice imployable (5) Assisse dans tes intérêts :

(1) Cent ans est une exagération de ixx'ae, les guerres de religion n'ayant coniniencé en France qu'après le massacre de Wassy, l«r mai-s 1562. il ny avait en 16^28 que soixantesix ans qu'elles ensanglaotaient le royaume.

(2) .\utre variante de cette strophe donnée par M. (larrisson, connue inédile et extraite du manuscrit GO de la Bibliothèque de Toulouse, sous le titre : <■ Sur lu IVuciielle. >i

Détruis cette ville infidèle

Kl tous ceux qui pour l'amour d'elU'

Ne répandent que trahison:

Si tu n'en éteins la semence, La fleur de lys aura raison De se plaindre de ta ciénifinf.

(3) Eteindre une semence paraîtrait une image bien hasardée, si Raiine n'avait écrit dans Atbalie :

Kl de David éteint ralluni"' l«- llanilifun.

(%) Pitoyable dans Ih sens de accessible à la pitié. Ce mot avait aussi le sens de digne de itilié. Régnier écrit :

Ha ! pitoyable souvenii" !

Enlln que dois-je devenir? I'.>ésies diverses. Stances. P. 314.

('») Impl'jyablc dans le sons de impitoyable. Ce mol avail déjà vieilli au XVII» siècle, on lit dans IWiif :

Ta.scbant mouvoir un fier cœur, n<>n df clL-ilr.

.Viiifois, je crois, d'imi»loyaljle rocher. ((Euvre> <•<' i ini. .li' .I.mm-

Anloniv de Uaif, Paris, 1073.

Tu rencontres des iésistances Qui demandent que nos forêts Se convertissent en potences. (1)

Une illégitime espérance (2) L'assure que sa délivrance Désormais ne tardera plus :

Et que les vents font une Hb^ne, Avec la lune et le rellux A la ruine de la diLj;ue. (3)

0 que cette créance est folle, (4) Il est impossible qu'Eole, Se lasse de te respecter :

(1) La pendaison était le châtiment ocdinaii'e des iiiallieiu'eiix rétofaiés. On lit par exemple dans Biaise de Montluc : « denx auti'es de leur religion tiansgressarent l'édict et souldain furent pendus pour faire compagnie aux autres. » Commentaires. T. ni. page 72, édition donnée par M. de Rulil", 5 vul. in-8o, pnlilicition de la Société de l'Histoire de France.

(2) Autre variante donnée par M. Gaii'isson cuinme inédite et extraite du manuscrit 69 de la BibIiothè<iue de Toulouse, sous le liti'e ; (■ Sur la Roclielle, »

Une faible et fauce espérance Lui promet que sa délivrarice Ne saurait tarder guère plus.

Et que les vents font une ligue Avec la lame et le reflux Pour te noyer dessus la digue.

(3) Ce fut le 2 décembre 1627, que le cai'diual de Richelieu conmienea l'e.xécution dun projet résolu par lui depuis quelque temps, celui de la construction d'une digue imaginée par deux ingénieurs de Paris, Louis Metzau et Jean Tiiiot, qui devait avoir sept cents toises de longueur et fermer complètement les avenues du port de la Rochelle. Ce gigantesque travail était terminé le 1.5 mai 1628, lorsqu'une flotte anglaise sous les ordres du lord Denbigh essaya de ravitailler la ville. Elle échoua dans son entreprise et dut se retirer le troisième jour sans avoir pu porter aucun secours aux assiégés.

(4) Autre variante donnée par M. Garrisson comme inédite et extraite du manu.scrit 69 de la BibUothèque de Toulouse, sous le titre : c Sur la Rochelle. »

Vraiment cette attente est bien folle, n est impossible qu'Kole- Se dispose à te mallraitei' :

Comment te ferait-il la guerre Lui qui n'a soin que de porter Ta gloire pai' toute la terre ?

Comment te ferait-il la guerre Lui qui n'a soin que de porter Ta gloire par toute la terre.

