Deuxième lettre aux électeurs du comté de Lotbinière
En réponse à la première lettre que j'ai eu lhonneur-de vous adresser, vous venez de recevoir un écrit portant les initiales C. D. B. Vous vous demandez sans doute pourquoi l’honorable M. Joly, mon adversaire, n’a pas signé de son nom ‘cet étrange document. Daignez me permettre de vous en donner la véritable raison. ‘Un homme public, qui tient à sa position, ne peut signer cé dont il rougirait devant le Parlement. Comme le manifeste signé par C. D: B: n’est qu’un tissu de fausses représentations et de calomnies de bas aloi, M. Joly ne pouvait y apposer sa signature sans perdre toute considération en chambre. C’est regrettable, mais c’est cela. On veut faire triompher M. Jolv par des armés délcyales, en recourant au mensonge, en trompant le jury électoral. , Aussi ce document ne doit-il être considéré que comme un valentin ou un poisson d'avril. Qu'est-ce . que C. D. B.? Le connaissez-vous ? Le connaîtrez-vous jàämais? Si l’on avait du
respect pour vous, on ne vous cacherait pas le nom de celui qui se Charge de vous guider daus la lutte la plus importante qui ait été faite dans le pays.
Examinons brièvement les principaux avancés de ce valentin.
À, Les Sœurs de Charité.
Le valentin dit: « Comment M. Joly pouvait-1l voter pour priver lès Sœurs de Charité d’un droit qu’elles n'ont jamais eu?»
. Le vote de M. Joly a été donné le 22 Décembre 1876. Pourquoi le nier ? C’est écrit en blanc et en noir dans les documents officiels. Si ces Religieuses avaient droit de vendre ce remède; pourquoi refuser de le déclarer ? Si elles n’avaient pas ce droit, pourquoi refuser de le leur accorder ? Le fanatisme seul a inspiré et peut
approuver le vote de mon adversaire. 1. ;
« Les cultivateurs aimeraïent-ils à voir les communautés religieuses de Québec et Montréal, qui ne paient ni taxes ni droit, acheter et vendre les produits de la ferme au détriment des honnétes cultivateurs. » | A
D'abord il est faux que les communautés religieuses ne paient pas de droits et de taxes quand elles vendent des effets de la ferme dans les villes. Elles en paient tout comme les simples citoyens. Affirmer le contraire est tromper le pubi'c. Puis quel mal y a-t-1l à ce que ces institutions, si Chères au peuple, achètent de vos produits ? Et quei mal y a-t-il à ce qu’elles en vendent ? Avec quoi et comment veuton qu’elles vivent ? Va-til leur falloir retourner dans les catacombes ou les désèrts ? Mais alors qui instruira nos enfants, et qui nourrira nos pauvres ? Oh! fanatisme, il n’y a que toi qui-puisse leur refuser ainsi de pan et le poisson !
« M, Joly les a toujours respectées, admirées él 'Supyortées.—C'est pour cela sans doute qu’il a voté pour les priver des moyens d'existence; et que son parti demande de leur diminuer les octrois du passé !