Developpement progressif et but final de l'humanite Hoene Wronski
L’ouvrage que nous publions aujourd’hui a été fait en 1815 et 1818; et malgré ce laps de temps il doit, par les démonstrations précises et les nombreuses applications des principes philosophiques de l’auteur, jeter un nouveau jour sur tous. les ouvrages qu’il a publiés depuis lors. On pourra, dans celui-ci ( 1 ) , apprécier immédiatement sa
(1) Nous donnons, en tête de cet ouvrage, un extrait des principes FONDAMENTAUX suF lesqucls U cst appuyé, et qui sont complètement développés dans I’historiosopuie , dernier ouvrage philosophique publié par l’auteur.
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science, sa vasle érudition, et surtout sa supériorité philosophique, dans la manière positive et magistrale dont il interprète les faits de l’histoire en les soumettanl à des lois nouvelles ipi’il établit jiar leur [iropre nécessité, et auxquelles il donne ainsi une certitude infaillible.
Comme, depuis ce temps, le domaine de la science s’est agrandi, et que le monde intellectuel et moral a marché, l’auteur, qui avait en dernier lieu destiné ce travail à former la troisième partie de \ Historiosophie, se proposait de l’amener , avec les mêmes déterminations industrielles, politiques, religieuses, cl scientifiques, jusqu’aux temps actuels, mais malheureusement la mort ne l’ayant pas permis, nous le donnons ici tel qu’il nous l’a laissé, afin de satisfaire aux justes prétentions de l’éditeur.
Ce fut après les alternatives de troubles et de gloire que la France venait d’éprouver, et dans le moment critique où l’Europe frémissait encore du joug (pie lui avait imposé Napoléon 1". lorsipie, au
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lieu de réaliser graduellement ses idées réformatrices, le génie trop hardi de ce grand homme avait cru pouvoir trancher avec l’épée le nœud gordien des destinées de l’humanité, ce fut alors, disons-nous, que pour débrouiller par le savoir ces destinées humaines qui avaient défié la force matérielle du héros, l’auteur composa cet ouvrage pendant notre séjour en Suisse ; ouvrage qui fut annoncé dans ses publications ultérieures sous le nom de CRÉATION ABSOLUE DE l’humanité , et qui a positivement pour objet de déterminer la signification absolue du Progrès , d’en signaler le but final , et d’indiquer à l’humanité les moyens d’y parvenir en lui dévoilant la puissance qu’elle a acquise par le développement môme de cet immense progrès.
En etfet, ce n’est point là seulement l’histoire des simples faits et gestes, plus ou moins bien appréciés, des peuples et des rois, c’est l’histoire du développement absolu du génie même de l’humanité entière, en tant que tous les hommes d’un esprit supérieur, quels que soient leur rang, leur
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|»alrie ol leur siècle, onl su concourir à ce (léveloj)pemenl.
Ce que nous venons de dire nous paraîtrait suffisani pour indiquer la vaste portée de cel ouvrage, si nous ne croyions pas devoir y faire n'rnarqucr, parmi tant de hautes et nouvelles réalités fondées par l’auteur, d’abord , le droit de la Vérité , dont tout homme porte en lui le noble et impératif idéal ; ensuite , la divine , mais terrible attribution de nouveau créateur (à l’instar de Dieu), que l’auteur fait reconnaître dans l’homme ; attribution divine, en ce qu’elle doit créer son immortalité, et terrible, en ce qu’elle lui impose une responsabilité implacable. Quelqu’étrange et hardie que puisse paraître tout à coup cette idée , nous ne doutons pas qu’avec l’étude et la réflexion on ne la trouve enfin aussi vraie que féconde.
(tuant au droit de ia vérité, en ne considérant ici que son application à la politique, quicomjuc en approfondira l’importance, ne pourra nier que dans les temps actuels, ou très-prochainement, il
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devra, non-seulement soutenir le principe d’autorité, mais, surtout, éclairer la liberté de penser; et qu’il faut absolument son aide pour' que cette liberté de penser, qui est dominante aujourd’hui , et qui échappe à la force, ne dégénère point en une indomptable licence.
Il est notoire que , maintenant , malgré la modération qu’ont amené les lumières modernes dans l’exercice du pouvoir, les Rois ne peuvent plus soumettre les peuples révoltés, car ils n’emploient encore, pour les soumettre, que l’intensité croissanté des mêmes moyens de rigueur qui, précisément, font que les peuples se révoltent.
Et par quels autres moyens que ceux qu’indiquerait le DROIT DE LA VÉRITÉ, pourrait-oii, sans violence, d’après les seuls motifs d’une haute raison , arrêter, chez les hommes , l’exercice abusif d’une volonté si souvent excitée par l’erreur ; et qui , cependant, se produit et agit avec toute l’assui'ance et l’énergie que la vérité seule doit donner, et peut seule légitimer?
Il paraîtrait urgent que ce nouveau droit put s’éla-
Wir généralement et fit reconnaître à tous les moyens suprêmes de réunion entre les deux partis si invin-
eiblement ennemis et opposés du moit humain et du
DROIT divin; qui, luttant avec animosité, cherchent à se détruire réciproquement jusque dans leurs principes, et menacent ainsi l’existence intellectuelle et morale du monde civilisé.
Puisse donc le sublime drapeau du droit de la VÉRITÉ s’élever bientôt sur toute la Terre , à côté et même au-dessus du drapeau distinct de chaque nation, pour y devenir le point de mire de toutes les âmes supérieures qui voudraient concilier par un savoir régénérateur et non par l’effusion du sang, les droits et les devoIrs sacrés des hommes !
Enfin , nous ferons encore remarquer que cette philosophie de l’histoire , en se fondant sur des principes très-élevés et conformes à la plus stricte raison, assigne aux actions humaines, dans leur FAIT même, une valeur propre infinie qui donne à l’homme la plus haute dignité morale ; et i[ue. de plus, il transpin*, dans cet ouvrage, un tel
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amour el une telle vénération pour Dieu et l’humanité, unis à tant de savoir, qu’il doit assurément inspirer une entière conliance , et devenir le guide de tout homme sérieux voulant, après un mûr examen des graves solutions de l’auteur, scruter lui-méme la question si impérative qui , parfois, demande, en terrifiant notre esprit :
A quoi bon tout ?
M”' y HOËNÉ WIIONSKI.