‹ Deux opuscules de MontesquieuChapitre 11 sur 26 · V. ibid., 1. IX, ch. vi · texte numérisé non relu

V. ibid., 1. IX, ch. vi

v Elle s'étoit déjà rendue voisine des Chinois, (M

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& le Japon : elle s'est rendue Frontière de ces Empires; au lieu quelle avoit le bonheur d'en être séparée par d'immenses déserts : aussi est- il arrivé depuis ces nouvelles conquêtes que les revenus ordinaires1 de l'Etat n'ont plus été capables de le soutenir.

Pour qu'un Etat2 soit dans sa force, il faut que sa grandeur soit telle qu'il y ait un rapport de la vitesse avec laquelle on peut exécuter contre lui quelqu'entreprise & la promptitude qu'il peut employer pour la rendre vaine. Comme celui qui attaque peut d'abord paroître partout, il faut que celui qui deffend puisse se montrer partout aussi, & par conséquent que retendue de l'Etat soit médiocre, afin qu elle soit proportionnée au degré de vitesse que la nature a donné aux hommes pour se transporter d'un lieu à un autre.

La France & l'Espagne sont précisément de la grandeur requise, les forces se communiquent si bien qu'elles se portent d'abord là où l'on veut, les Armées s'y joignent & passent rapidement d'une Frontière à l'autre, & on n'y craint aucune

1 . Entrautres taxes, on vient présentement d'en établir une d'un huitième sur tous les fonds de l'Empire. (M.)

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