La Sd'ur du Soleil (1) te contemple, Comme une vertu (2) sans exemple, Pour qui le Ciel a de l'amour :

Et trouve au destin de ta race Que les Astres doivent un jour Se presser pour te faire place.

L'Océan n'a point de malice, Qui jamais à ton préjudice Le pousse à tramer des complots :

Et pour t'en rendre témoignage, Il te laisse brider (3j ses flots Et retrancher son héritage.

Quoi qu'elle espère et qu'elle die.

Elle est dans une maladie

Qui la mène à son occident : (4)

Ses forces sont toutes éteintes

Et l'Anglais en cet accident

Ne peut l'assister que de plaintes.

(1) Diane, fille de Juiiili-r i-t de Laloiie, sœni- irApolliui.

(2) Le XVIIt siècle donnait au mol verlu un sens beaucouii [iliis élciidu el iilus général qu'aujourd'hui : Kacine écrit :

Mais de mille remoi-ds son esprit combattu Croit tantôt son amour i-l lanlol sa vertu.

Andi'omaiiue. A. V. Se. II.

(.'<} Kx|ir<'Sslon aussi juste i|ui- hardie i|ui ni|i|M'il.' |.- Immu vcisd<' Itacinc ilans Atlialie : Gt'lui rpii UK't un fn'in à la fun-ur des flols.

{i) Ocrldfiil ••xphnie l'idée de cliule délinilive, sens du latin occidere. tond)er. clioir. faire une chute.

Ce voisin faible comme (1) infâme Chaque fois réveille en son âme Le dessein d'attaquer nos ports :

Mais son audace est abaissée Dès que Ré (2) tout couvert de morts Se va montrer à sa pensée.

C'est avec des craintes si vives, Qu'à sa honte il voit sur nos rives Tant de Milords ensevelis, (3) Qu'il croit déjà que tu disposes Le pouvoir de nos fleurs de lys A gâter l'éclat de ses roses. (4)

A ce coup il lui faut apprendre Que ta vengeance le peut rendre (5) Malheureux du soir au matin :

(1) Mayiiard écrirait aujourd'hui : i'.e voisin t'aible autauL iiu'iufàme, ce qui ne changerait pas la mesure du vers. On trouverait même au XVII« siècle, peu d'exemples de « comme » pris ainsi dans le sens de « autant que ».

(2) Ce fut le 4 octobre 1627 que Richelieu |)io(itant de l'enthuusiasme excité par l'arrivée de Louis XIII au camp de La Rochelle, choisit six mille volontaires qui s'embarquèrent aux cris de : « Vive le Roy ! » et fidèles à leur mot d'ordre ; « Passer ou mourir », pénétrèrent dans l'ile de Ré, malgré les difficullés de la mer et les elTorts de l'einieini,

(3) Les Anglais avaient abandonné leurs lignes et se disposaient à se rembarquer, lorsque Schombei'g tomba sur eux avec s(;s volontaires, si à propos qu'il changea leur retraite en ime véritable déroute.

(4) Allusion à la rose blanche et à la rose rouge des maisons d'York et de Lancastre,

(5) Aujourd'hui on dirait peut le l'endre et non le peut rendre. Un caractère spécial de la langue du XVII" siècle est la place du pronom complément to'iijijurs nus avant le premier verbe. Ainsi Racine écrit :

Cléone, avec hoi'reur je m'en veux séparer. Auilromaque A. III. Se. I.

Quoi votre amour se veut charger d'une t\u'ie. id. A. IIl. Se. I.

M. Marty-Laveaux dans son Introduction granmiaticale au Lexique de Racine dit : Quand les pronoms régimes dépendent d'un infinitif qui lui même dépend d'un autre verbe, l'usage à peu près constant en prose et le )]lus fréquent de beaucoup en vers, est de mettre le pronom avant le veibe •lui iV-git lintiintif, tandis que le nôtre e.st de le mettre après ce verbe.

Et qu'un Roi ne doit jamais être Protecteur d'un peuple mutin, Qui ne veut pas avoir de maître.

