SCÈNE VII LE PRINCE, CHARLES
CHARLES, aussitôt la reine disparue.
Puisque nous voilà seuls, deux mots, Altesse, au nom de l'Empereur, un message verbal, confidentiel.
LE PRINCE
Parle.
CHARLES
11 s'agit de trois mille hommes, d'un renfort....
Impossible, mon cher!
CHARLES
Que, raisonnée par vous, contre avis de la Diète et des ministres, au besoin. Sa Majesté la reine expédierait en hâte vers la Silésie.
LE PRINCE
Ah çà! qui suis-je donc pour TEmpereur? Veut-il que j'en arrive à le trahir, comme d'autres? Je ne raisonnerai personne; la reine et moi n'affaiblirons pas davantage ce royaume.
CHARLES
L'Empereur, de plus, vous souhaite au front des troupes altembergeoises, et demande le rappel du général prince de Kalden.
LE PRINCE
Pourquoi?
CHARLES
C'est un chef médiocre, difficile à gouverner.
LE PRINCE
Ensuite?
Lors de mon départ, il avait quitté Pleswitz, depuis la veille, sans autorisation. (Un silence.)
LE PRINCE
Je désapprouve une telle faute, je la regrette beaucoup; mais... il est indispensable que je demeure à Neresheim. Et je n'ôterai point son commandement au prince de Kalden, parce qu'étant le mari d'une femme
qu'il voulut épouser, j'aurais Tair de tout lui prendre. Je ne possède ici, du reste, qu'une influence relative, une autorité secondaire. L'Empereur devait le prévoir, au lieu d'espérer mieux jadis! Ma position est des plus cruelles. L'Altemberg, la France, tôt ou tard, pour une cause ou pour une autre, peuvent choisir des routes adverses et, debout dans Tinconnu, assailli de fantômes, j'en viens à n'être sûr ni du rôle que j'avais à jouer, ni de celui qu'on me destine.