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MON RÊVE

Par une douce soirée d'été, j'étais assise dans le jardin; je m'endormis et je lis le rêve suivant :

Je revis les circonstances de notre vie d'école, et il me sembla que je recommençais cette vie. Il me semblait que les mêmes maîtres et les mêmes élèves étaient à leurs places ordinaires. Les objets de la salle occupent d'abord la place qu'ils avaient l'habitude d'occuper. Voilà dans le coin le vieux poêle tout rouillé et tout délabré ; on en a étayé la porte avec le tisonnier. Derrière lui est le bûcher que les garçons remplissaient à tour de rôle. La tribune, le pupitre du maître

derrière lequel il s'asseyait grave et solennel, et le maître lui-même tel qu'il était : les rangées de pupitres tous taillés •;t abîmés par les mains des petits êtres destructeurs, qui jouaient de si bons tours au maître qui ne se doutait de rien.

Ce maître, qui était myope et un peu sourd, n'était pas si prom[)t que ceux qui l'ont remplacé à découvrir les petits lutins. 11 me semblait les voir tous assis comme nous l'étions un jour lorsque, au moment où le silence \enait de s'établir dans la salle, quelqu'un poussa du dehors le cri de : « au feu! » Le maitre n'entendant pas ce cri, frappe du pied et se met en colère en voyant le tumulte causé par les élèves qui se précipitent tous vers la porte.

Enfin, quelqu'un lui apprend que le feu est à la maison. Alors, au comble de la frayeur, il se met à emporter les livres t't les papiers, pendant que les élèves se tordent de rire. Enfin après avoir emporté tout ce qui avait quelque valeur, il demande avec le plus grand calme oîi est le feu, et un écolier lui répond innocemment qu'il n'en sait rien, qu'il n'y a pas de feu. Le pauvre homme! il s'aperçoit alors qu'il s'est donné beaucoup de mal pour rien, car tout cela était un coup monté pour avoir congé l'après-midi. Mais lorsqu'il découvrit le tour, il nous força tous à remettre les choses en place. Si nous eûmes congé cette après-midi, nous n'en eûmes pas moins une forte besogne à faire.

Je m'éveillai juste au moment où l'on finissait de remettre tout en ordre. Mon rêve était un souvenir d'un temps qui est bien loin, et je me rendormis en pensant à mes jours d'enfance.

Jessie L.

Age : quinze ans.

Aurora ( Illinois i.

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