SCÈNE III
Les Mêmes, LE PRINCE, LA REINE, MARGUERITE, GARNIER, arrivant sur le perron.
LE PRINCE
Eh bien?
LA REINE, aux officiers.
Venez, venez, messieurs. Que ce palais vous soit un asile !
PAILLOUX, le pistolet au poing.
N'entrez pas, camarades! On n'entre pas ici, quand on a de rhonneur! Maréchal Garnier, duc d'Arisio, tu n'es qu'un lâche. (Il le met en joue, Charles lui relève le bras, la reine se jette devant le prince.)
LA REINE
C'est faux!
LE PRINCE, écartant la reine.
Je ne suis pas un lâche, Pailloux; je vais te le prouver.
LA HEINE
Oui, va, prouve-le à cette heure! et pardon! pardon!
(Elle rétreinl.)
CHARLES, prenant la main de Marguerite.
Adieu.
MARGUERITE
Adieu; merci de m'avoir aimée.
LE PRINCE En route! (Il dégaine; son père et les offlciers Tentourent.
PAILLOUX
Dites donc, Chambrun, vous ne serez toujours pas mort sans la croix.
CHAMBRUN, se bandant la cuisse.
Ni VOUS sans les feuilles de chêne, mon général.
LA REINE
Éloigne-toi, Marguerite. Les balles pleuvent autour de nous.
LE PRINCE, à des soldats qui se montrent.
Courage, mes enfants! Baïonnette au canon! Sus aux bandits! Feu! feu! (On attaque des portes; la fusillade augmente, éclabousse la rue de gravois.)
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LE PRINCE, tombant.
Vive TEmpereur!
Il est tombé! Il est mort! (Elle sanglote, se soutient à peine.)
Oh!... (Elle s'abat, frappée d'une balle.)
LA REINE, en un cri de détresse.
Jésus de miséricorde! Plutôt que reine, il eût été si bien à vous de me faire mendiante!