CONCLUSIONS
i° Il peut y avoir quelquefois, mais très rarement, appendicite à gauche et partant sans douleur au point de Mac Burney,le point douloureux se trouvant dansla fosse iliaque gauche.
2° Lorsque l’on croira être en présence d’une pneumonie à forme appendiculaire, affection très rare d’ailleurs en pratique et que le m édecin aura peu souvent l’occasion d’observer, mieux vaut pratiquer toujours la laparotomie que de s’en tenir à l’expectation, car bien que dans les observations citées par Mirande on n’ait point trouvé l’appendice malade il ne s’en suit point qu’il ne l’ait point été. On peut avoir eu affaire à une forme catarrhale légère, et, dans le cas où l’appendicite évoluerait comme dans notre première observation vers la forme perforante ou vers la forme septicémique, on aurait sauvé presqu’à coup sûr son malade, et si l’opération par
hasard n’était vraiment pas indiquée, on ne lui aurait fait courir que des risques bien minimes.
3° La présence d’une pneumonie ne suffit donc pas à exclure l’appendicite, attendu que quelquefois ces deux affections sont simultanées.
4° On peut voir également dans certains cas une appendicite guérie être suivie à quelques jours de distance d’une pneumonie lobaire (observation n° 2).
50 Dans certains cas spéciaux il y a peut-être affinité entre ces deux affections.
6° L’appendicite est tantôt une affection locale, tantôt une maladie générale.
7° La forme locale peut être grave par les perforations qu’elle peut présenter, mais elle peut quelquefois guérir sans laisser de traces ou devenir chronique et donner lieu à des appendicites^ rechutes.
8° La forme générale est non seulement dangereuse par les lésions locales, mais encore par l’envahissement du système général ; elle peut donner lieu à des abcès mé tastatiques graves, à des pneumonies et aussi à de la septicémie péritonéale, bien que l’appendice lui-même ne soit point perforé et paraisse macroscopiquement et microscopiquement peu malade.
90 Le seul traitement rationnel de l’appendicite est l’opération chirurgicale qui donnera des résultats d’autant meilleurs qu’elle aura été pratiquée plus tôt. Dans les jours qui suivront l’intervention comme dans toute opération sur l’abdomen, on se trouvera bien pour
draîner le péritoine de prescrire chaque jour un lavement térébenthiné du Codex, ainsi que nous le faisons depuis plusieurs années. Nous sommes persuadés que par ce simple moyen nous avons souvent sauvé des vies précieuses qui sans cela auraient succombé au péritonisme par suite de la parésie intestinale qui suit trop souvent hélas ! les interventions abdominales .
Paris, L. BOYER, Imprimeur-Éditeur, 15, r. Racine.