SCÈNE PREMIÈRE
JUSTIN, pui» MOUILLEBEC et ALIDOR.
(Justin, en gilet de panne rouge à manches, finit d’arranger les fleurs dans le vase au-dessus du divan.)
JUSTIN
C’est singulier... Madame est rentrée hier soir de son théâtre avec un nez long comme ça! elle avait cependant un bien beau rôle dans la pièce nouvelle... une.muette! qui change cinq fois de robe! est-ce que le public aurait joué du mirliton?., (s’asseyant à gauche et prenant un journal sur le guéridon.) Voyons le journal... (Lisant.) « Première représentation : Le faux Ne s de la « marquise, ou la Muette mr àmour. — ,11 est minuit... nous « rentrons avec la fièvre de l’admiration la plus sincère... » (Parlé.) Il paraît que ça a boulotté... (Mouillebec entre par le fond, suivi d’Alidor; U tient à la main un chapeau polka à petits bords.)
MOUILLEBEC *.
Madame de Saiut-Albano, s’il vous plaît?
* Just. Mouii. Ali.
JUSTIN, les apercevant et sans se lever.
Comment 1 c’est encore vous?., c’est insupportable! vousèles déjà venus carillonner ce matin à six heures!., je n’étais pas
levé 1 (il a ouvert l'album et regarde les gravures.)
. MOUILLEBEC.
Pas levé! à six heures’! alors Monsieur est indisposé?
JUSTIN
Non !
AL1D0R, très-gracieusement.
Alors Monsieur est un peu faignantl
JUSTIN, blessé et à part.
Hein ! qu’est-cc que c’est que ces gens-là? (Haut.) Je vous ai dit de revenir plus tard... m
C'est ce que nous faisons. (Tirant sa montre.) 11 est neuf heures... (a part.) l'heure de ma leçon!
JUSTIN
Revenez à midi... Madame pourra peut-être vous recevoir...
MOUILLEBEC.
Très-bien, Monsieur, nous reviendrons à midi...
Allons voiries abattoirs!
MOUILLEBEC.
Cependant le comte de Furetières nous avait bien recommandé de venir de bonne heure...
JUSTIN, se levant. .
Le comte!., vous ôtes envoyés par le comte de Furetières?
ALIDOR, avec importance.
C'est mon ami !
* JUSTIN
Ah! c’est différent... attendez là... je vais voir si par hasard Madame est éveillée, (a part.) C’est de la banlieue, ça I (u entre à gauche.)