‹ Deux merles blancs comedievaudeville en trois actesChapitre 11 sur 84 · ACTE I, SCÈNE IV. Il · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. Il

Tant mieux!., tant mieux!., tant mieux!., (n tire de sa gibecière

un gros morceau de pain et une tranche de lard et mange.)

MONTDÉSIR, le regardant.

Qu’est-cc qu’il fait?

MARIE, bas, à son père.

Papa, il mange!

MONTDÉSIR, bas.

Je le vois bien! (a part.) Après ça, on m’a prévenu... la première fourchette du Morbihan !

LA MARQUISE, bas à son fils.

Laisse donc celai nous allons déjeuner I

Ah ben ! non !

MARIE, à part, regardant son pain.

Ah ! c’est du lard l

MONTDÉSIR

Vous me paraissez doué d'un bel appétit.

Des fois!., j’ai l’estomac qui me grenouille!

MARIE, étonnée.

Grenouille?..

MONTDÉSIR, bas à sa fille.

C’est du bas-breton!

LA MARQUISE, bas. à son fils.

Au moins sois aimable avec ta prétendue... tu ne la regardes

Seulement pas... (Elle lui été son pain qu’elle pose sur la table.)

Vous allez voir ! (a Marie.) Mademoiselle est sans doute chasseur?

MARIE

Moi?., non. Monsieur!

Ah béni moi, je le suis! Ce malin, je me dis : Puisque le papa Montdésir est arrivé..;le mien... mon désir!., serait de lui faire manger un lièvre avec des petits oignons!

MONTDÉSIR

C’est d’un bon sentiment!

Je prends quatre chiens... Cabaret, Ramonot, fanfare et Ravaude... celle qui est incommodée... elle a...

^ MONTDÉSIR, vivement.

Oui... je sais...

Nous entrons sous bois... (Appelant ses chiens.) Holà!., mes bélots!.. fouille! fouille!., fouille!., approche! approche!., froult!

MONTDÉSIR

Hein?

AUDOR.

Un grand coquin de lièvre rouge me part à soixante pas... Cabaret prend dessus... les autres rallient... (Aboyant.) âhoup! âhoup! âhoup 1..

MARIE, à part.

Il aboie I

AUDOR.

• Je me dis : Toi, j’en mangerai! (Aboyant.) âhoup! âhoup! âhoup! r

MONTDÉSIR

C’est charmant !

MARIE, à part.

Joli talent de société!

AUDOR.

Je connais une passée à la Croix-de-la-Brosse... j’y cours!.. . et je me dis : Toi, j’en mangerai!., mais pas du tout! v’ià mon galopin qui débuche au carrefour desTrois-Poteaux...

MONTDÉSIR

C’est fâcheux!

AUDOR.

J’y cours! et je me dis : Toi...

MONTDÉSIR

J’en mangerai!

Mais pas du tout! v’ià qui se rembuche à la Croix-de-la- Brosse... j’y cours! mais pas du tout! v’ià qui redébuche aux Trois-Poleaux!..

MONTDÉSIR, à part.

Eu voilà des bûches !

AUDOR.

J’y cours! chut!..

MONTDÉSIR

Quoi?

J’entends plus rien!., pas seulement un soupir d’alouette!., perdu!..

Eh bien!., après?..

La chasse étant finie... je suis rentré bredouille... et me v’ià!

MONTDÉSIR

Eh bien! elle est très-gentille votre anecdote. (Aiîdor prend une gourde pendue à son côté et boit. — Bas à sa fille.) Eh bien 1 qu'est-Ce que tu dis de ça?

MARIE, bas.

Je dis que je n’épouserai jamais un monsieur qui imite aussi bien le chien !

Page 1