Quelque assurance que lui donne La haute mer qui l'environne, Tu peux aisément l'asservir :

Et sa main n'est pas assez torte Pour t'empêcher de lui ravir Trois petits sceptres (1) qu'elle porte.

Va-t-en lui marcher sur la tète,

Ses états sont une conquête,

Que tu ne dois plus différer :

La Seine au lustre (2) où tu l'as mise,

Est trop vaine pour endurer

Les menaces de la Tamise.

Il n'est Triton qui ne désire, De voir paraître le navire, Sur qui tu Tiras défier :

Et Thétys est ambitieuse De se pouvoir glorifier, D'une charge si précieuse.

Toutes ces aimables étoiles, Dont l'aspect réjouit les voiles, Se lèveront pour l'obliger :

La fortune suivra ta (lotte Et Neptune dans le danger Te voudra servir de pilote.

(1) Allusion aux trois cour n-s ilAii>!l<-l«'i if, d lilainlc .■( «i'Krossp. léuiiifs (i»>pui:« l:i

mort d'ElisabeUi Tudor, (lllo df Hf-nii VIII, le 3 avril 10(13, sur la tète de Jac«iues VI, roi dl-x-osi^-. (Ils .I.- linforluii.V Mari»- Stuarl, qui prit alors !.• Ulro do Jacques I.

(2) Lublfc Uau-, 1« scus dCckl, du laliii lux, lumière, clarté brillante.

Cède à tant de grandes amorces, (1) Londres tombera sous tes forces Dès que tu l'auras investi :

Le Ciel qui te connaît sans vice, Ne saurait laisser ton parti, Sans faire tort à sa justice. (2)

(1) Le moi arnorce avait iiii sens noble en poésie, Coiiieille dit ilans le Cid :

Votre vertu combat et son chai-me et sa force,

En repousse l'assaut, en rejette 1 "amorce. A. I. Se. III.

(2) Il faut remarquer que dans toute c^tte pièce, il y a un retios bien mai'qué après le troisième vers de chaque stance. ce qui confirme ce passage de Pellisson : « Tant y a que le premier qui s'aperçut que cette observation était nécessaire pour la perfection des stances de six, fut Maynard ; et c'est peut-être la raison pourquoi M. .de Mallierbe l'estimait l'homme de Fiance qui savait le mieux faire des yrs. » Pellisson. Hisl. de l'Académie,

PLAINTI-: DE CLEON.

Cette pièce est de h môme date que la précédente, elle montre que Maynard était l'ennemi du protestantisme, comme parti politique, rebelle à l'autorité royale. C'était, du reste, chez lui une tradition de famille puisque Pellisson dit en parlant de son père, Géntud Maynard, Conseiller au Parlement de Toulouse, « grand homme de Palais » : « On le loue d'être toujours demeuré ferme dans le service du Roi, en un temps où les guerres civiles avaient partagé presque toutes les Cours souveraines du Royaume. Il fut de ceux qui se retirèrent à Castel-Sarrasy, lorsque la Compagnie tut entièrement opprimée par le pouvoir du Duc de Joyeuse. Eofin pour s'éloigner encore davantage des troubles, il quitta sa charge et retourna demeurer à Saint-Céré. » Pellisson, Histoire de l'Académie Française.

Huguenots, l'écume des homuies,

Le lleau (1) de l'Empire où nous sommes,

Et les vrais ennemis des lois,

Que votre désobéissance

Serait contente, si nos rois

Etaient des grandeurs sans puissance.

Votre malice est obstinée, nuel({ue paix (ju'on vous ait donnée, Selon votre conlenlcmenl :

L'Europe a-t-elle des provinces, Où vous n'ayez secrètement Fait des ennemis à vos princes ?

(If ^;ii[iI -Alliant eiiipluiu égaleinuiit lii mol llean CDiiiint' iiiiiii<isyllubic{ne :

El la fureur qui Tuil arme de loul, Pi-eriant taiilol des pieux briMés au bout. Tantôt des lleaux, des pierres ou des haches.

