SCÈNE VIII LE PRINCE, LA REINE
LE PRINCE
Chère Amélie, je vous retrouve! (il l'erabrasse.)
LA REINE
Tu resteras?
LE PRINCE
Pas plus que naguère.
LA REINE, très énervée.
Oh ! cet Empereur, de quels maux il est cause!
(Roulement de fusillade, non loin du palais, puis des coups de feu successifs.)
LE PRINCE, pâlissant.
Écoulez !
LA REINE, frissonnante.
Oui.
DEUX PATRIES. i39
On se bat.
LA REINE
Seigneur, pourvu qu'on m'obéisse à présent!
LE PRINCE
Je cours....
LA REINE
Non, tu n'obtiendrais pas....
LE PRINCE
Tonnerre! si vous aviez trahi derechef, si d'avance informée de rapproche... vos dernières paroles n'étaient que mensonge? (Il marche à elle.) Regardez-moi dans les yeux.
LA REINE, elle pleure.
Mon ami, mon ami, comment pouvez-vous croire?...
UNE VOIX, à la cantonade.
Aux armes ! Aux armes ! Mort aux Français ! Aux armes ! (Bruits de portes et de fenêtres; quelques voix répètent : Aux
armes!)
LE PRINCE
C'est une boucherie! On massacre cette poignée
d'hommes! Empêchez-le, mais empêchez-le donc!
(La reine se précipite, ouvre la porte du milieu, et au-dessus du balcon de pierre, de l'autre côté de la rue, à une fenêtre lumineuse, des gens se tiennent, le fusil aux mains.)
LA REINE
Arrêtez! arrêtez! Pas de sang répandu ! Arrêtez! C'est moi, votre reine, qui l'ordonne!