‹ Devant la statue de MercierChapitre 29 sur 29 · LE CLAIRON DE ST-HYAOINTHE · texte numérisé non relu

LE CLAIRON DE ST-HYAOINTHE

(Journal hebdomadaire)

Le peuple de la Province de Québec tout entier vient de rendre un suprême hommage à la mémoire de feu Honoré Mercier en commémorant sa mémoire dans le bronze.

Désormais sur cette place du Parlement de Québec, té. moin de ses luttes homériques, sa statue s'élèvera pour dire à tous ceux qui viendront qu'il fut un de ceux qui fit le plus pour l 'avancement de notre race et pour laquelle il a su conquérir plusieurs libertés.

Sa statue sur cette place du parlement d'où ses adversaires tentèrent tant de fois de le chasser sera pour ainsi dire comme un dernier défi que leur lancera le grand patriote. Sa voix virile semblera leur dire : Vous avez pu me faire beaucoup de torts et me calomnier odieusement, mais aujourd'hui toutes vos attaques sont vaines et vous êtes impuissants, car j 'ai tout le peuple de ma province à ma suite.

Cette inauguration de la statue Mercier a donné lieu à une démonstration grandiose à laquelle assistait tout l'élite de la race canadienne-française.

Les immenses pelouses de la place du parlement pouvaient à peine contenir toute cette foule accourue de tous les coins de la province pour rendre hommage au grand disparu.

En érigeant une statue à Mercier la province de Québec s'honore elle-même et ce bronze qui désormais s'élèvera sur la place du parlement de la vieille capitale sera un tribut de reconnaissance envers l'un de ses fils les plus illustres. Il sera une réparation publique à la mémoire du vaillant patriote que ses ennemis conduisirent prématurément au tombeau.

Mais le temps s'est lui-même chargé de guérir toutes ces blessures et de venger Mercier qui survivra aux opprobes de ses adversaires, et, cette statue que l'on vient d'inaugurer révèle tout un monde de souvenirs en même temps

qu'elle perpétuera une des plus belles pages de notre histoire.

Au cours de son bref ministère, Mercier a réussi à régler la bouillante question des biens des Jésuites et fait reprendre la marche des relations financières entre la province et le marché français, et, sans la noire conspiration de ses adversaires, elle lui devrait certainement d'avoir changé sa dette en un revenu très considérable.

. Mais le peuple de la province reconnaissant tout le mérite du grand canadien-français ne veut se rappeler que de son bouillant patriotisme qui, s 'étendant au-delà des limites de notre province, lui faisait dire aux ennemis de notre race : ** Halte-là! mes fils, partout où ils sont allés s'établir, au Canada, ont droit à ma protection et on n'y pourra toucher qu'après m 'avoir passé sur le corps!"

Et c'est sous cet aspect que Mercier passera à la postérité, et c'est ce geste enflammé du plus pur patriotisme que se rappelleront toujours les fils de la province de Québec.

"LA JUSTICE" Ottawa

(Journal hebdomadaire)

Une fois de plus, le souvenir d'Honoré Mercier a remué le coeur des foules.

A Québec, dans la lumière immaculée d'un jour ardemment ensoleillé — vrai décor des apothéoses — vient d'avoir lieu le dévoilement de la statue de ce grand patriote. Quelle joie profonde pour nous, Canadiens-français, de voir se dresser sur le granit de son piédestal l'un de nos plus vaillants champions !

Des milliers de voix ont acclamé son nom. D'éloquentes paroles ont été prononcées en cette occasion par ses anciens compagnons d'armes, par de jeunes admirateurs, par son fils

Et, après avoir lu le récit de cette inoubliable démonstration, après avoir vu planer sur cette multitude la grande ombre de Mercier, il nous a semblé que le patriotisme des nôtres ne pouvait manquer de s'accroître.

Et d'autre part, si le bruit des applaudissements arrive jusqu'à l'éternel silence des disparus; si les bronzes élevés aux grands morts peuvent être vus par leur prunelle éteinte, Mercier — du fond de son tombeau — a dû revivre un instant son angoissant passé. Il a dû tressaillir de joie, en écoutant battre au pied de la statue le coeur même du peuple qu'il a tant aimé.

