‹ Deux Petits SignesChapitre 9 sur 15 · NOTIONS PHYSIOLOGIQUES SUR L'APRAREIL DE PROTECTION DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

NOTIONS PHYSIOLOGIQUES SUR L'APRAREIL DE PROTECTION DE L'ŒIL

Les paupières se comportent comme deux rideaux mobiles qui protègent l'œil contre tout ce qui, venant du

dehors, pourrait le léser. Elles ont pour mission d'occlure

la fente palpébrale, soit par mouvement volontaire, soit par réflexe. C’est le muscle orbiculaire qui exécute seul l’occlusion. La voie centripète du réflexe est formée par les plexus cornéens et ciliaires, dont les racines sen-

sitives procèdent du trijumeau, par sa branche nasale.

La voie centrifuge c’est le nerf facial. Outre cet arc sensitivo-moteur, il en existe un autre sensorio-moleur, avec la rétine et le nerf optique comme voie centripèle. Le premier réflexe ferme les paupières quand un corps queläcnque vient en contact avec la cornée, le deuxième, quand une lumière brusque impressionne la réline, o4 qu'un objet, la main d'un chservateur par exemple, est rapide-

Cette occlusion rapide est faciliiée par le glissement des deux feuillets conjonctivaux, palpébral et bulbaire, lun contre l’autre. Les paupières sont encore chargées de la répartition des larmes sur la surface cornéenne et le globe de j'œil. Elles entraînent, en outre, les éléments desquamés qui pourraient gêner la vision.

L'élimination des larmes a lieu par les voies lacrymales. Le mécanisme du passage des larmes dans les voies lacrymales est encore mal déterminé, mais nous savons au moins de facon précise quelles en sont les conditions nécessaires.

Le canal lacrymo-nasal présente une direction sensi-

blement proche de la verticale dans touæ une partie de son parcours. Son orifice supérieur du point lacrymal est très petit, il plonge normalement dans le lac lacrymal à où stagnent les larmes. Quel rôle faut-il faire jouer, dans un tel appareil au principe de la capillarité? aux lois des Siphôons? à l'appel produit, à la partie inférieure du canal nasal, par la diminufion de pression qui se produit dans le méat inférieur à chaque inspiration? Les recherches ultérieures éclaireront peut-être ces points, encore en discussion. Ce qu’on peut affirmer actuellement, c'est que l'intégrité absolue du muscle orbiculaire des paupières et de son expansion, le muscle de Horner, sont absolument nécessaires à la pénétration des larmes dans les voies lacrymales.

C'est la tonicité du muscle de Horner qui maintient la à disposition légèrement basculée en arrière des points lacrymaux. Dans les cas de parésies de ce muscle (qu'innerve le facial), les points lacrymaux remontent en avant, regardant directement en haut et les larmes se répandent par dessus le bord libre, sur les joues.

La parésie de l'orbiculaire (nerf facial) des paupières, l’'écartant, par atonicité, du globe, déplace de la même facon les points lacrymaux et cause encore le larmoïement ou épiphora.

RE stagnation des larmes entre les pauptères, quelle que soit sa cause (occlusion du point lac:ymal ou obstacle sur le conduit lacrymo-nasal) amène aussi le débordement, mais de plus, elle ajoute à cetse conséquence, celle beaucoup plus grave de nuire. à l'adhérence normale, physiologique qui existe entre le globe de l'œil et la face interne des paupières.

