SCÈNE VU
Toujours Cartilage. La cour du palais. Au centre, le bûcher funéraire, au sommet duquel sont entassés les armes, les vêtements d'Énée. Didon se précipite furieuse, monte sur le bûcher et saisit l'épée qui jadis lui fut donnée par Énée.
DiDO.N {tout en larmes).
Dépouilles qui me fûtes chères tant que les destins et les dieux le permirent, recevez ma vie et délivrez-moi de mes maux. J'ai vécu et j'ai fourni la carrière que la fortune m'avait tracée, et maintenant mon nom illustre se répandra dans toute la terre. J'ai fondé une grande cité-. J'ai vu mes murailles. J'ai vengé mon mari et j'ai puni un frère qui m'était hostile. Heureuse, hélas ! trop heureuse si jamais les vaisseaux troyens
TRADUCTION EN FORME DE DRAME. d'Jd
n'avaient touché nos rivages. {Elle appuie ses lèvres sui' la couche.) Mourrai-je sans vengeance? Mais je veux mourir! ("est ainsi, c'est ainsi (elle se frappe deux fois de Vépée) qu'il me plaît de descendre chez les ombres! Que le barbare Dardanien voie ces flammes de la haute mer et qu'il emporte avec lui la nouvelle de ma mort.
Elle tombe sur le fer en poussant des cris. Les femmes attirées par ses cris la placent inanimée sur la couche. La Renommée répand cette nouvelle dans toute la cité. Anna accourt folle de douleur.