Et cette statue qui fixe à jamais l'éloquence de son geste, Mercier la méritait à plus d'un titre. En effet, la justice et la reconnaissance ne se devaient-elles pas à elles-mêmes de poser un socle sous ses pieds? C'est ce qui a été fait et c'est ce qui demeurera.

Mais voici qui est étrange. Malgré la fuite des années, malgré l'abandon déjà lointain des luttes,— disons plus—

malgré la vengeance de l'histoire impartiale, quelques cris haineux se sont fait entendre contre celui qui passait à l'immortalité.

Il s'est donc trouvé des esprits assez médiocres, des coeurs assez bas pour faire revivre — à la vigile du dévoilement solennel — de vieilles et fielleuses rancunes.

Quel spectacle pénible, pour nous Canadiens-français, que celui de ces êtres (non patriotes) rivés au boulet d'un parti! Plaignons-les pour ne pas nous abaisser à les stigmatiser.

Sans doute. Mercier a eu ses torts, mais que celui d'entre nous qui sent battre en sa poitrine un coeur plus patriote que le sien se lève ! Cherchez autour de vous — mettant à part le génie de Mercier — quels sont ceux qui sont prêts à se dévouer comme lui, pour les mêmes causes.

Où sont-ils ceux qui par amour de la Patrie voudraient gravir les mêmes calvaires?

Que si la gloire lui tressa d'éphémères couronnes, voyez de quel prix elles furent payées ! Jamais Canadiens-français n'a été abreuvé de plus d'humiliations.

Après le coup de foudre qui renversa son ministère, il y a vingt-deux ans passées. Mercier était mis en accusation. La voix de la justice ne put que déclarer innocent ce calomnié. Mais l'idole de toute une race venait de finir son rôle politique et rentrait dans l'ombre. Chacun sait le reste.

Anéanti sous le poids de l'ingratitude, le coeur brisé, Mercier — malgré sa puissante vigueur physique — ne devait pas résister longtemps. Le deux novembre 1894 — jour des Morts — il s'éteignait à Montréal.

L'on se rappelle quel deuil national la mort de Mercier causa, et quelles obsèques lui furent faites. Aucun Canadien-français n'a été plus sincèrement et plus universellement regretté de la masse. Et c'est, en effet, dans le peuple que son souvenir est resté le plus profondément empreint.

Peu d'hommes ont eu sur les foules une emprise comparable à la sienne. Et d'où venait donc cette force mystérieuse et magnétique? La réponse est facile:'* de la sincérité de son patriotisme".

Quelques syllabes vous feront voir tout son idéal: ''Pères de famille", a-t-il dit, ''versez sur la tête de vos enfants les bienfaits de l'éducation, vous leur devez ce baptême". On le voit, l'éducation du peuple était un de ses rêves. Il en avait un autre, aussi vaste: l'union d(^ tous ses compatriotes.

Répétons ici cette plirase sur laquelle nous ne méditerons jamais trop: "Cessons nos luttes fratricides, unissons-nous" Ne cherchons pas Mercier en dehors de ces deux formules.

Education et union: quels phares lumineux pour nous! Dirigeons notre barque vers d'aussi rayonnantes clartés.

Aux jours difficiles, tournons les yeux vers l'horizon de Mercier et demandons-lui un peu de sa force à combattre, de sa sincérité, de son patriotisme.

Pour l'heure présente, saluons avec respect sa statue et rappelons-nous qu'elle nous enseigne de vivre en patriotes et de mourir en croyants.

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Le dévoilement du monument à Honoré Mercier

Quelques milliers de personnes assistent à cette belle fête de

famille et de beaux discours sont prononcés, entre autres par le lieutenant-gouverneur, par Thon. Ad. Turgeon, par l'hon. Chs Devlin, et M. Laferté

(L'Industriel, Shawinigan)

L'inauguration du monument Mercier a eu lieu hier après-midi. Quelques milliers de personnes y assistaient. Dans les estrades, on remarquait: Sir Wilfrid Laurier, Sir Lomer Gouin, Sir Louis Jette, le juge en chef Lemieux, les sénateurs P. A. Choquette et Jules Tessier, les hons. MM. Allard et Caron, quelques membres du clergé et tous les chefs libéraux.

Sir François Langelier, le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, fut invité par l'hon. Alex. Taschereau, à faire le discours officiel d'inauguration. Sir François fit déposer par son aide-de-camp, une couronne de fleurs au pied du monument puis les discours commencèrent.

