MAUD MULLER
(7* année.)
Un beau jom- d'été, Maud Muller râtelait du foin dans la prairie. Elle chantait joyeusement tout en travaillant, et l'oiseau moqueur perché sur son arbre lui répondait. Ses regards se tournèrent vers la ville lointaine, et une vague inquiétude remplit son cœur; son doux chant cessa.
Pendant qu'elle se livrait à ses pensées, un juge passa à cheval dans le sentier ; il arrêta son cheval et demanda une gorgée d'eau du ruisseau dont on entendait le murmure. Elle se baissa et remplit son gobelet d'étain. Le juge la remercia et se dit qu'elle était bien belle. Il parla ensuite du temps et de la fenaison. Et Maud oublia ses vêtements déchirés et ses pieds nus, et écouta le juge, charmée et surprise en sentant que les yeux du juge étudiaient son visage. Enfin il s'en alla.
Maud le suivit des yeux en soupirant. « Oh! mon Dieu, comme je voudrais bien être sa fiancée ! Il me donnerait de beaux vêtements de soie, et papa, maman et mon frère ne manqueraient de rien, et le bébé aurait beaucoup de joujoux pour s'amuser. Je nourrirais et j'habillerais les pauvres, je les entendrais me bénir en quittant ma porte. »
Tels étaient ses projets; mais sa destinée fut tout autre. Elle épousa un rustre qui ne voulut rien faire pour son entretien, et qui se contentait de boire de la bière et de s'étendre nonchalamment au coin du feu. Le juge épousa une femme riche et distinguée, mais jamais il ne fut aussi heureux qu'il l'aurait été avec Maud. Que Dieu ait pitié d'eux, car lorsqu'ils
(1) Cette reproduction en prose de la célèbre idylle de Whittier a été donnée comme sujet, dit la première feuille du volume exposé par la Gaston School, « aux élèves de 7* année, après 30 minutes de » conversation sur le sujet : il était accordé une heure et demie pour )) la rédaction en classe, sous l'œil du professeur. -8 élèves sur 33 " ont remis une copie. » La plupart étaient très-analogues à celle-ci.
48 GRAMMAR SCIIOOLS.
se rappellent les jours de leur jeunesse, ils sont mécontents l'un et l'autre, et chacun d'eux se dit la chose la plus triste qu'on puisse se dire ici-bas : « Hélas ! cela aurait pu être pourtant ! »
Katie m.
Age : quatorze ans.
Boston (Massachussets). Gaston grammar School.