CÉSAR, ALEXANDRE, ROSINE, FLORETTE
Malgré les jaloux,
Aimons-nous, etc.
SAINT-POHARD, EDCÉNIE.
Plus de soins jaloux.
Aimons-nous ! (JÛs )
Bientôt, je l’espère,
Ils seront époux.
Alors, sans mystère,
Ils vont loin de nous Passer à se plaire,
Les jours les plus doux.
(César et Alexandre s'avançant vers le public.) ENSEMBLE.
CESAR
O Richard ! ô mon roi,
L’univers t’abandonne.
ALEXANDRE
Connaissez-vous dans Barcelone,
Une Andalouse au teint bru
CÉSAR, riant.
Ah ! ah ! elle est bonne.
ALEXANDRE, riant.
Elle est très-bonne !
CÉSAR
Tenez, mon cher, je vous aurais reconnu rien qu’à votre Andalouse au teint bruni !
ALEXANDRE
Et moi à votre Univers qui t’abandonne !
CÉSAR
Franchement, on ne peut pas chanter ça au public.
C’est ce que j’allais vous dire.
CÉSAR
J’espère que nous n’allons plus nous disputer à propos de notes?
ALEXANDRE
Non! tâchons de nous accorder!... mais pour ça, il faut un air que nous chantions bien tous les deux.
CÉSAR
Tous les deux ? ce sera difficile !
ALEXANDRE
Très-difficile.
CÉSAR
Savez- vous beaucoup d’airs, vous ?
ALEXANDRE
Parbleu ! j’en sais mille !
CÉSAR
Eh bien ! cliantez-les-moi tous, je choisirai... allez !
Connaissez-vous celui-ci ? {Chantant^) « Ah 1 daignez m’é pargner le reste ! »
CÉSAR
Celui-là, je n’en sais que la fin.
ALEXANDRE
El moi je ne sais pas le commencement !
CÉSAR
Si c’est comme ça que vous en savez mille. ,
ALEXANDRE
Dame ! après tout, choisissez vous-mème.
CÉSAR
Tenez, voulez-vous m’en croire ? ne chantons pas.
ALEXANDRE
Ma foi, j’approuve ce fiiux-fuyanl. ^
CÉSAR
Air : Comme il m'aimait.
Ne chantons pas !
ALEXANDRE
Ne chantons pas !
CÉSAR
Oui, c’est agir avec prudence. i . :
ALEXANDRE
Votre voix a fort peu d’appas.
Et par inalheür ! la vôtre, hélas !
Pourrait lasser la patience.
ALEXANDRE. '
Pour être sûrs de l’indulgence.
CÉSAR
Ne chantez pas I
ALEXANDRE
Ne chantez pas!
• ■ ENSEMBLE
Ne chantons pas. (Bis.)