Sir François fit l'éloge de son ancien compagnon de luttes puis l'hon. M. Taschereau présenta l'hon .Chs Langelier qui à son tour, vint louer son ancien premier ministre et son ami intime.

L'hon. M. Adélard Turgeon, fut l'orateur suivant. Le président du Conseil Législatif prononça un très éloquent discours et parla de l'oeuvre de Mercier. Il fut le seul à parler du coup d'Etat et alla jusqu'à dire que cet acte avait été jugé criminel.

L'hon. M. Turgeon recueillit les applaudissements les plus chaleureux, Sir Wilfrid Laurier lui-même se leva pour l'acclamer.

L'hon. M. Devlin parla après M. Tnrgeon. Il déclara que la plus grande race du monde entier était la race canadienne-française puis il dit que le plus grand des Canadiensfrançais était Laurier, ajoutant que Ton aurait jamais dû avoir un autre premier ministre que Sir Wilfrid Laurier.

Les autres orateurs furent Thon. M. Mackenzie, M. Hector Laferté et M. Honoré Mercier, le fils de l'ancien chef libéral.

L'Hon. M. Deviin, rend hommage à Mercier

(Le *' Spectateur" Hull, Québec, hebdomadaire)

On vient d'élever un monument à Mercier et l'on est en train d'en élever un à Cartier. Or à quel spectacle assistons-nous ?

Les libéraux, justes à l'égard de Cartier, y vont généreusement de leur obole pour que le monument qui sera élevé à sa gloire, soit digne de son oeuvre. La législature de Québec, composée aux trois quarts de libéraux, a voté à la dernière session, un montant de dix mille piastres pour cette fin.

Nous avons su oublier le passé, ne regarder qu'aux pages brillantes de la vie de l'ancien chef conservateur et ne voir que le beau rôle qu'il a joué daas la politique de son pays. Pas une bouche, pas une plume libérale n'ont tenté d'insinuer quoi que ce soit de désagréable à la mémoire de Sir Georges-Etienne. Les vieux dossiers ont gardé leurs secrets, Cartier dort dans toute sa gloire, et c'est là notre seule et notre plus belle vengeance.

Au nom des Irlandais de la province de Québec, l'hon. M. dis Deviin, Ministre de la Colonisation, dit d'une façon éloquente l'admiration de ses compatriotes pour ce grand patriote que fut Honoré IMercier. On a dit que Mercier avait été méconnu par ses concitoyens de langue anglaise. M. Deviin tient à dire que ce ne fut certes pas les Irlandais, qui surent toujours reconnaître son esprit de justice. M. Deviin rappelle ce que Mercier a fait pour la classe ouvrière et qui lui vaut aujourd'hui les nombreux tributs d'admiration que lui prodigue le travail organisé.

De cette grandiose démonstration", dit-il, ''se dégage une leçon dont tous devraient en profiter : Ne détruisons pas nos grands hommes quand nous en avons. Aimons-les, se^

condons-les toujours, durant leur vie et après leur mort. Chaque race qui peuple cette province a fourni de grands hommes mais aucune n'en a fourni d'aussi grands que la ra. ce canadienne-française. Et je n'ai pas besoin de regarder bien loin, je n'ai qu'à regarder en face de moi pour voir le plus grand d'entre nous. (Applaudissements). Et c'est à son sujet qu'il convient le plus de dire: Ne détruisons pas nos grands hommes ! ' '

L'hon. M. Devlin s'est dit heureux de parler en français de Mercier qui le fut plus vaillant champion de la race française de notre province.

Le dévoilement du Monument Mercier

Démonstration inoubliable à la mémoire du Grand Patriote

(Le ''Canada Français" de St-Jean, Que.)

Le dévoilement du monument érigé à Québec, pour perpétuer la mémoire du grand patriote que fut Honoré Mercier, a eu lieu la semaine dernière.

De partout on est accouru sans distinction de parti, sans distinction de classe, c'était la fête du peuple et tout le monde s'y associait. Nous avons vu des conservateurs, des nationalistes, fraterniser avec les libéraux pour célébrer la mémoire de celui qui n'est plus reconnu comme un ancien chef de parti, mais comme un patriote ami de tous, aimé et respecté de tous ceux qui aiment leur province.

