‹ Deuxième expédition antarctique francaise (1908-1910) (volume 3)Chapitre 13 sur 19 · CHLURVRATIOX ET DENSITE DE E'EAU DE MER · texte numérisé non relu

CHLURVRATIOX ET DENSITE DE E'EAU DE MER

La dnnsiti'' (.liiiiiiiuc ddiip en moyonno Iim's ncllninciil à iiicsui'c (|ii"<>ii avance vers le Sud, cl elle est supérieure à ('<dleque Ton oljserve au vdisina!i;e du pack (|ui entoure la Terre Kallières, la Terre de Grahain et la Terre Alexandi'e-ler.

L'examen des vahnu's jdiii'nalières uioyeniics de hi dciisih' nous ri-vèle d'un jour à l'autre des dilVéreuces intéressantes. Ainsi, le I î et le \'-\ janvier, la densité est su|)(''rieui'e à celles (pie Idu oliserve les jours voisins. Le 12 janvier, elle est de l,(l2ti'.M el !<■ i:; janvier de 1,02701. C'est juslenieul ces jours-là que la banquise présentait des indentalions très remarquables vers le Sud el (pie nous avons iiot('' aussi des températures de l'eau de nier relativement élevées. Le IS, le H» et l(> 20, la densité est encore supérieure à 1,02700. Pour observer des densités aussi fortes, il i'aiidia, le 23 et le 21 janvier, (pudques degrés plus à l'ouest, remonter de .'io i)lus au nord. Là encore il y aune inflexion importante des lignes d'égale densité.

Dans notre traversée de refour à la Terre de Feu, la densité de I'cniu de mer croît d'une façon à peu près constante jusqu'au 2(1 janvier, on ikuis observons i)ar L = :;8o0i'et G = 102o31' une densité de 1, 02721. C'est ce jour-là que nous apercevons notre dernier iceberg, et nous avons eu d'ailleurs un courant nord assez fort jusqu'au 2^) janvier. La densité diminue ensuite jusqu'au (bdroit de Magellan, au voisinage diupiel, à (iO milles environ du cap Pilar, nous observons 1, 02020, et seulement 1,02;)(»0 à une vingtaine de milles de la côte.

Nous avons Iraci", d'après nos observations, une carie des densités de l'eau de mer de surface jiour la région que nous avons parcourue (Fi. Tl). Kiilre le (b'Ii'oil de Drake el notre itiiu'raii'e de reloiir au détroit de Magellan, le tracé des lignes d'égale densité est évidemment hypothétique. 11 ressort de cette carte (pi'entre la mer de Hellingshausen et les mers du cap Horn il existe une ligne de densité maximum (environ 1,02730). Celte ligne passe par lO.'iode longitude ouest etOO^dc latisud. Elle doit s'infléchir fortement vers le Sud et pénétrer ainsi dans la mer de Hellingshausen; elle remonte au large de la Terre de GrahauT et passe au voisinage des Slietlaiids du Sud.

Autour du cap Ilorn, les lignes d'égale densité suivent le contour des

Expéd'tihin Cli.irpul. — Uon;n. — Oi-6anijgi-a|>liii> pliysiiiue. "

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côtos ; dans rAntarclicjuo, elles suivent aussi, approximativement, le contour des terres et celui de la banquise. Elles présentent, dans la mer de Bellingshausen, des inflexions remarquables qui causent probablement un alllux deau du Nord au Sud, divisé en deux branches après avoir heurté le socle de Pierre 1^^.

Les observations que nous avons faites pendant l'hivernage du « Pourquoi Pas? ))à l'île Petermann sont portées sur les figures 4 et 5. Lachloruration et la densité de l'eau de mer de surface croissent jusqu'au

Figure 4.

• Variation anneulle de la densité de l'eau de mer.

Figure 5.

Variation annuelle de la chloruralion de l'eau de mer.

mois d'août ; elles restent encore ensuite très élevées jusqu'au mois de novembre. L'observation assez faibb» du 12 septembre est sans doute anormale. Cette variation annuelle s'explique naturellement par la formation de la glace de mer qui enrichit l'eau de mer en sels pendant les mois où la congélation se produit d'une façon continue.

Toutes les densités que nous avons observées pendant l'année dans le chenal de Lemaire sont inférieures à celles que nous avons observées en été dans le détroit de Bransfield (1,02730). Il est d'ailleurs probable que, dans le détroit de Bransfield, la densité de l'eau de mer doit augmenter pendant l'hiver. Le courant nord, que nous avons si souvent observé pendant l'hivernage, tant dans le chenal de Lemaire qu'au large cte l'île Petermann, et cela malgré la fréquence extraordinaire des vents de NE, est donc normal et trouve son explication dans cette différence de densités.

Chloruration et densité des eaux de mer profondes. — Les densités m situ sont évidemment plus fortes au fond qu'à la surface, à cause de l'énorme pression des couches d'eau superposées. Dans les remarques qui suivent, nous ne considérons que les densités c°, sans tenir compte du coellicient de compression.

CHLORURATION ET DFXSITl': DE L'EAU DE MER. 43

NormaUMiionl la chloi'iiralion ol la ilciisitc auj^iiiciilciil avec la [)roron- (Unir. A |)artir de 300 nièlres de profondeur au large de l'île Adélaïde ci de la Terpe Alexandre l^^", elle semble rester stationnaire. Nos observations ne sont pas assez fréquentes, et le fond est trop tourmenté |)((ur (prou puisse en déduire la loi de la circulation profonde.

Dans la mer de Bellingshausen, la chloruration et la densité augmentent aussi d'une façon générale avec la profondeur. Par()!lo (-nviron de latitude, nous retrouvons, entre les échantillons pr-is par 77" de longitude et ceux pris j)ar 1 10^', des différences analogues à celles ipie nous avons signalées pour les températures. A l'est de la mer de Bellingshausen, par 200 mètres de profondeur, les eaux sont froides et peu salées, et à la même profondeur, à l'ouest, les eaux sont plus chaudes et plus salées.

Enfin, entre les deux stations du 21 et du 23 janvier 1!)10, nous observons en profondeur des densités (jui semblent prouver (pril y a un alllux d'eau du Nord au Sud à partir de lOOmèti'CS de |)rofondeur.

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