DE G. L. DE SAGE. EIV. II
Réponses ( 1 ).
5. ”'” Obj. met. Il est inutile de donner une cause mécanique à la pesanteur, puisqu'il suffisent que le Créateur en eût fait une loi.
Réponse. Cette objection prouve trop ; car cela pourroit sç dire de toutes les causes secondes; par exemple, de la lumière.
6. “* Obj. met. La longueur des courans est finie. Donc, la durée de la gravité seroit finie aussi , et par conséquent la durée du monde.
Réponse. Concedo ; mais pourvu que cet obstacle ne contribue pas à faire finir le monde plus promptement qu’il n’auroit fini sans lui, il doit être considéré comme nul.
g."’ Obj. phys. Les impressions de la pesanteur paroissent se succéder sans interruption ; au lieu que des corpuscules discontinus produisent une pesanteur discontinue.
Réponse. Nos sensations paroissent continues, quoique leurs causes ne le soient pas; telles sont les oscillations des corps sonores, et la blancheur.
Instance. On ne voit point les oscillations d’une balance.
(1) Ici l’auteur renvoie à une lettre , dans la copie de laquelle nous n’avons trouvé qu’une indication sans aucun développement. ( Note de F éditeur.)
1 20 l. ,r TRAITÉ. rïIYSIQUE MÉCANIQUE Réponse. i.° Celte instance prouve trop; car même si la pesanteur éloit continue, il y auroit d’autres sources d’oscillation qu’on ne voit cependant pas ; telle est l’agitation de l’air, ne fût-ce qu’à cause du bruit.
2 .° Même si la pesanteur étoit continue , il y auroit des causes qui feroienl pencher la balance; ce qu’on ne voit cependant pas arriver : telles seroient l’ine'galilé inévitable des bras , celle des bassins , et celle des poids, le dernier attouchement de la main.
5." Le premier frottement qui se fait au point de suspension , et la première résistance de l’air, préviennent les oscillations dont -la cause est au-dessous d’un certain degré de force.
lo.”° Obj.phys. La pesanteur devroit être moindre sous les voûtes et sous la voie lactée.
Réponse. Oui : à raison de leur surface apparente vue depuis le corps pesé, à raison de leur épaisseur verticale absolue , et à raison de leur densité moyenne. Mais, a. ° la seconde ou la troisième de ces quantités sont imperceptibles, en comparaison de celles du globe terrestre ; 2. Q l’objection porte également contre tous autres partisans de la gravité universelle :
(JUOS
Défendit numéros junctœque umbone phalanges.
DE G. Ij. UE SAGE. DtV. IT.
1 1 Obj. phys. Nous ne sentons pas le passage de ces corpuscules autour de notre corps.
Réponses. i.° La plupart d’entr’eux passent par nos pores, les autres produisent le poids de nos membres , que nous éprouvons en gros et confusément. Une sensation détaillée et distincte ne pouvant avoir lieu que quand sa cause est capable d’ébranler des fibres entières de nos nerfs , séparément les uns des autres.
2.° Nous ne sentons pas même le passage de quelques fluides plus grossiers, dont cependant l’existence est bien prouvée; tels que sont la lumière, l’air subtil, le fluide électrique et le fluide magnétique.
12.“* Obj. phys. Au commencement du monde, aucun corpuscule n’en revenoit, ensuite il en revint quelques-uns ; ensuite, d’avantage ; et ainsi toujours en augmentant. Or, on n’a pas observé plus d’aflbiblissement parmi les effets que j’attribue aux corpuscules ultramondains , dans les derniers temps, que dans les temps anciens.
Réponses. i.° Je puis diminuer ces différences d’affoiblissemens par les mêmes expédiens dont je me sers pour diminuer les affoiblissemens eux-mêmes.
2 .° Et avec d’autant plus de succès , que l’intervalle des observations est moindre que la dure'e totale du monde.
5.” Peut-être le Créateur y aura pourvu , par une augmentation graduelle de densité ou de rapidité.
15.“* Obj. pkys. Sur l’inégalité de la distribution des corpuscules.
Réponses. 1 ." Sans doute le Cre'ateur y aura mis autant d’uniformité que cela e'toit nécessaire pour le cours ordinaire de la nature.