Le Congrès de la langue française avait suspendu ses délibérations pour permettre à ses membres de prendre part à la démonstration. La foule a vécu des moments d'émotion patriotique dont elle gardera longtemps le souvenir. Des incidents se sont produits qui ont fait frissonner d'une joie très vive tous ceux qui en furent les témoins: ceux qui ont vu Sir Wilfrid Laurier se lever soudain à la fin de l'admirable péroraison du discours de l'hon. M. Turgeon, n'oublieront jamais cette scène d'enthousiasme; ceux qui ont assisté à la scène qui s'est produite quand l'hon. M. Devlin tirant une leçon sublime de la démonstration du jour, disait en portant sur Sir Wilfrid Laurier ses regards bien significatifs: ''Ne détruisons donc pas nos grands hommes quand nous les avons", n'oublieront jamais de quelle façon le peuple de la province de Québec a répondu à cette grande pensée. Que dira-t-on des autres incidents qui ont permis de juger combien l'âme du peuple était en harmonie avec les

orateurs qui célébraient la mémoire de Mercier et combien facilement on applaudissait à chaque fois que Ton prononçait son nom !

De tous les classes de la société on voyait des représentants se presser autour du monument.

L'hon. L. A. Taschereau, ministre des Travaux Publics, qui présidait cette mémorable cérémonie de l'inauguration a, le premier, adressé la parole.

En termes émus, il a rappelé les souvenirs à la fois pénibles et charmants qu'évoque dans l'âme du peuple de cette province cette, cérémonie. Semeur infatigable, Mercier récolte maintenant, comme le vieux moissonneur qui récolte à ses pieds, la moisson de la reconnaissance de son peuple. Après dix-huit ans de sommeil. Mercier reprend aujourd'hui non plus la place d'autrefois, mais celle que l'amitié, que le coeur et le souvenir peuvent créer, la place que la patrie donne à ses héros.

Mercier a été l'initiateur des grands mouvements qui se poursuivent; agrandissement du territoire provincial, réorganisation de l'instruction publique, impulsion vigoureuse donnée à la colonisation, etc. Mais l'idée maîtresse qui a dominé cette carrière, l'artiste l'a burinée sur ce monument: ''Cessons nos luttes fratricides, unissons-nous." Mercier avait compris l'avenir de la race et les dangers et les écueils qui s'opposaient à sa marche en avant.

L'orateur prie alors le Lieutenant-gouverneur de la Province de bien vouloir inaugurer le monument élevé à la mémoire de Mercier. Il remercie l'éminent artiste français, M. Paul Chevré, qui a donné hier Champlain, aujourd'hui Mercier et donnera demain Garneau. En nous faisant admirer et aimer le génie et l'art de la France, M. Chevré nous fait aimer davantage notre sol en immortalisant nos héros. Puis l'orateur termine en présentant à la famille de Mercier et à ceux de ses enfants qui marchent si dignement sur ces traces, un hommage ému de cordialité.

Parlèrent ensuite sir François Langelier, l'hon. M. Tiirgeon, C. R. Devlin, l'hon. P. Mackenzie, M. Hector Laferté, et enfin M. Honoré IMercier.

M. Honoré Mercier, député de Chateauguay, le fils du grand disparu, l'aîné de la famiDe, fut invité à prendre la parole au nom de la veuve de Mercier, sa mère, et de sa famille, pour remercier ses compatriotes de cet hommage rendu à la mémoire de celui qu'ils aiment tous encore d'un amour qui ne saurait jamais s'altérer.

M. Mercier a parlé en termes émus. Il a exprimé toute sa reconnaissance à ceux qui ont eu la grande pensée de perpétuer et de consacrer pour toujours par un monument la mémoire de celui qui leur fut cher. A tous ceux qui sont venus de toutes les parties de la province et du pays pour célébrer cette fête nationale, M. Mercier a dit un cordial et chaleureux merci.

L'orateur n'oublia personne et ses paroles furent saluées maintes fois de frénétiques applaudissements. Il parla brièvement mais tout son coeur a parlé et les sentiments d'un coeur vivement ému ne s'expriment pas avec de grandes phrases.

