SCÈNE PREMIÈRE
MOUILLEBEC, puis MONTDÉSIR, ensuite MADAME TAUPIN.
M0U1LLEBEC, seul; il est en groom et cire une paire de bottes.
Ça fie veut pas reluire !.. (il crache sur la brosse et frotte vivement.) Être dans l’enseignement et cirer des bottes!., fatalité 1.*. anankë!.. comme disent les Grecs... (Avec rage.) et manger à la table des dotïiestiqucs ! (se calmant) 11 est vrai que les domestiques... c’est moi... et M. le marquis. (Tout à coup.) A propos ! nous ne sommes pas en Amérique !.. arrivé au Havre, le bouledogue a changé d’idée... il a loué cette petite maison aux environs de Trouville... et depuis quatre jours, nous voilà installés... Ce matin, il m’a fait scier une voie de bois!., mon Dieu.l que j’ai mal au reins... Heureusement que tout cela va finir... J’ai écrit à M. de Montdésir pour le prier... primo: de donner à manger à mes lapins... secundo: de venir nous tirer des griffes de l’Américain. J'attends sa réponse. (Fouillant dans sa poebe et en tirant un timbre-poste de quatre sous.) Tiens 1 j’ai oublié d’affranchir ma lettre... voilà le timbre, (il le remet dans s? poche.)
MONTDÉSIR, paraissant au fond au-dessus du mur et appelant.
Alouillebec ! .. Mouillebec !..
. ^ MOUILLEBEC, se retournant*.
Monsieur de Montdésir!.. Ah! vous voilà!., comment se porte madame la marquise?., et mes pommes do terre?., et mes lapins?..
MONTDÉSIR
Vos lapins vont très-bien... ils sont occupés à manger vos pommes de terre.
MOUILLEBEC.
Ah! tant mieux!.. (Par réflexion.) c’est-à-dire...
MONTDÉSIR
J’ai reçu votre lettre et j’ai trouvé un moyen ingénieux de vous arracher d’ici. *
Chut 1.. plus bas!..
* Mont. Moult. .