ÉPIGRAMME, POUR LK MKME
Ma folie agit nuit et jour, La raison m'a tourné visage, Mais pour le bien de mon amour Je suis encore un peu trop sage ; Que n'ai-je l'esprit égaré Jusques à m'être figuré Que ma bonne fortune est grande, Et que je goûte avecque vous Les contentements les plus doux Que ma passion vous demande ".'
ÉPIGRAMME
(^)uitte ces froideurs obstinées, Ce que ton visage a de beau N'est qu'un présent que les années Ont promis de faire au tombeau :
(1) Gelte épigramine a été lepi'ocinile (iniis le Recueil de Burbiii de 1692.
N'en déplaise au goût de ta mère,
L'honneur, Jeanne, est une chimère (1)
Qu'on ne saurait toucher, ni voir :
Sa cruauté n'est pas nouvelle,
Mais encore on n"a pu savoir
Si le monstre est mâle ou remelle.
ÉPIGRAMME
Lise dans les eaux de ses yeux
ÉPIGRAMME
<^>u"as-tu t'ait de la raison, Lise, on te passe pour dupe, Que mon pain me soit poi^5on Si je lève plus tii jupe ; (Ju'on ferait un beau roman Des bêtises de l'amant Dont tu chéris les ollrandes.
Tous ses mérites sont faux Et ses vertus les plus grandes Ne valent pas mes défauts.
Éril.ri A.MME.
Ton amoui" est une aventui'e Qu'il faut laisser à de^ valets, Lise, je te rends ta peinture
1) l.a .Mu •»'U<' *lf Ue^iiiei dit de sou ri>t<' :
Os vieux coriles d'boiiiii'iir dont un rc|iai>t les lîaïuos Ni- sont que des api^as |>iiur les dt'^bilos ;iiiu»s. Qui, sans choi.v de i-ai.soii, oui le cerveau perdu», U'Iiuniieur e!>t un vieu.v isaJiirl ijue roii ne fhonie plu».
Sal. 3ail.
Et te demande mes poulets : (i)
L'amitié que je te porte
Ne peut souftVir tant elle est forie,
Qu'ils te flattent plus longuement ;
D'où vient que tu fais la rétive ?
Ah ! j'entre dans ton sentiment
Tu veux que Pasquin (2) t'en écrive,
ÉPIGRAM.ME.
Je te hais pire que la peste,
EPIGRAMME
Jeanne, ta mine et tes discours Sont de pures coquetteries, Et ta carcasse est tous les jours Ou du (Jours ou des Tuileries ; Pourquoi te mets-tu dans l'éclat, Ton dos est devenu montagne, Et ta dent creuse et ton nez plat Ont enchéri les gans d'Espagne '!
Sois plus modeste à l'avenir,
(1) Régnier écrit : De porter un poullet je n"ai la suffisance. Sat. UI. M. VioUet le Duc dit en note : Poulet, billet doux, lettre d anionr,
[•'erre ad nuptara qnœ mittit adulter.
Quoe mandat, norunt alii. Juvénal. Sat. III.
On lit dans le u Glossaire bourguignon i>, au mol « poulo », que poulet en ce .sens-lâ, n'a guère été en usage parmi nous que depuis 1610 jusqu'à 1670 tout au plus ; mais nous trouvons des e.xemples un peu plus anciens de ce mot, car on fait dire à Henri IV, en 1597, que Mademoiselle de Guise, sa nièce « aimait bien autant les poulets en papier qu'en fricassée. » Mémoires de Sully, part. II, ])• 11 'i. u Et aloi's on appelait porte-poulel, un entremetteur d'amour. Ibid. t. II, p. 2i8. )\
(2) Pasquin. C'est une vieille statue dont il ne reste presque plus que le tronc ; mais l'on juge à la posture qu'il fallait que ce fût la statue d'un gladiateur. Elle est au coin du palais des Ursins, proche de la place Navone, et l'on a coutume d'y attacher les pièces satyriques qui se font à Home. Remarques de Conrarl sur la Rome ridicule de Saint- Amant. T, II. p. 247.
BIBUOTHECA
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Ton amour te doit retenir, Il est cligne de révérence On nous le fî^nire si vieux, ihw tu peux avec apparence Le mettre au rang de tes aïeux.