KpHre hHr.ii-coiiii.iiie à .Monseigneur le duc d'Orléans.

Il iwrall «jue celte prououciuUun s'est encoi-e consen-ée en .\njou.

Bien que par de visibles marques, Vous connaissiez que les monarques Ont un pouvoir qui vient des Gieux :

Nous apprenons de vos menées, Que rien ne déplaît à vos yeux Comme les tètes couronnées.

Que cette liberté de vie Que vous avez toujours suivie, A causé d'actes inhumains ; Qu'elle a réveillé de querelles, Et que la France a de vos mains Reçu de blessures mortelles.

Qu'un grand nombre de grands courages, (1)

A fait de tragiques naufrages

Sur la brèche de vos remparts :

0 perte à nulle autre seconde,

Moins de morts, et moins de bazars (2)

Nous auraient conquis tout le monde.

Cet abominable génie,

Qui voulait que votre manie (3)

Fut célèbre de tous côtés,

Avait si bien pris ses mesures,

Que presque en toutes nos cités

Vos feux avaient fait des masures. (4)

(1) Courage signifie homme d'action, de volonté. Bossuet l'em ploie dans ce sens, même en prose : Le prince calma les courages émus. (Oraison funèbre du prince de Condé.)

(2) On dit encore aujourd'hui les hasards de la guerre.

(3) Manie avait encore le sens fort de l'étymologie greccfne fureur, cfue lui donne Corneille ;

Maudite ambition) détestable manie. te Cid, A. II. Se. III.

(4) Sens incomplet, réduit nos malsons eli masures, veut dire le poète,

Votre sacrilège insolence A fait régfner la violence Dans les palais des Immortels ; Vous avez fondu leurs reliques, Et de la pierre des autels Fortifié vos république*:.

Vous avez pillé nos familles, Forcé la vertu de nos filles, Et poignardé les innocents, L'objet d'une rage si noire Peut-il sans nous troubler le sens, Entretenir notre mémoire ? (1)

Mais j'oys gronder sur votre tète Les menaces de la tempête, Sous qui vous devez succomber, Et vois même les précipices Où vos mutins iront tomber, Entre les fers et les supplices.

Louis, ce foudre de la guerre Qui de tous les rois de la terre, Kfil le roi le plus glorieux, Devant que (2) l'an se renouvelle,

(1) Il fsl cerlain rjiie dans le I^niOK'dor, \o soulèvement des protestants en 1621 et 1622, fut signalé par des violences excessives contre les personnes, les propriétés et même li.i» moniimenUi. • A Siiinl-Gille><, le duc de Rohan, craignant l'approche des troupes royales, et ne voulant pas que l'église déjà convertie en forteresse, sen'lt contre les prolriilanl», ordoima de la niser. I>es arts éprouvèrent alors une perte irréparable ; car l;i vAlfile et colossale basilique |)ouvail être regardée comme une des merveilles de la province, comme un di-s chefs-d'œuvre du moyen-àge. » A. Germain. Histoire de l'Eglise de Nlm4?» T. II. p. "££*. î'arix. iW'bf'x-ourl, libraire. 1«'i2. Ces souvenirs expliquent l'àpreté dM ver» do Mayuard.

(2) Itacine emploie i-ncore souvent <li-v;uil que, pour avant que, par euphonie :

l.'a««asslner, le |wrdre ? Ah ! (h'vanl ipi'il expire. Andromaque A. V. Se. V.

F.l d<nanl qu'il soit peu Je veux en profiter. Les Plaideurs. A. III. Se. I.

Mettra son pied victorieux Sur la gorge de la Rochelle.

Cessez de vanter cette place, Et quelque mine qu'elle fasse N'en attendez plus de l'appui :

Il n'est point d'esprit raisonnable, Qui ne la dépouille aujourd'hui De la qualité d'imprenable.