Nous avons énuméré les conditions qui rendent précaire la bonne fixation de cette paupière et facilitent son renversement. Elle est cependant maintenue en place par Ia tonicité de l’orbiculaire d’une part, e par la rigidité de forme que lui confère son cartilage tarse. La face interne concave, épouse exactement la forme du globe oculaire

Si dti elle répond. Les deux feuillets conjonetivaur, bumides, se correspendent exactement, ne laissant entre oux qu’une fente très étroite, presque virtuelle. C'est cette

disposition qui entraîne l’adhérence physique de la pau-

pière inférieure du. globe. à

Que dans une lentille concave, on place une lentille convexe de même rayon, en humectant les deux surfaces cairespondantes. On i imprimera facilement un mouvement de bascule en fous sens à la lentille convexe, dans la concavité de l’autre lentille. De même la conjonctive concare, glisse-t-elle facilement à la surface du globe dans le mou-

vement de clignement. Si l’on: tente alors d’écarter l’une

de Yautre les deux lentilles en leur appliquant deux forces parallèlement à leurs axes, on appréciera immé-

diatement la valeur de cette adhérence physique due à la.

capiilarité. Ainsi Baraquer, extrayant le cris allin par phawoérisis, une fois la zonule rompue et la lentille libre de toute adhérencé anatomique, recommande-t-l soigneusement d'opérer un mouvement de bascule qui mobilise le jcristallin en lui faisant suivre la concavité de la fossette patellaire, précisément pour éviter en tirant directement en avant, d'exercer sur le vitré une traction par suite de cette adhérence purement physique.

. La paupière inférieure à l’état normal se tient donc applquée contre le globe. Mais si la sécrétion lacrymale vient entre paupière et globe dans le cul-de-sae conjonctival. Leur poids et leur volume tendront à écarter la paupière de l’œil. L'effet de capillarité sera détruit et un des moyens de fixation de la paupière inférieure deviendra déficient.

Dans les conditions habituelles, la paupière inférieure est sollicitée pendant le jeu normal des muscles de la face, par une attirance vers le bas.

Nous avons wu la solidarité anatomique unissant la paupière inférieure au muscle orbiculaire des lèvres et due à la continuité du revêtement cutané et à la tomicité

à stagner à la surface de l'œil, les larmes s'introduisent.

des muscles peauciers de la face. Une traction exercée sur l’orbiculaire, Soit par continuité, s'exerce également sur la paupière inférieure. Si la direction de cette traction se produit de haut en bas, elle doit tendre à renverser cette paupière. Nous verrons qu'effectivement il en est ainsi dans certaines conditions pathologiques. Dans les conditions normales physiologiques, divers facteurs s’opposent à cet ectropion de la paupière, au‘rement à chaque bâtllement le cul-de-sac conjonctival serait découvert et cet aspect physionomique ne passerait pas inaperçu; chacun sat qu'il n’en est rien. Pourtant la paupière inférieure

ne reste pas totalement immobile. Maintenue en place

par la tonicité de l’orbiculaire, par Fadhérence physique sur laquelle nous avons insisté, elle reçoit cependant,

pendant le bâillement, des sollicitations de mouvement

vers le bas, auxquelles son élasticité lui permet de ré-

pondre sans perdre contact avec le glob: de l'œil. Quand

la bouche s'ouvre fortement, l’orhbiculaire des lèvres est

\attiré par en bas, surtout vers ses commissures et dans

sa partie inférieure, il entraîne dans ce mouvement les deux zygomatiques qui sont détendus et qui par leur tanicité tendent à lutter contre ce mouvement en prenant paint d'appui pour une certaine part sur lorbiculaire des paupières, De plus, la peau de la face est étirée dans une forte mesure et sa souplesse est mise à contribution. Il est facile de constater expérimenta ement le résultat de ces sollicitations sur la paupière inférieure. Il ‘suffit : pour cela de placer son doigt à la partie inférieure de la paupière inférieure contre le rebord orbilaire, sans appuyer, et d'ouvrir fortement la bouche. On sent au doigt à chaque ouverture de la bouche, l'orbiculaire des paupières exécuter un mouvement léger de haut en bas, suivi d’un mouvement contraire quand la bouche se referme. Ce fait est particulièrement perceptible lorsque le regard est dirigé en haut, et plus sensible dans la région externe de la paupière que près du canthus interne. Nous verrons ce que devient ce phénomène physiolo-

Page 1