‹ Deux musées de sculpture franc̜aise à l'époque de la RévolutionChapitre 1 sur 16 · Deux musées de sculpture franc̜aise à l'époque de la Révolution · texte numérisé non relu

Deux musées de sculpture franc̜aise à l'époque de la Révolution

La salle appelée au dix-huitième siècle salle des Antiques^ avait été désignée pendant longtemps sous le nom de salle des Cent-Suisses. Elle est désignée aujourdé hui sous le nom de salle des Cariatides.

Au dix-septième siècle^ elle reçut en dépé>t les nombreux moulages di antiques , fiât s sur V ordre de Louis A /F, et ne commença èi recevoir les œuvres des sculpteu/'s contemporains que vers le milieu du dix-huitième siècle.

Les nouvelles constructions de Louis VF, Choisi/ et Bellevue en particulier., les modifications du parc de Versailles., avaient provoqué de nombreuses commandes. D'autre part., la pénurie des finances avait entravé V exécution de beaucoup de projets grandioses, et laissé inachevées beaucoup (L entreprises . Bien des statues prêtes ci être livrées se trouvaient, par suite de V abandon des anciens plans, sans utilité immédiate.

L' administration des Bâtiments du Boy, ne pouvant les laisser plus longtemps encombrer les ateliers de leurs auteurs, la salle des Antiques se trouva toute désignée pour leur donner une hospitalité qui, de provisoire, comme on le croyait tout d'abord, allait devenir /)ivsque définitive.

Avec l' arrivée au pouvoir de M. d'Angiville", une série d œuvres nouvelles vint accroître le dépôt de la salle des Antiques. En effet, le nouveau Directeur général voulut encourager les sculpteurs, fort négligés par les commandes offcielles dans les dernières années de lé administration précédente. Il fit entreprendre la série si importante des statues cl' hommes illustres qui, ci leur tour, furent déposées à la salle des Antiques; celle-ci finit donc par comprendre des œuvres de la plupart des sculpteurs contemporains et forma ainsi un véritable musée; les guides de l'époque I indiquent au.x curieux et préviennent ceux-ci (pie l'autori-

sntion de visiter doit être demandée au garde des Antiques; ils ajoutent d' ailleurs que ces statues sont destinées à orner le Muséum projeté depuis tant d'années.

La Révolution qui devait réaliser enfin le projet de Muséum de T abbé Terray et de M. d' Angiviller, s'occupa nécessairement de cette collection , mais ce fut pour en disperser le contenu. Le 2b, octobre 1792, la Commission des Monuments (i) décida de faire disparaître de la salle des Antiques toutes les sculptures modernes et chargea Pajou, alors garde des Antiques, d'en faire l'inventaire ; c'est cet inventaire que nous publions ci-après. Il énumère un certain nombre d'œuvres faites sous les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis A'F/, mais ne cite pas quelques œuvres de la Renaissance signalées dans les guides.

A la suite de la dispersion de ce dépôt, quelques statues allèrent au Musée des Xlonuments français, d'autres restèrent au Louvre, quelques-unes disjmrurent. Malheureusement nous n'avons pu retrouver les pièces administratives concernant cette dispersion ; ces documents seuls pourraient aider à retrouver les œuvres perdues.

La publication de V inventaire de Pajou parait présenter un double intérêt.

1° Au point de vue de l' histoire des collections nationales, il contient, en effet, toute une liste dé œuvres dont une fort petite partie seulement alla au Musée des Monuments français ; sur ces dernières seules, par conséquent, les papiers de Lenoir nous renseignent . L' inventaire de Pajou peut donc servir de point de départ pour les recherches à faire sur toutes les œuvres qui ne furent pas déposées dans les salles des Grands-Augustins .

2“ Au point de vue de l'histoire des commandes des Bâtiments du Roy, il permet de constater avec certitude l' exécution de certaines statues disparues nujourd' hui et sur lesquelles les documents administratifs [de valeur très

(i) V. Procès-verbaux de la Commission des Monuments, Noiis'elles Archives de VArt français, aimées 1902 cl 1903.

diverse, d' ailleurs) ne donnent que des renseignements trop insuffisants pour pouvoir conclure avec certitude à leur achèvement.

Page 1