Conclusion
Thèse : Le bien-être des États-Unis demande qu'on décourage l'immigration.
1° Introduction.
Les États-Unis augmentent rapidement en richesse, en puissance et en population. Si leur prospérité future répond à leur prospérité passée, ils ne tarderont pas à occuper le premier rang parmi les nations.
Mais nous ferons bien de nous arrêter et de nous demander si l'on fait tout ce que l'on peut faire pour le pays et si tout ce que l'on fait tend à son bien. En d'autres termes, pour aborder notre sujet, est-il nécessaire de décourager l'immigration pour que notre pays puisse prospérer?
Nous reconnaîtrons que l'immigration a fait beaucoup pour le pays. C'est elle qui a contribué à le mettre dans la condition où il est actuellement. Mais elle a assez fait et nous déclarons
(jue le l)ieii-èlre des Étals-Unis exige qu'on décourage l'immigralion.
2° Arguments en faveur de V affirmative.
1. A aucune époque de notre histoire la dépravation n'a été aussi accentuée qu'elle l'est actuellement. Elle paraît dans nos conversations aussi bien que dans nos actions. Et l'immigration n'a-t-elle pas puissamment contribué à corrompre notre langue? Les deux tiers de ceux qui viennent ici n'ont jamais fréquenté une- école d'aucune espèce. Comm^ l'éducation n'est pas forcée ici, ils n'essayent pas de rien apprendre en fréquentant une école. Us ne comptent que sur ce qu'ils apprendront des autres. Us saisissent certaines phrases de notre langue qu'ils ne comprennent pas, ils les contournent à leur façon et dénaturent ainsi la phrase primitive qui n'a plus de sens. C'est ainsi que nous devons aux étrangers ignorants nos expressions bizarres. C'est ainsi que notre langue et notre style familier ont beaucoup à souffrir de leur part.
Voilà pourquoi beaucoup de nos habitudes sont si honteuses. Ceux qui viennent aux Etats-Unis apportent leurs coutumes avec eux. Ces coutumes sont adoptées par les classes inférieures de ce pays qu'ils fréquentent, et celles-ci les introduisent dans la nation. Voyez, par exemple, la coutume de servir au dîner des liqueurs spiritueuses, qui est si répandue et qui est la source de tant de maux. Nous savons que c'est la coutume chez les peuples plus vieux que nous, et principalement chez les Allemans et chez les Irlandais. Nos restaurateurs ne sont-ils pas tous des Allemands ou des Irlandais?
Nous avons assez de mauvaises habitudes nationales sans que les immigrants viennent nous en apporter d'autres.
2. D'un autre côté, l'immigration est la cause de beaucoup de troubles dans notre gouvernement, dans nos relations sociales et dans nos écoles.
Les étrangers ont beaucoup entendu parler de notre système de gouvernement, et peut-être pensent-ils qu'il y aura de grands avantages pour eux àvivre dans un pays oùil y a plus de liberté. Nous savons bien qu'il leur faudra habiter six ans ici avant d'avoir les droits de citoyen. Mais môme après ce séjour ils connaissent bien peu nos lois et ils votent en aveugles. Voilà pourquoi il y a dans les emplois publics tant d'hommes qui ne sont pas à leur place.
372 HIGII SCHOOLS.
D\in autre côté considérons la question qui est actuellement soumise au peuple : « Faut-il retirer la Bible de nos écoles? »
Ce motif de trouble n'a-t-il pas été imaginé par les étrangers ignorants et superstitieux? S'ils réussissent et s'ils parviennent à faire ce premier pas, à quoi s'attaqueront-ils ensuite?
3. C'est l'immigration qui a établi les tirs et les jardinsbrasseries dans les faubourgs de nos belles cités.
Ces endroits sont principalement fréquentés le dimaiiclie par les étrangers vulgaires et par quelques Américains des basses classes. Ainsi non-seulement ils profanent le jour du sabbat, mais encore ils portent préjudice au caractère du pays.
Mais les étrangers sont ici ; nous avons adopté jusqu'à un certain point leurs coutumes et leur genre de vie; notre langue a été modifiée : on ne peut pas revenir sur ce qui a été fait. Si nous voulons sauvegarder la réputation et la moralité des États-Unis, ij ne faut pas encourager l'immigration.
3° Arguments en faveur de la négative.
1. On nous dit que l'immigration augmente la ricbesse nationale et qu'en l'interdisant nous priverons la caisse de l'État d'une somme considérable.
Les statistiques prouvent que le gouvernement, depuis son origine, a reçu de ce côté sept milliards de dollars, ^''oublions pas qu'il faut défalquer de cette somme ce qu'on a été ol)ligé de paver pour l'entretien des étrangers dans les liospices, dans les prisons et dans les bôpilaux. Ce cbapitre du budget exige un revenu assez considérable.
2. On dit que l'innnigration nous fournit nos meilleurs ouvriers, que nos fabriques de voitures et nos autres manufactures sont remplies de gens de cette classe.
Nous admettons qu'ils forment une classe de bons ouvriers. Mais la plupart d'entre eux ne le deviennent qu'après avoir été instruits et exercés par les Américains. Ils possèdent le talent, mais il faut que ce talent soit développé par l'éducation.
Quelques personnes prétendent que l'immigration fortifie le gouvernement. Elles disent que les immigrants, venant d'un pays 3Ù il y a un abîme entre les hautes classes de la société et le peuple, et voyant qu'ici tout le monde a les mêmes droits, s'éprennent d'affection pour notre système de gouvernement, et font tous leurs efforts pour le soutenir.
