‹ Devant les tisonsChapitre 11 sur 49 · XVIII. — HÉLÈNE ÀO COMTE LEYEN · texte numérisé non relu

XVIII. — HÉLÈNE ÀO COMTE LEYEN

« Monsieur le comte,

« Je ne vous hais ni ne vous méprise ; loin d'être offensée de vos sentiments pour moi et de vos généreuses intentions, je ne puis que vous en remercier et vous en savoir gré; mais je ne veux ni ne dois les accepter. Je vous aimerais, monsieur le comte, que je ne voudrais pas être votre maîtresse ; vous n'aimeriez bientôt plus une femme que le monde mépriserait. Mais je ne vous aime pas. Il n'y a là ni coquetterie ni adresse. Pauvre jeune fille, je ne suis pas si savante, et j'espère ne l'être jamais. Je ne vous aime pas ; vous êtes assez spirituel et assez honnête homme pour comprendre que notre correspondance ne peut être plus longue : ayez, je vous prie, la bonté de ne plus envoyer le domestique qui me suit quand je sors, et reste (les journées entières sous mes fenêtres ; je ne recevrai plus de lettres ; la présence de votre domestique ferait jaser sur moi. Si je ne puis accepter vos dons, ne m'enlevez pas mon seul bien, ma réputation de sagesse et d'honnêteté.

« J'ai l'honneur d'être, monsieur le comte, votre trèshumble servante.

a Hélène.»

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