DE -L'EXTENSION DES CONGES AUX ETATS-UNIS
Introduction.
Différentes espèces de congés :
Fêtes nationales.
>'aissances.
Anniversaires.
Divers.
Effets des congés :
Meilleure santé.
Plus d'entrain.
Sanctification du dimanche.
Exemples de ces bons effets :
Allemands.
Anglais.
Écossais.
Développement :
Les Américains ont la réputation de poursuivre la richesse avec tant d'empressement qu'ils sacrifient tout pour l'acquérir. On sait que la dyspepsie est très-commune aux États-Unis. La raison en est que les habitants ne s'y livrent pas assez à un exercice salutaire. Ils s'appliquent trop exclusivement aux all'aires, ou bien ils tombent dans l'exlréme opposé et se livrent à la dissipation. Les honmies d'allaires ne se donnent pas le temps suCfisant ou ne choisissent pas le temps convenable pour prendre leurs repas et, par là, ils se font mai à l'estomac. Leur esprit est accablé par des travaux et des préoccupations continuelles; c'est pour cela que leurs nerfs s'irritent et qu'ils vieillissent avant le temps.
Les habitants des États-Unis sont assurément en retard sur les autres nations par rapport au nombre des fêtes qu'ils observent. Nous ne savons pas même bien employer celles que nous avons, et peut-être faudrait-il commencer par là avant d'en établir d'autres. Prenez, })ar exemple, le 4 juillet, jour dont les Américains devraient être excessivement fiers et qui devrait être une des plus grandes fêtes. C'est à peine si ce jour est célébré autrement que par les enfants qui tirent des pétards, à la terreur des passants. Peut-être y a-t-il un marché de chevaux, où se rendent en foule les acheteurs. Les marchands. tiennent leurs boutiques ouvertes, parce que c'est un bon jour pour la vente.
Lorsque les hommes ne songent qu'aux affaires, ils travaillent péniblement d'un bout de l'année à l'autre, sans jamais se débarrasser de leurs soucis, même pour un seul jour. La conséquence est qu'ils deviennent moroses et qu'ils n'ont aucune idée sur tout sujet qui ne touche pas aux affaires.
Les uns, au lieu de passer une agréable soirée avec leur famille, rentrent chez eux et se mettent à lire leur journal ; toute conversation cesse dès qu'ils entrent. D'autres, voulant s'oublier eux-mêmes, se plongent avec frénésie dans le tourbillon du monde, ou bien vont noyer leurs soucis dans le vin.
11 semble qu'on pourrait éviter quelques-uns de ces excès. Si les hommes d'affaires voulaient prendre un jour ou deux de simple récréation, ils éprouveraient un grand soulagement au
moral el au physique. Leur esprit serait reposé, de sorte qu'en retournant au travail ils ne commettraient pas les bévues <|u'ils commettent et ils s'épargneraient ainsi beaucoup d'ennuis. Mais les hommes d'affaires ne sont pas les seuls à souffrir du manque de récréation. Les maîtres qui essayent de faire entrer le latin et les mathématiques dans l'esprit obtus des élèves auraient peut-être plus de patience si on leur accordait plus de congés. Les ménagères, qui passent toute leur journée dans la cuisine et toute leur soirée penchées sur la corbeille cà lino-e, verraient sans peine un peu de changement dans leur existence.
11 y a bien des moyens de passer un jour d'une manière profitable et agréable. On peut faire des repas champêtres, des parties de bateau, des promenades. Chaque famille pourrait avoir sa série de petites fêtes en célébrant les naissances et les anniversaires des mariages. Ces attentions ont une influence bienfaisante et fournissent des sujets de pensées agréables pour l'avenir.
Si nous voulons voir l'influence qu'un peu plus de récréation exerce sur la santé, considérons les Allemands, Ce peuple est connu pour le grand nombre de fêtes qu'il célèbre. Ils jouissent de la vie presque aussi bien que n'importe quelle nation, ils sont de bonne humeur, bien portants et vivent longtemps. Les Ecossais et les Anglais sont aussi très-vigoureux. Ces peuples prennent beaucoup d'exercice au grand air, ils se livrent à la chasse et à beaucoup d'autres jeux.
Un plus grand nombre de jours de congé, s'ils étaient convenablement employés, conduiraient les hommes à penser un peu plus aux autres et un peu moins à eux-mêmes. Cn autre effet de cette innovation serait de placer le pauvre sur un pied d'égalité avec le riche. Le riche et le pauvre sont séparés par une trop grande distance. Beaucoup d'hommes se perdent faute de sympathie de la part de leurs semblables. Si on leur rendait la vie plus agréable, on pourrait peut-être les amener à se conduire autrement. Un autre effet qui pourrait résulter de l'augmentation des jours de congé, ce serait la meilleure sanctification du dimanche. Dans les grandes villes surtout, le dimanche est regardé par beaucoup de gens comme un jour où l'on peut se livrer à toutes sortes de plaisirs plutôt que comme un jour de repos. On n'a pas d'autre jour d'amusement, alors on prend le dimanche,
Jennie B.
Age : dix-sopt ans.
Aiirora (Illinois).
306 HIGH SCirOOLS.