Cela peut être vrai. Mais il y a beaucoup de lois qu'ils s'ob-
slinent à violer, et ils ne manquent pas de le faire lorsqu'ils peuvent, par un moyen quelconque, échapper au châtiment. Puis on dit que nos lois ne sont pas assez sévères !
3. Beaucoup de personnes pensent que l'immigration est un bienfait pour le pays parce qu'elle contribue à le peupler et à Tembellir. Nous savons qu'il ne s'écoule pas beaucoup de temps avant que les plus Agés des immigrants s'établissent dans quelque ville, où ils obtiennent une petite maison et peutêtre un petit champ de terre. Tous les ans ils augmentent leur propriété et finissent par voir le luxe s'établir à leur foyer. Une telle conduite ne contribue pas seulement à la richesse de la ville, elle contribue aussi à son embellissement.
Nous savons que le pays est grand et que c'est une belle chost; de le peupler entièrement, mais encore est-ce bien nécessaire"? Et faut-il sacrifier la réputation de notre pays à sa l'ichesse, à sa puissance et à sa beauté ?
l" Conclusion.
Dans ce siècle, où l'on n'a d'amour que pour l'argent, où le vice se montre sous toutes ses formes, nous devrions arrêter sur nos frontières, toutes les fois que cela est possible, tout ce qui tend à causer un préjudice à notre pays.
isous ne disons pas qu'il faut interdire l'immigration, car cela est impossible ; mais nous déclarons que, vu la dépravation des États-Unis, le bien-être futur de ce pays exige que l'immigration soit découragée.
Age : seize ans.
Aurora (IHinoisi.
O/. — ACTUALITES.
Quest. 1 . — Comment se propose-t-on de célébrer le cen tième anniversaire de notre indépendance nationale, et quels préparatifs a-t-on déjà faits en vue de cet événement ?
Rép. — Le centième anniversaire de notre indépendance nationale sera célébré par une grande Exposition qui aura lieu à Philadelphie cet été et cet automne. Un grand nombre des bcàtimenls sont déjtà terminés et l'on y a transporté beaucoup des ohjets qui doivent être exposés.
37i TIIGH SCHOOÎ.S.
Quest. ^. — Nommez ()ua(rc des j)lus émiiients candiclals pour la prochaine éleclion présidentielle. Indiquez leur tilre officiel actuel et diles dans quels Etals ils demeurent.
Ri')). — Uoscoe Cenkling, sénateur pour New York ; Blaine, meml)re de la Chambre des repi'ésentants pour le Maine ; le général Ilendricks, d'iiuliaua, et G. H. Curlis, rédacteur en chef du llarpcrs Weehiy, et qui est aussi un grand orateur, sont candidats à la l*résidence,
Quesit. 3. — Nommez deux personnages distingués morts récemment.
Rép. — Charlotte Cushman et lîeverdy Johnson.
Quest. i. — Quelles sont les fraudes et les opérations délictueuses dont les Rings (1) politiques se sout rendus coupables dans ces derniers temps ?
Rép. — On peut citer l'association pour la fraude du whisky, la iMine Eunna, et les concussions de Belknap sur les marchés passés avec les fournisseurs de l'Etaî.
Qnest. 5. — Noiumez quatre membres du cabinet du Président Grant. Diles quel changement a eu lieu récenuuent et pourquoi ?
Rép. — Secrétaire d'Etat : Ilamillou Fisli ;
Secrétaire de rinlérieur : Chaiuller ; Secrétaire de la Guerre : .Vlphonse Saft. Secrétaire de la 3Iarine : Robesen.
Belknap, le dernier ministre de la Guerre, étant accusé de malversations, a donné sa démission; Saft a été élu à sa place.
Quest. G. — Nommez quatre grands journalisles du jour et dites dans quels journaux ils écrivent.
Rép. — George \Villiam Curtis, rédacteur en chef du Harper's Weeklij;\s"\\\lvim Bryant, rédacteur eu chef du Xen^ York Post ; Whitelan lîeed, rédacteur en chef de la Tribune, et Jones, l'édacteur en chef du Times.
Quest. 7. — Nommez quatre grands poêles américains et trois grands prosateurs.
Rép. — Longfellow, Whittier, Bryant et M'"^ Downing sont d'illustres poêles américains; C. L. Clemeus, Georges Bancroft et .... {"2) sont d'illustres prosateurs.
(1) On appelle ainsi en Aniériipie des associations de spéculateurs qui enipIoieiU tous les moyens pour se rendre maîtres du marché.
(Xote du Traducteur.)
(2) Le troisième nom est illisible.
Qucst. 8. — Nommez quatre ecclésiastiques éminents et deux jurisconsultes célèbres.
Rép. — Dick Stows, Charles Hodge, l'évêque Simpson et l'évêque Cox sont des ecclésiastiques éminents.
Dudlay Fields et Evarts sont des jurisconsultes célèbres.
Qnest. 9. — Nommez six membres du Sénat des États-Unis, -et dites par quels P^tats ils ont été nommés.
Quest. 10. — Citez deux accidents épouvantables (jui ont eu lieu dernièrement.
Rép. — L'incendie de Brooklyn, à Thospice des Vieillards ; la collision des bateaux à vapeur dans la Manche ; le cyclone, ■dans le Wisconsin, sont des désastres récents.
Gertrude C.
Age : quinze ans.
Corrv (Pennsylvanie).