ÉPUiRAMME,
Mar^nierite fond toute en larmes Kl dit pis que pendre des cieux, Depuis que nos séditieux (Jnt parlé de poser les armes ; Kt vraiment ce n'est pas à tort.
Son ventre plat, son teint de mort, Sou cuir sec, et sa tète yrise Lui font voir assez clairement Que sa beauté n'est plus de niiso Ailleurs que dans un ré^^iment.
LP.GP.AMMi:.
Oue Luci-èce eut giand tort de suivre
KP'C.RAMME.
.le confesse que Calliorine
KI'KlllAMME.
•jiiaml Jean vil que sa femme allait passci Ic^ Ikmiii' (Jii'un modeste devoir donnait à ses appas, (> Ciipidon, dit-il, garantis-moi des corne? ! Mais j'ai beau t'en piier tu ne le feras pas.
ÉPIGRAIfME.
fine humeur triste me domine, Tout me fâche, tout me déplaît, Et le soleil, heau comme il est, Me semble avoir mauvaise mine, Mon sort est plein de cruauté Et passe pour la nouveauté La plus étrange que l'on voie :
L'excès du chagrin a vaincu Celui qui n'a jamais vécu (}ue parmi les filles de joie.
ÉPIGRAMME
S'il est vrai, belle Pasitbée,
<,)ue faute d'être visitée.
Vos soleils jadis si divins
Courent en poste aux Quinze-Vingts :
Que la pudicité s'en aille
Quand il lui plaira dans les Cieux,
Celte vertu n'est rien qui vaille
Puisqu'elle fait perdre les yeux.
ÉPIGRAMME
Quintaine (1) de ces Paladins (2)
(1) Piegnier dit : Lasse enfin de servir an peuple de Quintaine. Sat. XIII. Pag«i 173. Quintaine était un terme de manège qui désignait un poteau solidement planté en terre, contre lequel les hommes d'armes s'exerçaient, à cheval, à courir avec la lance, ou, à pied, à lancer des dards. On désignait aussi sous le nom de Quintan, un mannequin monté sur un pivot, que le cavalier devait toucher à un point déterminé ; s'il manquait son coup, le quintan tournait sur lui-même et fraijpait le maladroit d'vm coup de fouet ou de bâton qu'il tenait à la main.
(2) Les vieux romans de chevalerie donnaient le titre de paladin, primitivement attribué aux principaux seigneurs de la suite de Charlemagne, à tous les chevaliers courant le monde en quête d'aventures.
Qui n'ont que l'épée et la cape, (1) Que faites-vous dans ces jardins ?
X'v chercheriez-vons point Priape ?
IMITATION D UNE ÉPIGRAMME d'aU<";U3TK. (2)
llippolyte me «lit tout liaut
Que j'ai tort de l'a'.oir trompée,
Et ffue sans remise il me faut
Jouer des reins ou de l'épée ;
Où tournera ma volonté ?
Mon cœur est plein de lâcheté
Et qui me querelle m'étonne,
Mais aussi je serais marri (3)
De fouillei' dans \in corps pourri
Sus donc, (A) que la trompette sonne !
ÉPIGRAMME
Des hommes à bonne cervelle.
(i) D'après le Dictionnaire de V'm'cp Richdet, la râpe est une -.orte de vèlem.-id •|iii sert aux femmes pour se couvrir la tèt<?. Iliohelet ajoute ; N'avoir que l'épée et la cape, c'est ne posséder que très peu de chose.
(2) Auguste, sic dans le Recueil de IRÎO.
(3) Marri, avait la signification de fàclié et repenlanl, il ^«'niployait également au masculin et au l'éminin, Saint-Amant dit :
lîK'ii que Jeanne en soit marrie
Rondeau pour un j<>ur des rois, 3< I':u-tle. T. [. p. 'i7'». La l'ijiitiiine écrit encore :
Lu dame de ces biens, quittant d'un o^ll marri
Livre VII, Fable X, La laitière el le jiot au lait. Mani avait le substantif marrisson. qu'emploie Saint-.Vmant :
Je n'ai regi'et qu'à o«s orpites,
Qui depuis leur marrisson
N'ont en aucune façon
Montré leur joyeuse morgue. T. II. L'Albion, p. 451.
(4) Sus donc, interjection du vieux franç^iis, à laquelle équivaudrait aujourd'hui : Eb bien dour.
— im —