‹ Deux sonates pour deux clavecins. Réalisation de la basse chiffrée pour deux pianosChapitre 5 sur 16 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

F. BOGHEN

Prix net : 2fr.

UNIVERSITY OF TORONTO | He)

WA ses EDWARD JOHNSON MUSIC LIBRARY

Paris, A. DURAND & FILS, Éditeurs.

DURAND & C* 4, Place de la Madeleine

Déposé selon les traités internationaux. Propriété pour tous pays. Tous droits d’efécution, dé traduction, de reproduction et d’arrangements réservés

Bernarno PASQUINTI (1637-1710), que l'Italie, fière de ses gloires, réinstalle 61% de nos jours à une place d'honneur, est un maître en effet digne de cet hommage. Sa pensé4 . \

est alerte et une plume élégante la sert ; très souple aussi, et capable d'aborder tous les : Ë styles. Ses Sonates pour le clavecin, si elles sont issues des Sonates en forme de « suites M

de danses » alors en pleine faveur, brisent décidément les cadres habituels des Allemandes,

des Sarabandes, des Courantes, des Saltarelles, et autres pièces orchestiques, et deviennent 214 de la musique pure, aimable et expressive. PASQUINI est toscan, et son goût affiné, l'élégance

de ses allures sont des vertus de race en sa province natale, où les artistes ont l'esprit 294 clair et le goût juste. Il est un des pionniers de l’art moderne.

NOTE | Ua É

Les deux Sonates qui sont gravées ici pour la première fois sont une résurrection, mais le pédantisme n’est pour rien dans l'élaboration qu’elles ont nécessitée : un éminent : artiste florentin, dans son amour éclairé pour l’un de ses plus illustres prédécesseurs, et grâce À une connaissance approfondie de la langue propre à PasquIn, à résolu un mystérieux k problème. De ces sonates pour deux clavecins il ne subsiste en effet que les basses, mono- ! pi diques, ct pas même chiffrées. Elles ont cependant suffi à Felice BOGHEN, confdent, semble-t-il, des pensers du vieux maître, et lui ont permis de réédifier un ensemble qu'on croirait établi par Pasqumi lui-même. Cette « restauration » miraculeuse est d'autant plu: légitime, que, opérée par un musicien À la fois érudit et sensible, elle s'exerce sur une œuvre destinée à provoquer des improvisations. PASQUINI a laissé j'lusieurs sonates dont il n'a tracé que les linéaments : sur ses basses chiffrées, — c'est-à-dire pour lesquelles l'harmonisation se réduit à des signes numériques, — il convie un ou deux interprètes à créér. ex abruplo. un édifice à la fois mélodique et harmonique. Ici deux clavecinistes en possession. chacun, de l’une ou l’aufre de ces lignes, dont il suffit d'indiquer les amorces,

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devaient smproviser toutes les parlier supérieures, La condition essenticlle, et d’ailleurs suffisante,

était que les séries d'accords fussent concordantes : les traits superposés s'ajustaient en cours de route et les émilaltions aidaient à les coordonner. L'absence des chiffres est, dans le cas particulier de ces sonates, un accident, et la réalisation instantanée de cette partition à deux n'était possible que grâce aux indications précises fournies par le chiffrage. Felice BocHëx a donc rétabli celui-ci, tout d'abord. Ensuite il a laissé courir ses doigts ; étant de ceux qui savent lire et interpréter une basse chiffrée, art aujourd’hui à peu près oublie. N'est-il pas curieux, et peut-être piquant, de se reporter à l’époque lointaine où non seulement les virtuoses mais aussi les bon, amateurs possédaient autre chose que de la technique et « savaient la musique?» Practerila ! À la vue de ces sonates, que Felice BOGHEN lui montra, Sainr-SAËNS, qui n’en croyait pas ses yeux, fut stupéfait de :’onstater la haute culture musicale que, chez les interprètes de Pasquin, aux XVII: et NVIII: siècle, elles supposaient.…

La présente reconstitution nous rend quelque chose de l'art brillant de BErNarpo, quelque chose aussi de l'esprit de son temps et de la science harmonique mise, par les interprètes, au service des compositeurs. Elles présentent ainsi un double intérêt, et par leur agrément et par les faits, très remarquables, qu’elles remémorent. Le lecteur attentif ct suffisamment averti y retrouvera un témoignage de plus de l’admirable activité des Italiens à l’époque de Pasquini : Floreuce partage alors avec Venise l’honnewr de fonder l’art moderne. C’est à Florence que le comte Bart et ses amis provoquent l'éclosion de ce style monodique qui s'oppose audacieusement à la polyphonie chorale, devenue riche avec excès : Florence est la cité des clairs génies ; eïle crée des formes simples et en impose le prestige à ses émules. Elle crée aussi des formes neuves, et Bernardo Pasouint est un des plus libres artistes de la glorieuse lignée toscane.

Maurice EMMANUEL.

a Maurice EMMANUEL

pour deux Clavecins

Réalisation de la double basse chiffrée : :

jour deux Pianos BERNARDO PASQUINI | (1637-1710) par F. BOGHEN

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