‹ Deux misères (volume 2)Chapitre 28 sur 37 · CHANT DE LA BABOUCHE · texte numérisé non relu

CHANT DE LA BABOUCHE

0 babouche trop connue !

Là je te vois étendue

A mes pieds

Repliés ; MaiS) si c^était ta maîtresse, Que serait-ce? que serait-ce?

Babouche , quand je te baise , J'ai dans Tâme une fournaise !

Dans mes sens ,

Des volcans !

Mais, si c'était ta maîtresse !

Que serait-ce? que serait-ce?

Mais quelque jour, ma charmante,

PourcompeDser tant d^attente,

Tant d'ennuis ,

Si je puis Voir Âstarbé face à face , Que sera-ce? que sera-ce?

Ici , le chant copte avec accompagnement de guitare fait son effet, et le soudan s'endort. L'orchestre joue en sourdine pour le bercer, et l'on voit bientôt paraître Kléber conduisant Âstarbé , à qui Moïse sert de monture.

Tous trois , séduits par la beauté du lieu , vont se reposer, lorsqu'ils aperçoivent le Soudan I Moïse, qui, en sa qualité de crocodile, est quelque peu vorace, ouvre déjà la gueule pour l'engloutir, mais Kléber s'y oppose et s'écrie :

Arrêtez ! le Français combat ses ennemis , Mais il ne mange point les soudans endormis !

Il permet seulement à Astarbé de reprendre la babou che , tandis que de son côté il saisit les dépêches.

Moïse, à qui on refuse le dormeur pour son déjeuner, s'en dédommage le mieux qu'il peut en dévorant d'a- ,bord les confitures , puis le plateau.

j Mais le général , qui a ouvert les papiers , vient d'ap {prendre que Tannée française est à quelques lieues. Au Eomble de la joie, il s'écrie :

Je reviens, je reviens partager vos misères! Accourez , grenadiers , chasseurs et dromadaires.

Digitiz|i|y^G00gle

Ni les dromadaires ni les chasseurs n'accourent; mais le Soudan se réveille, ses gardes arrivent, on entoure Kléber, qui met Tépée à la main , et qui , pour exciter Moïse à faire son devoir, lui montre la pyramide que Ton aperçoit à Thorizon en disant :

Da haut de ce granit vingt siècles te contemplent!

Le caïman, jaloux de donner à de tels spectateurs une haute opinion de sa personne, fait des prodiges de courage. De son côté , Kléber repousse tous les assaillants. Mais Faigle chauve, qui a tout vu , prend son vol, plane un instant au-dessus de sa tête , puis, plongeant avec un cri sauvage, saisit son épée et l'emporte; les Égyptiens se précipitent sur leur ennemi désarmé.

Moïse , qui se trouve alors seul contre tous , recule jusqu'à la mer et s'y jette à la nage, en emportant Astarbé, avec laquelle il aborde à l'île que Ton aperçoit vers le fond.

Le Soudan ordonne de les poursuivre , mais on lui répond qu'il n'y a point de barque. Il fait un geste de désespoir.

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