De belles couronnes de fleurs ont été déposées au pied du monument par le Gouvernement provincial, par le département de l'Agriculture et de la Voirie, par l'hon. Cyr. F. Delâge et M. Louis Létourneau, en leur nom et en celui de leurs électeurs respectifs ; par le club Mercier, par l'Association de la Jeunesse libérale de Québec, par l'Union Typographique de Québec, No 302, et par un grand nombre d'autres associations et de clubs. Toutes ces couronnes étaient étalées autour du monument et faisaient de la pelouse qui touche le granit du monument, une pelouse de fleurs odoriférantes.

HONORE MERCIER

(Le "Courrier" de Montmagny)

En érigeant une statue à Mercier, la province de Québec s'honore elle-mêiue. Ce bronze qui s'élève sur la place du Parlement, c'est un tribut de reconnaissance envers l'un de ses fils les plus illustres. Et c'est, n'en doutons pas, une réparation publique éclatante, à la mémoire du vaillant patriote que ses ennemis conduisirent prématurément au tombeau.

Le temps qui guérit tant de blessures, qui efface tant de choses, a vengé Mercier de ceux qui tentèrent de le couvrir d'opprobre. L'oubli ne s'est pas fait autour de son nom. Il est inscrit au temple de l'histoire d'où sa figure imposante se détache comme celle d'un grand ancêtre.

Honoré Mercier î C 'est tout un monde de souvenirs que ce nom évoque. Reportons-nous à vingt-cinq ans en arrière, à l'époque où, dans la maturité de son talent, il venait d'assumer les fonctions de premier ministre à Québec.

Il était alors au zénith de sa popularité. Grand de taille, la tête bien plantée sur de robustes épaules, son oeil noir et perçant imposait à tous ceux que les hasards de la vie mettaient en contact avec lui. Sa parole pénétrante, logique, claire, avait sur la foule une emprise profonde.

C'était une puissance.

Elève des Jésuites, Mercier avait conservé une grande vénération pour ses anciens maîtres.

Premier ministre libéral, il n'hésita pas à solutionner la très épineuse question des biens des Jésuites confisqués par les autorités impériales, au début de la domination anglaise. Ceci est désormais du domaine de l'histoire, mais il est bon de rappeler à ceux qui seraient tentés de l'oublier, que la restitution des biens des Jésuites est l'oeuvre d'un gouvernement libéral.

Le dévoilement du Monument Mercier

Quelques milliers de personnes assistent à cette belle fête de famille et de beaux discours sont prononcés, entre autres par le lieutenant-gouverneur, par Thon. Ad. Turgeon, par Thon. Chs. Devlin et M. Laferté.

(Le ''Lac St-Jean" Roberval)

L'inauguration du monument Mercier a eu lieu hier aprèsmidi. Quelques milliers de personnes y assistaient. Dans les estrades, on remarquait : Sir Wilfrid Laurier, Sir Lomer Gouin, Sir Louis Jette, le juge en chef Lemieux, les sénateurs P. A. Choquette et Jules Tessier, les lions. MM. Allard et Caron, quelques membres du clergé et tous les chefs libéraux.

Sir François Langelier, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, f\it invité par Thon. Alex. Taschereau à faire le discours d'inauguration. Sir François fit déposer par son aide-de-carap une couronne de fleurs au pied du monument puis les discours commencèrent.

Sir François fit l'éloge de son ancien compagnon à(^ luttes, puis l'hon. M. Taschereau présenta l'hon. Chas Langelier, qui à son tour, vint louer son ancien premier ministre et son ami intime.

L'hon. Adélard Turgeon fut l'orateur suivant. Le président du Conseil Législatif prononça un très éloquent discours et parla de l'oeuvre de Mercier. Il fut le seul à parler du coup d'Etat et alla jusqu'à dire que cet acte avait été jugé criminel.

L'hon. M. Turgeon recueillit les applaudissements les plus chaleureux, Sir Wilfrid Laurier lui-même se leva pour raeclamer.

L'hon. M. Devlin jDarla après M. Turgeon et prononça un discours remarquable. Il déclara que la plus grande race du monde entier était la race canadienne-française^ pms il dit que le plus grand des Canadiens-français était Laurier, ajoutant que l'on aurait jamais dû avoir un autre premier ministre que sir Wilfrid Laurier.

Les autres orateurs furent l'hon. M. Mackenzie, M. Hector Laferté et M. Honoré Mercier, le fils de l'ancien cîief libéral.

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