La terre et la mer lui sont closes, Elle a besoin de toutes choses, Et pourtant elle croit durer :

On aurait grand tort de la plaindre, Puisqu'elle ose encore espérer Entre tant de sujets de craindre (1)

Sans doute elle se persuade

Tant son jugement est malade,

Et tant elle aime à se flatter, (2)

Que vos traités seront des charmes (3)

Assez puissants pour arrêter

La prospérité de nos armes.

Mais vos infidèles malices Cherchent en vain des artifices, Qui puissent tromper Richelieu :

Vos pratiques (4) lui sont connues Et comme s'il était un Dieu II voit les âmes toutes nues.

(■i) Cette antithèse dans le p;oût an temps, rappelle la pointe de l'infante :

Ma plus douce espéram^e est de perdre l'espoir. Le Cid. A. I. Se. Ill,

(2) Se flatter pour s'abuser,

(^3) Charmes dans le sens de sortilège est employé par Corneille dans Polyeucte. Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes, dit Pauline.

Polyeucte. A. I. Se. III.

(4) Pratiques pour menées, intrigues avec l'ennemi s'employait en vers et en prose ! La Fontaine dit ; Le renard, ménager de secrètes pratiques. T.. V. Fab. 19. Le lion s'en allaht en guerre.

L'Etat ne craint rien de sinistre

Tant que pour son premier ministre

I! aura ce ijrand cardinal,

Son esprit vraiment liéroïqne

Est l'adorable original

De la prudence politique. (1)

C'est le véritable langage Dont le triste Cléon soulage.

L'ennui (2) qui l'a presque atterré, Depuis qu'un mortel coup de pique Ouvrit sur le sable de Ré, L'estomac (3) de son fils unique. (4)

(1) Il ne faut pas sV-tonner des éloges que prodigue >fayuard dans ces deiix strophes au cardinal de Richelieu. Le poète représente ici les idées du parti catholique, qui désirait avant tout l'abaissement du protestantisme. Or, les catholiques comprenaient que sans l'aclinté, l'énergie, la force de volonté de Richelieu, La Rochelle, capitale du protestantisme, ne serait jamais prise. On peut rapprocher des veis de Maynard cette strophe du Contemplateur de Saint- Amant :

Là, suivant les sujets du temps,

Tantôt nous parlons de la digue

Où \Tai prophète, je m'attends

De voir crever la jeune Ligue ;

Tantôt les cœurs tout réjouis,

Nous célébrons du grand Louis

L'heur, la pradence et le courage,

Et disons que le cardin.il

Est à la France dans l'orage

Ce qu'au navire est le fanal. (Le Contemplateiu).

(2> Ennui au XVlIe siècle avait un sens beaucoup plus fort qu'aujourd'hui où il signifie surtout contrariété, il équivalait alors à. déses|>oir, douleur profonde. Corneille fait dire à Chiméne ;

Mon cœur outré d'ennuis n'ose lien espérer. Le Cid. A. II. Se. III. Racine écrit dans .\ndromnque :

De voir mon infortune égaler mon ennui. .Vndroinaque, \. II. Se I.

(3) Estomac, dans le sens de sein, de poitrine était d'un emploi fréquent en poésie au début du XVII' siècle. On lit dans Régnier ;

.\insi comme son sang, d'horreur va se troublant.

Son estomac pantois sous la chaleur frissonne. Epislre I. Page 224.

(4) La belle action à la .suite de laquelle les volontaires chassèrent les Anglais de l'Ile de Ré, cofila la vie à beaucoup de gentilshommes de noble origine, parmi lesquels on peut citer le baron de Chantai, père de l'illuslro Madame de Sévigné, mais il ne nous est pas possible de préciser de quel personnage Maynard veut parler sous ce nom de Cléon, (pie, du reste, il emploie, en d'autres circonstances, dans ses vci*s,

Les Sibylles âu Roi.

P01U\ LE rîALLlîT DE T.A PRINCESSE D ESPA(;NE.

