ACTE ni, SCÈNE XIII
ROSINE
Vous n’irez pas plus loin...
FLORETTE
On nous a tout dit !
ROSINE
On nous a révélé vos desseins !
ALEXANDRE et césAR, à part.
Ah ! diable !
FLORETTE
Nous savons que c’est par amour pour nous que vous voulez mourir !
CéSAR.
Ah ! on vous a dit ?
ROSINE
Parce que vous n’avez rien et que nous sommes riches !
FLORETTE
C’est égal, il fallait vous déclarer !
ROSINE
Nous ne tenons pas à la fortune !
FLORETTE
Nous n’avons aucune répugnance pour le mariage !
ROSINE
Et plutôt que de vous laisser périr.
CÉSAR, bas. ■
11 me tarde d’avoir mes galets !
ROSINE
Vous ne répondez pas ?
FLORETTE
Nous aurait- on trompées ?... serait-ce un autre motif?...
Est-ce qu’une position fâcheuse vous pousserait seule au désespoir ?
ALEXANDRE et CÉSAR.
Hélas !
ROSINE
S’il en est ainsi, c’est bien différent.
Air : Ten souviens-tu.
Ne parlons plus d’amour, de mariage, FLORETTE.
Mais si l’hymen n’enchaîne pas nos cœurs.
ROsiNE,
Que l’amitié du moins nous dédommage.
FLORETTE
Permettez-nous enfin d’être vos sœnrs.
ROSINE
Ce titre-là donne un droit tutélaire.
ELORETTÊ.
Et de ce droit nous voulons profiter.
On peut tout oiTrir à son frère.
ELORETTE.
Et d'une sœur on peut tout accepter.
ROSINE
Monsieur Alexandre , si pour sortir d’embarras et vous faire une position il ne vous faut que cent mille francs , je vous les offre , je vous les prèle !
FLORETTB.
Monsieur César, je vous en offre autant, et sans intérêt d’aucune espèce !
ALEXANDRE, 6os.
Je suis touché I
CèSAR.
Je suis ému !
ROSINE ET FLORETTB.
Eh bien ! acceptez-vous ?
ALEXANDRE
D’abord, et pour ce qui me concerne , si j’acceptais, je n’accepterais que de ma femme !
CÉSAR
Le mariage seul imposerait silence à mes scrupules !
ROSINE ET FLORBTTE.
Eh bien l marions-nous !
Mais c’est impossible !
CÉSAR
C’est impraticable 1
FLORETTE
Vous nous trouvez donc bien des défauts !
ALEXANDRE
Au contraire !
ROSINE
Mais alors quel motif?
CÉSAR
Il faut bien vous le dire , pour ne pas vous laisser croire que je suis insensible à tant de générosité !
FLORETTE
Achevez !
CÉSAR
Jurez-moi avant tout la discrétion la plus absolue !...