ACTE III, SCÈNE II
CÉSAR, à part.
Elle aime M. Quousque.*
FLORETTE
Mais, pardon de vous quitter, monsieur César, voici l’iieure de notre bain en pleine eau et ça nous est recommandé, on dit q\ie c’est tonique !
ROSINE
Depuis hier je fais deux brasses de plus que ma sœur !
CÉSAR
De vraies syrènes !
FtoRBTTB, à part.
C’est pour moi qu’il dit ça !
CÉSAR
Je voudrais être petit poisson !
ENSEMBLE
Air : Dépêchons-nous, point de paresse.
FLORETTF, et ROSINE,
Nous VOUS quittons pour l’onde amère,
Qui nous réclame dans son sein.
Mais nous nous verrons, je l’espère,
Lorsque nous sortirons du bain.
CÉSAR
Vous me quittez pour l’onde amère,
Qui vous réclame dans son sein;
Mais je vous verrai, je Eespère,
Lorsque vous sortirez du bain, *
{Elles sortent par la gauche.)
SCEIVE II.
CÉSAR, seul.
Quel métier!... faire l’aimable avec des demoiselles!... enfin je vais la revoir!... C’est un hasard providentiel !... Je quitte Paris avec douze cents francs qui me restaient, et je me dis ! on mange bien au Hàvre, allons les manger au Havre!., après quoi je me... [Il fait signe de se tuer.) Eh bien! non... je vais la revoir!... elle qui n’a pas cessé un instant de taire vibrer toutes les fibres de mon âme !... ah j’ai besoin de penser à elle pour me distraire de mon affreux duel !... pauvre jeune homme !... il vient toutes les nuits s’asseoir à mon chevet en me tirant la langue!... il a une langue énorme!... avant de quitter Paris j’ai été jeter quelques fleurs à l’endroit où il a dû tomber!... ça ne ni’a pas calmé!... il n’y a qu’un amour heureux qui puisse me délivrer de ce fantôme.
Air de Turenne.
Je vois toujours son horrible griniare,
Il me lutine, il me poursuit partout.
Fuis, malheureuv, ton image me glace.
Elle m’inspire, et terreur et dégoût,
Va, tu finis par m’agacer beaucoup !
Amour, amour, secoure-moi de grâce.
Seul tu peux mettre un terme à mes ennuis,
En m’envoyant toutes les nuits.
Un autre iautôme à sa place.
Un plus doux fantôme à sa place !
Oh! Eugénie, je t’attends !... Elle ne me reconnaîtra pas !... elle m’a si peu vu !... et puis, j’avais de la barbe, des moustaches!.,. je ne ressemble pas plus à ce que j’étais, qu’un genou ne ressemble à une perruque!... et j’en suis bien aise !... J’ai toujours peur qu’une voix vienne me crier en public: Voilà le meurtrier !... Oh ! Dieu! la sellette ! la cour d’assises !... Je lis chaque matin tous les journaux pour y voir le récit du crime de Vincennes !... C'est étonnant !... Us n’en disent rien !... Voyons un peu la Gazette des tribunaux d’aujourd’hui!... (// vrend le journal.) Faillite! faillite! faillite!... ça ne me regarae pas, je suis en règle avec mes créanciers... je leur ai laissé un vieux paletot.