Darvs la Fable, les Sibylles étaient des propliétesses qui découvraient l'avenir au vulgaire profane. Il y en avait plusieurs de célèbres, les trois principales étaient la Sibylle Delpliique appelée Aitémis ou Dapbné, la plus ancienne de toutes, après ellp, la Sibylle Erythrée, puis venait la Sibylle de Cume.-\

Les fêtes données au camp de la place lîoyale pour la publication des maria'jes arrêtés du loi Louis XIII avec l'infante d'Espagne, Anne d'Autriche, et de Madame Elisabeth, sœur de ce roi, avec le prince, depuis roi d'Espagne, Philippe IV, eurent lieu les 5, 6 et 7 avril 1012, Jeudi, Vendredi et Samedi. Maynard a composé d'autres stances pour ce ballet et les poètes, les plus en renom de répoque, Malherbe en tête, e>ercèrent leur muse à l'occasion de ces fiançailler. royales.

0 grand h't'i'e <le Mii-erve, L'heur que le Ciel te réserve Passe tout humain discours, La quenouille de la Parque Ne fila jamais les jours D'un si glorieux monarque.

Tout ce que Neptune enserre,

Appréhende le tonnerre

De ton glaive menaçant ;

Les Turcs en deviennent mornes

Et craignent qu'à leur croissant

Tu n'ailles briser les cornes.

Du Ponant ( I, j"isqu'à l'Amore, Il n'est orgueil qui n'adore L'heur de tes actes guerrier?-, J'a valeur est destinée A dépeupler de lauriers Les rivages du Pénée,

hessus l'éternelle glace Qui des montagnes de Tliraco ('ouvre l'orgueilleux sommet, Je vois le Dieu de la guerre Qui t'appelle et te promet Tous les sceptres de la t»'rre.

\ a donc ohscurcii" la gloire De tous ceux à qui l'histoire Doit son plus riche ornement ; Kntre avant dans la mêlée, Kt fais sous le monument Piougir le fils de Pelée.

Mais non, devant que tu montres Dans* ces funestes rencontres Ton rmiragp amhilicux, Faut-il pas qu'on t'apparie (2)

(I) t'or.iiiil. syii<>;iyiiii><l'0(i-i*l>'nt «m ciiiirliarit. LAinoie, fille dti S-jli'il et de la t.une, se lève à rOiifiU, ceU'î ni'H i;>li'>i'' -.i-'iiiii.' riom- il un li.ml iln rnoncie à l'autre.

(2> Apparier dans le seti"» di' rn:ii-ier ne seiidjhiil pas \\n terme trop bas en poésie, 8;>iiit-Aiii.'iiit dit ilan;» l'Ode j leurs S.'rétdssiiiH's Moji'stHs de li Orande-nretagne :

<t loi ipii niarclioj sans éttal, O reiiM' ipi'iin iKLMid conjugal Sous nii si hiMii sort .-ippaiif I'i.mIiçijv d'Hiniliix, lie vi'itiK ft (ra|i[ins ! T. I, S<><^onde partit-, p. •2'u,

A cette Anne dont les yeux S<int tels que ceux de Marie, (i)

Attends, Grand roi, qu'Hyménée

En tes bras l'ait amenée

Elle est digne do ton choix.

Kt puis sa couche féconde

Donnera bientôt des rois

A tous les peuples du monde.

ÉriGRAMME. (2)

llochelle vos entants ont tort

De soutenir un si long siège,

La faim les travaille si fort

(Qu'ils en sont plus secs que du liège ; (?»)

Qu'ils se jettent aux pieds du roi.

Et je vous engage ma loi

Qu'ils trouveront la nappi» mise,

Si leur rébellion finit

Ce bon prince veut que TF^glise

Les engraisse de pain bénit.

(Il rt.\-. i-.,!ii.>lirneiits à ^ad^f>^;se de Marif .le M,-tli;'is t^taieiil tout pailicnliôiviiKNit Lien vus. Malherbe t'ail clii'e à la Sibylle Peisi[uo, da i-; les Stances qu'il composa iiour les mêmes fêtes ;

La Fi'aiice est hors de leur fiu-ie Tant qu'elle aura pour alcyons L'heur et la vertu de Marie.

