‹ Deux patries: drame en cinq tableaux, dont un prologueChapitre 41 sur 45 · SCÈNE VIII LE PRINCE, LA REINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII LE PRINCE, LA REINE

LE PRINCE

Chère Amélie, je vous retrouve! (il l'erabrasse.)

LA REINE

Tu resteras?

LE PRINCE

Pas plus que naguère.

LA REINE, très énervée.

Oh ! cet Empereur, de quels maux il est cause!

(Roulement de fusillade, non loin du palais, puis des coups de feu successifs.)

LE PRINCE, pâlissant.

Écoulez !

LA REINE, frissonnante.

Oui.

DEUX PATRIES. i39

On se bat.

LA REINE

Seigneur, pourvu qu'on m'obéisse à présent!

LE PRINCE

Je cours....

LA REINE

Non, tu n'obtiendrais pas....

LE PRINCE

Tonnerre! si vous aviez trahi derechef, si d'avance informée de rapproche... vos dernières paroles n'étaient que mensonge? (Il marche à elle.) Regardez-moi dans les yeux.

LA REINE, elle pleure.

Mon ami, mon ami, comment pouvez-vous croire?...

UNE VOIX, à la cantonade.

Aux armes ! Aux armes ! Mort aux Français ! Aux armes ! (Bruits de portes et de fenêtres; quelques voix répètent : Aux

armes!)

LE PRINCE

C'est une boucherie! On massacre cette poignée

d'hommes! Empêchez-le, mais empêchez-le donc!

(La reine se précipite, ouvre la porte du milieu, et au-dessus du balcon de pierre, de l'autre côté de la rue, à une fenêtre lumineuse, des gens se tiennent, le fusil aux mains.)

LA REINE

Arrêtez! arrêtez! Pas de sang répandu ! Arrêtez! C'est moi, votre reine, qui l'ordonne!

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