‹ Deux traités de physique mècanique publièsChapitre 21 sur 81 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Exposé sommaire fait par l’Auteur, à l’usage des mathématiciens, et publié de son vivant à la suite du Lucrèce neutonien ( Mém. de Berlin , pour 1782 ), puis réimprimé à la suite de la Notice de sa \ie et de ses écrits , p. ôgg. ( Chez J. J. Paschoud, imp.-lib.)

Constitution des graves.

$.67. i.° Leurs particules indivisibles sont des cages; par exemple, des cubes ou des octaèdres évidés (c’est-à-dire, dont on n’auroit conservé que les douze arêtes).

2. 0 Les diamètres des barreaux de ces cages, même augmentés par la pensée du diamètre des corpuscules gravifiques (comme on le doit pour évaluer convenablement la portion interceptée); sont si petits relativement à la distance mutuelle des barreaux parallèles d’une même cage, que le globe terrestre n’intercepte pas la dix millième partie des corpuscules qui se présentent pour la traverser.

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3." Ces diamètres sont tous égaux , ou s’ils sont inégaux , leurs inégalités se compensent sensiblement. Celle dernière phrase signifie que, dans les moindres mole'cules pondérables séparément (on dit que c’est la partie d’un

grain) , Je diamètre moyen desbarreaux de l’une ne diffère pas d’une dixième partie du diamètre moyen des barreaux de l’autre ; et que, dans les plus grandes masses pondérables , ces diamètres moyens ne diffèrent pas d’une cent millième partie : savoir , parce que chaque molécule pondérable est composée d’un si grand nombre de particules indivisibles, que le simple hasard auroit suffi pour amener presque partout une telle compensation de diamètres.

Constitution des corpuscules gravifiques.

§. 68. i." Conformément à la seconde des suppositions précédentes, leur diamètre , joint même à celui des barreaux des particules indivisées , est assez petit relativement à la distance mutuelle des barreaux parallèles d’une même •cage , pour que les poids des corps célestes ne s’écartent pas sensiblement (de ce chef) du ^rapport qu’il y a entre leurs niasses.

s.° Ils sont isolés, de sorte que leurs mou-

fa'

8a 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE vemens progressifs sont nécessairement rectilignes.

5." Ils sont même si clair-seraés, c’est-à-dire, leurs diamètres sont si petits relativement à leur moyenne distance mutuelle, qu’il n’y en a qu’un sur plusieurs centaines qui en rencontre quelque autre pendant plusieurs milliers d’années ; de sorte que l’uniformité de leurs mouvemens n’est presque jamais troublée d’une façon sensible.

4.° Ils se meuvent selon plusieurs mille millions de directions différentes t en comptant pour une même, toutes celles qui sont parallèles à une même droite ; on concevra la distribution de ces droites en imaginant d’abord autant de points qu’on veut avoir de directions différentes , parsemés sur une boule quelconque aussi uniformément qu’il est possible , et par conséquent éloignés les uns des autres de moins d’une seconde, et en imaginant ensuite uu ravon mené à chacun de ces points.

5.“ Parallèlement à chacune de ces directions se meut un courant ou torrent de corpuscules : or, pour ne lui donner que lalargeür nécessaire, la coupe transversale de ce courant a le même contour que la projection orthogonale du monde visible sur le plan de celle coupe.

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6. ° Les différentes parties d’un même courant sont sensiblement équidenses, soit que l’on compare entr’elles des portions collatérales dont les étendues sont sensibles, ou des portions successives dont les durées (des trajets au travers d’une surface donnée) sont sensibles; et il en est de même des différens courans comparés les uns aux autres.

7. ° Les vitesses moyennes, déterminées de la même façon que je viens de déterminer les densités , sont sensiblement égales aussi.

8. ° Ces vitesses sont plusieurs millions de fois plus grandes, relativement » celles des planètes, que la gravité des planètes vers le soleil ne l’est à l’égard de la plus grande résistance que les observations secondaires permettent de supposer qu’elles éprouvent : par exemple, quelques centaines de fois plus grandes relativement à la vitesse de la terre, que la gravité de la terre vers le soleil n’est grande relativement à la plus grande résistance que les différences séculaires de la grandeur de l’année permettent de supposer que la terre éprouve de la part des matières célestes.

§. 6g. Concept qui facilite V application des mathématiques d déterminer l’influence mutuelle de ces graves et de ces corpus cules.

I .° Décomposez tous les graves en molé~ cules de masses égales , assez petites pour pouvoir , sans erreur sensible , être traitées comme on traite les points attractifs (dans ces théories de la gravité où l’on fait abstraction de sa cause); c’est-à-dire, dans chacune desquelles on puisse négliger les effets de l’inégale distance et position de ces particules, relativement à celles de la molécule que l’on conçoit attirer cette première et en être attirée : telles que sont sans doute celles dont le diamètre est cent mille fois moindre que la distance mutuelle des deux corps dont on examine la gravitation mutuelle, ou dont le demidiamètre apparent, vu depuis l’autre corps, est d’environ une seconde.

a. 0 Aux surfaces de cette molécule , accessibles mais imperméables au fluide gravifique , substituez une seule surface sphérique égale à leur somme.

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