Œuvres de François de Malherbe, Stanres.

(2) Cette épigramiiie date de la nièine épo(ine que les Stances au Roi et la Plaint*! de Cléon.

(3) Il n'y a pas ici d'exagération paétiq;ie, il suffit de se rappeler ce passage du « Récit de Richelieu » : On trouva la ville toute pleine de morts, dans les chambres, dans les maisons, et dans les rues et places publiques, la faiblesse de ceux qui restaient étant venue à tel point, et le nombre de ceux qui mouraient étant si grand, qu'ils ne se pouvaient enterrer les uns les autres, et laissaient leurs morts gisant où ils avaient expiré, sans que pour cela l'infection en fut grande dans la ville, pour ce qu'ils étaient si atténués de jeûnes, qu'étant morts ils achevaient plutôt de se dessécher qu'ils ne pourrissaient, "'

lîlPIOlUNfMK. (1)

La France [h'uI avec raisctii Etre vainc »lc .•^<>n llicàiro, < .0 livre esl sans coni|taraisiifi Kl mon jnij^eiiicnl l'itlolàlre :

MiiMiiilriix (M'ic lies vers, Uican, satisfais l'univers Et |jnl)Iie une (euvre si belle, C'est trop lui dillerer ce bien, Oue ta irloire ne craif,Mie lien, J5al/ac (>l Maynard sonl pour elle.

KPMrsAMME.

])u Mas ('2) (|iie ta heriièro esl rare, (Qu'elle m'entretient doucement, Et que la gloire lui prépare l'n célèbre applaudissement :

J'admire la muse naissante Il n'en est point de si puissante A nous produire de beaux vers ; (ionçois bardinieiit l'espérance De faire par tout l'univers I/boiuK iir du tliêàlre de France.

KI'ir.IiAMMK.

I.f lie Ml es/iil n'est pas en lustre Il sert de risée à nos jours

(l)Celtfl t"!.!.,'!'.!!!!!!!.' (i-iiiv |).iiiila |iiv:ii'''." lois, av ■ • .[iifl.iues légères vahanic*, Jhiis r.'lili)ii o: i.'iiiil.' ilr, .. l!ei-;,'<-li -s i il(> U ii;iM, 10-J">.

(2) s'iigit-ll ,if nii M:h i(iii a piibli'i I.ydlo, fabl.i cha:n:jèti'e 5 actes et prologue, Imitéo en parlif d»- rAiiiinllie •lu Tonpia'.o Taiso. Paris, Jeusi Millot 1G3) in-8» do 9 IT. pnH. 386 p. de i IT. n. clnlT. Un tioiivj un so:i!i2t sl^aé D i Maj, aJiVssé à M. le Comte de Nancay, dans le Hwucil d.-s plus bi-aux vpis de i«3(). Les pièces liminaires de l'édition originale de lUan: . I...s sept Psaumes de Messire Honorât de nuell, b etc. A F'aris, loussiinirl ,|M niay. l(;;il, in-H- ,1.. '2r, p. ,|l..|.ii.'nl .V.iI.-mm^uI un s..,i„..| sigur Du Maa,

Et l'ignorance est au rebour.^

Sous le (lais et dans le baluslre : (1)

Notre siècle est assez lorUij Cl)

Le roi, pour lier la vertu,

A la l'ame d'une ^alèic,

iîa satire l'eût mal traité,

Si je n'eusse éteint sa colère

En lui disant (ju'il t'a porté.

Él'ItiP.AMMl-:.

Je ne puis deviner pourquoi

Les doctes reines du Parnasse

Ne m'ont pas montré comire à toi

L'art d'écrire de bonne i;ràce ;

Je les lionore, je les sers,

.le dors sur les bords de leiu' uude,

Et pour rêver dans leurs déserts

Je vis loin des pompes du monde, (3)

Mon du Gros (4), tous nos écrivains

Ont cessé de faire les vains

Tant cet aveu (es liumilie.

Connais-le et n'emprunte plus rien

Des richesses de l'Italie

Ton esprit n'a que trop de bien.

