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I. — l’acte réflexe

Réflexes simples. — Prenons d’aljord le cas de beaucoup le plus simple. Supposons que, pour une cause (juelconque, il n’y ait nulle participation cérébrale. La sensation, ici le besoin d’évacuer, déterminera immédiatement le mouvement, ici l’évacuation ; il s’agit, on le voit, d’nn réllexe. Le courant sensitif apporte la sensation aune cellule de la corne médullaire antérieure, en contact direct avec elle (Ramon y Cajal). — C’est dans ces conditions (ju’onvoit l’intensité du courant centrifuge varier avec l’intensité du courant centripète (Lois dePflnger : irradiation, généralisation, etc.)

Mais nous admettons ici que le cerveau n’intervient pas. Il s’aqit, par exemple, en ph\isiolofj{ e expérimentale , d’une grenouille qui a été décapitée, ou plus exactement, dont la moelle a été isolée par une section au ciseau de la moelle allongée. En clinirpie ordinaire, nous ne pouvons en rapprocher que les cas de traumatisme, détruisant partiellement la moelle cervicale ou dorsale. Le l)esoin seul est senti, alors qu’il y a abolition complète de toute action cérébrale volontaire, sur les membres inférieurs, qui retombent inertes. 11 suffit, dans ces cas, d’une petite quantité d’urine dans la vessie, pour qu’il en pénètre quelques gouttes flans l’urèthre prostatique, et ainsi est provoqué le besoin d’uriner auquel le malade est absolu-

meut im[)iiissaiit à résister (i). Aussi le gâtisme médullaire est-il (ruu très graud intérêt. Il ue Test pas moins, ou le sait, pour le cas particulier, dans la détermination diaguosti({ue et pronostique. — Le [)lus souvent, disonsle en passant, dans ces cas, il y a rétention d’urine, et il est habituel que l’incontinence suive. 11 y a toujours, de plus, de la parésie intestinale.

Voilà donc pour le réflexe ordinaire : on voit que nous retombons dans les notions de physiologie de plus haut.

On peut d’ailleurs concevoir que le cerveau se trouve, momentanément ou d’une manière durable, dans un état d’inconscience et d’impuissance, ou encore dans un état d’éréthisme ou de préoccupation tel, que l’excitation, partie des réservoirs remplis, soit bien forcée d’agir sur la moelle sans [)artici[)ation cérébrale aucune, et que les muscles vésico-rectaux réagissent ainsi seulement par leurs véritables réflexes.

C’est un peu le processus indiqué plus haut à propos des lésions médullaires. Mais bien entendu, le ra[)procbement n’esî ({ue lointain. Car, lorsque le cerveau est redevenu apte à coordonner les dillerents processus moteurs, l’évacualion involontaire, n’ayant plus de raison d’être, disparaîtra. La miction et la défécation reviendront uitegrum.

Mais allons [)lus loin. 11 est bien certain qu’il faut, dans certains états mentaux, étendre de beaucoup cette notion du réHexe, et qu’en particulier, l’évacuation des réser-

1. fîeftVier. Elude sur les troubles de la Miction dans les Medadies du système nerveux. Th. Paris, 188i, p.

la conscience peut très bien, en ellet, pénétrer un état afVectif donloureux, l’anxiété avec angoisse [)arliculièreinent, telle qu’il en résulte, pour ainsi dire, une ex])losioii motrice, dépourvue de tout sens et de tout but. Parmi ces mouvements involontaires, l’évacuation mictionnelle se trouve alors IVéquemment.

On peut en rapprocher, comme origine, les incontinences fécales passagères qui se produisent au cours d’une violente émotion, princi[)alement la peur.

On sait quels remar({nables travaux a suscités cet « instinct de conservation sous sa forme défensive » qu’est la Peur, pour M. Ribot (1). Darwin, Mantefjazza, Mosso, Lange l’ont décrite, et nous ont montré cet arrêt des secrétions (lait, menstrues, salive) avec sueurs froides, hérissement des poils, oppression, resserrement de la gorge ; cette constrictioii spasmod-ique des vaisseaux avec frisson, anémie périphérique, choc violent du cœur ; et surtout cette suppression absolue de tout mouvement volontaire, qui cloue l’individu sur place et ne lui laisse meme pas la disposition de sa voix, d’un simple cri. Le relâchemejit sphinctérien trouve, lui aussi, sa place dans ces troubles paroxystiques.

Une douleur physi({ue, très intense, [)eut également amener une au.riété telle, que l’évacuation se ])roduise spontanément, sans que la conscience du su jet y soit naturellement pour rien.

Dans une troisième catégorie de cas, cette anxiété n’est pas psychiquement primitive. Elle sert à nuancer des

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