PRUD'HOMME] DEUX OUBLIÉS DE L'HISTOIRE
Vous pouvez leur dire tement à leur décl bien traités ici, voitures devront Je serai heureux d
D. H. BROTHERTON, Maj. Comd.
Le lendemain, les voitures arrivèrent. Elles étaient devancées par deux métis. Les Sioux, malpré les assurances de Jean-Louis, craignaient de voir arriver à tout moment les soldats américains. En apercevant le- voitures, le Bœuf-Assis s'arrêta tout court et se frappa un grand cou sur la poitrine, en imitant le grondement sourd d’un ours et s'écria: “Voilà les Américains qui reviennent.” I] se mit à courir autour des charrettes, parlant fort et exhortant les Sioux à retourner.
Les Quatre-Cornes, s'adressant à Légaré, lui dit en secouant la tête: i vers les Américains,
qu'ils m'ont tirée ”.
cause d’une blessure
reçue en combattant contre + Pour les calmer, Jean-Louis leur fit distribuer des vivres. Il avait avec lui six wagons chargés de biscuit, lard fumé, tabac, thé, couvertes, etc.
Le lendemain, les chefs tinrent conseil, mais cette fois, g:5re aux secours que Jean-Louis avait reçus, la confiance commençait à renaître parmi eux et l'autorité de Jean-Louis était maintenant solidement assise.
Or le capitaine avant que Légaré
vers Jean-Louis et Jui
f-Assis, qui leur avait
Ils étaient dans l'admiration de voir
dehors si peu remarquables, qui avait
» que n'avaient pu faire Custer et les autres
officiers américains. Les Sioux livrèrent immédiatement leurs armes, à l'exception de Bœuf-Assis qui insista pour garder la sienne jusqu'au lendemain; ce qui lui fut accordé. Le tendemain, le Bœuf-Assis demanda à Brotherton de réunir tous les officiers et soldats du fort ainsi que les Titons. 11 fit placer son enfant, âgé de huit ans, devant lui et, au milieu du plus profond silence, il remit son fusil à son enfant, en disant: ‘“ Va donner mon fusil au major. Tu ne seras jamais un homme, toi, mon fils, car tu n'auras jamais de fusil ni de chevaux ”. Puis il s’adressa au major et dit: ‘“ Aujourd'hui je suis chez nous, Car nous n'avons jamais vendu ce terrain. Quand je suis parti pour aller sur le territoire anglais, on ne pouvait plus dormir ici. Je voulais élever mes enfants dans la paix. Aujourd’hui je tiens l'Anglais et l'Américain dans la main”. En disant ces mots, il étendait les bras du côté du Canada et des Etats-Unis et voulait dire qu'il se mettait ami avec les deux nations.
Le Bœuf-Assis demanda ensuite à faire des conventions de paix en présence de deux témoins et de Légaré. “Jean-Louis et les prêtres, dit-il, sont les seuls hommes en qui j'aieconfiance.” 11 demanda à vivre libre dans les prairies et à y faire la chasse comme autrefois et avoir Jean-Louis pour traiter avec eux.
Tout lui fut promis. Après que l'assemblée fut dispersée, le Bœuf-Assis, voyant une sentinelle qui faisait la garde avec sa carabine, autour du camp, s'approcha d'elle et dit:“ J'ai remis mon arme, moi, il faut que vous alliez livrer la vôtre, vous aussi,”
Légaré partit quelques jours après.
Avant son départ, le major Brotherton lui remit un télégramme du général Terry lui disant qu'il serait récompensé pour le grand service rendu à la République américaine.
Le Nord-ouest anglais et le Nord-ouest américain lui doivent de les avoir délivrés des craintes d'un sauvage astucieux et dangereux qui aurait pu, pendant plusieurs années, avec sa tribu, être un sujet de terreur et de désordre parmi les colons. Par sa probité, sa franchise proverbiale, la droiture de son caractère et son influence sur les sauvages, il a pu, sans verser une goutte de sang, adoucir la nation la plus redoutable et la plus féroce qui ait jamais parcouru les prairies de l'Ouest, et la dominer jusqu'au point de la forcer à le suivre et à déposer les armes.
Cet honneur en vaut bien d'autres et mérite que le nom de Jean- Louis Légaré soit mieux connu parmi les vétérans de l'Ouest qui ont ouvert ce pays à la civilisation.
Saint-Boniface, 14 février 1914.