CLASSIFICATION
Oii se rend compte, par ce qui précède, des difficultés réelles d’une classification qui comprenne tous les cas, si mombreux et si variés, et les groupe de manière à formuler des classes et des sous-classes bien définies. Les auteurs que nous avons cités plus haut pensent avoir résolu la question, soit en énumérant simplement les différentes variétés cliniques, soit en se fondant sur des considérations, toutes théoriques, de pathogénie. D’autres, ^den plus nombreux, ne se donnent même pas la peine d’en chercher. C’est un procédé, peu satisfaisant. Nous croyons, en effet, qu’une classification, ici aussi, peut être tentée, non une classification anatomique, bien entendu, puisque nous manquons à cet égard de toutes bases. Non exclusivement pathogénique non plus, ce qui serait à la fois trop abstrait et trop périlleux. Exclusivement clinique alors? — Nous croyons qu’on peut aller plus loin et qu’on soit autorisé, pour la clarté de l’exposition,, à tenter une classification mixte, rationnelle.
La noire, d’aillenrs, sera très simple, liâtoiis-noiis de le dire. Mais taisons aussi remarquer qu’elle comprend l’ensemble des états cérébraux, et ne se borne pas, comme les autres classifications, aux psychopathies, ou meme aux simples vésanies.
1'^ Sup[)Osons le cas le plus simple: que la conscience maiif[ue, soit annihilée. Et le rôle des réservoirs se trouvera dès lors subordonnée aux seuls commandements médullaires. La physiolotjie vésico-rectale sera l’étude des rétlexes vésico-rectaux.
C’est ce qui se réalise avec le plus de netteté dans les états comme les comas, ou encore les stujieurs qui, par certains côtés, se rapprochent tant des comas, en l'ait du moins, sinon psycholoqiquement, et malgré la persistance d’une vaque personnalité.
2^ Prenons le cas inverse, c’est-à-dire celui où des l'acultés psychi([ues sont dans leur complet état de dévelop- [lement. Il est bien évident alors que l’incontinence n’aura ' pas lieu, en raison des convenances sociales, connues de chacun, universellement admises. Pour qu’elle se produise dans ces conditions, il faudra évidemment qu’elle soit no- (cette volonté étant conditionnée quelquefois à des processus impulsifs) et, pour qu’il soit volontaire, il faudra dans cette conscience, en sa «[énéralité normale, certains trouble?, de la personnalité.
d"* Voyons mainte Fiant un cas mixte, également opposé de l’absence totale de jiersonnalité et de l’existence d’une |)ersonnalité complète, quoique modifiée. Il s'agit d’états où les concepts se fragmentent, s’isolent les uns des aiilres, où, en [lariiculier, l’atlcntion et la volonté font des faux
pas des plus nombreux, où, eu un mot, la personnalité se désagrège.
Schématisons encore plus :
Il semble, pour user de termes commodes, et en revenant sur cette donnée, exposée plus haut, d’un centre spécial, que dans certains états psychirjues où le gâlisme volontaire se répète avec une fréquence inaccoutumée, il y ait un véritable éréthisme psijcho-sphiiictérLeii.
One dans les états d’inconscience, il y ait par opposition, une complète paralysie psycho-sphiiictérieime.
One dans les états démentiels enfin, il y ait, pour ainsi dire, de lo. dyspraxie psycho-sphinctérienne.
D’où le tableau ;
Etats comateux — paralysie psycho-sphinctérienne.
Etats démentiels — dyspraxie psycho-sphinctérienne.
Etats délirants — éréthisme psycho-sphinctérien.
Quant à la particularité de l’épisodisme elle ])eut, quoique de modalités très variables, se retrouver successivement dans ces, trois états.
1° Dans les comas, il n’est é[)isodique qu’en tant qu’il est subordonné à l’affection primitive et disparaît naturellement avec elle. Il est pour ainsi dire originellement épisodiqu e ;
2" Dans les états démentiels, il commence par être é[)isodique avant d’aboutir au gâtisme permanent. Il est provisoirement épisodique ;
3” Dans les états vésaniques, il apparaît, en général, é})isodiquement au cours d’un état mental (lui-menie épi-
sodique quelquefois), à moins qu’il ne soit entretenu par des causes spéciales imputaldes au milieu, au genre de vie, etc. Il est, suivant ces circonstances, ou provisoirement épisodique.
On nous accusera peut-être de rassembler ici des éléments très polymorphes, qu’on les considère au point de vue clinique ou patliogénique. On est bien amené cependant à procéder ainsi. Les faits sont complexes. Il faut les synthétiser, si disparates qu’ils puissent paraître au [)remier abord, si l’on veut ébaucher comme un chapitre de la séméiologie cérébrale, en y rattachant la séméiologie mentale, comme l’indiquent les tendances actuelles.
Il est d’ailleurs bien d’autres symptômes, ordinairement étudiés de compagnie, et qui présentent une toute aussi grande diversité d’origines et d’allures ! Quoi de plus différent, par exemple, que le mutisme de l’hystérique ou du dément? Oue les tentatives de suicide d’un halluciné, d’un hypochondriaque, ou d’un paralytique général ? La séméiologie n’en exige pas moins le groupement de tous ces faits, encore qu’assez artificiel.