(1) BalusU'e, peUte colùuiie qu'on iiit't sous des appuis pour faire des clôtures. d"après le DicUonnaire de Pierre Riehelet. Boileau dit dans l'Art Poétique :

Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or. Art Poét. Cli. I. Var. ; Et dans un lit à balustie,

Var. : Balzac, cet à^e biidal

Et d'un si mauvais méUU Qu'il n'en fut jamais de pirt-, Et s'il ne t'avait porté Je t'apprends que ma satyre

L'aurait rudement traité. (Lettie biog. sur Fiançois

de Maynaid par M. de Laboiiisse-Piochefort).

(3) Maynard se plaint dans ce vers d'être relégué dans son Présidial d'Aunllac et pour ainsi dire exilé de la Cour.

('O Du Gros a publié, la Philis de Sciie, tiailuit de l'ilalieu ."j ailes et prologue en vers. Paris. Ant. de Sommaville 1630 in-8. Cette pièce a été eidlérement refaite dans « Les Diverses poésies du sieui- Du Gros ». Paiis, Auguste Gouibé 1647 in-i' de 4 ET et 152 p.

- Oi ^

épigramme:.

MusL'.s, se i'iiul-il éluiiiiei"

Si l'infortune m'accompagne .'

Votie fabuleuse montagne

N'a que des feuilles à donner ;

Olte nécessité m'irrite,

Klle ôte l'espoir au mérite,

Et lui fait baisser le menton,

Adieu, je veux d'autres maîtresses,

(ju'on fonde toutes vos promesses

On n'en saurait faire un teston. (1)

ÉPIGRAMME

Maillet (2), «lui jamais n«' débile (^)ue des sottises dans ses vers, A promis à son faux mérite Tous les lauriers de l'Univers *.

Ce brutal, moins homme que bête.

Dit que pour en couvrir sa tête, 11 fait des eflbrts plus «ju'liumains ; Apollon, son audace est grande, Songe à conserver ta guirlande Va l'empoigne avec les deux mains.

(U Le lésion fUuil uin- iiioiiiiaie il'aiyeiil, de lu valeur de lô sols, qui daluit du règne de Louis Xll en l'i'JH, et donl le cours {é^ai lut aboli )>ai- Henri III en lô7ô. Ce nom d»' lésion lui venait de ce ([u'au re\ers élait représentée la tète du roi.

(2) Maynard, ant-ien Secrétaire des coniinanden»ents et de la nnisique de Marguerite de Valois, devait bien conmllie ce Maillet piiis.|ue Sainl-Aniant dil en parlant de ce rimailleur dans le « l»oète crotté » :

Apiés avoir l'-lé mii;^I ;iii>

l°n des plus iKirrails sots du temps,

Kl s'être vu, par son mérite,

Kol de la reine Marguerite.

Qui l'estimait, hieu .sait Combien :

C'est-à-dire autiuit comme rien. 1". I. p. 212. Kd. Livol.

Marc de Maillet, p.M'-te au-dessous du médiocre, pauvre et orgueilleux, servit de cible non seiHemenl à .Maynard et à Saint-AmauL mais aus.si à Théophile, au chevalier • le <^llly el à bien d'.iutres.

ÉFKII^.AMMK. (1)

Je n'eus jamais le courage assez haut

Four défier l'ire (i) tle la fortune,

En ui'ex[osant des premiers à l'assaut

D'un bastian, ou d'une denii-lune :

Pour qui les veut, soient les sanglants hasards,

Puisqu'aussi bien la valeiii des Césars

A mes ellorts n'est pas chose imitable :

Le plus grand but où visent mes désirs,

Est de pouvoir tuer mes déplaisirs

La main au verre et les pieds sous la table.

KPKiaAMME,

Docteur de qui le nez est couvert de rubis, (o) Et de qui l'ignorance à nulle autre est seconde, Ne cherchez plus la Grèce en la carte du monde Puisqu'il plaît à la soupe elle est sur vos habits.

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