LA LITTÉRATURE FRANÇAISE
La langue française a peu de mois qui soient plus compréhensifs que le mot « amour » ; et si même nous le prenons dans l'unique acception de « penchant qui attire un sexe vers l'autre », nous trouvons que le mot « amour » peut désigner des sentiments qui, pour être toujours semblables dans leur principe, n'en diffèrent pas moins profondément par leur force, par leur qualité, par la manière dont ils se manifestent, se déclarent, s'expriment. En effets l'amour varie avec les latitudes et les climats : par exemple l'amant ne dit point son désir du même style à la frileuse Lapone, qui s'emmitonne jusqu'aux oreilles dans des peaux d'ours blancs, et à la Vénus hottentote, simplement vêtue de sa pudeur. L'amour varie avec l'âge, et le vieux Ruy Gomez ne parle point à doiia Sol le même langage que le jeune Hernani. Il varie avec le caractère, et la décla-
(1) Conférence faite à l'Ode'on,