JADIS ET aujourd'hui
S'il est une chose dont je puisse me vanter avec orgueil, c'est d'être Américaine et de pouvoir jouir pleinement du Centenaire qui aura lieu cette année.
Cette grande époque arrive au moment où nos esprits, complètement développés, peuvent recevoir la plus profonde impression et conserver le plus vif souvenir des gra^fies choses qui auront probablement lieu à cette grande Exposition. Je la visiterai certainement si le ciel me' conserve la santé, comme toutes les écolières doivent le faire.
Nous pourrons alors voir tout à notre aise la variété de costumes dont notre petite ville nous a donné déjà ime idée à nous autres, petites filles, et a excité notre curiosité avec les bateaux de plaisir pour le Centenaire.
Nous avons vu représenter le général Washington et lady Washington par des gens qui feraient honte au général et à sa mère, s'ils pouvaient être là.
Beaucoup peuvent en porter l'habit, mais combien peu en ont le caractère! Comme je l'ai entendu dire à l'un de nos savants pasteurs : c 11 ne pousse plus de tels hommes maintenant. »
* Cependant nous avons des hommes intelligents en 1876, comme il y en avait en 1776, et des femmes intelligentes, mais un peu dégénérées.
Il semble qu'il y eût plus d'unité alors qu'il n'y en a aujourd'hui ; on croyait alors que le bonheur dépendait des affections qu'on pouvait inspirer, chose que nous n'admettons plus généralement.
Les générations actuelles sont plus dures, plus froides, et le principal objet est de chercher à se procurer de l'argent (je regrette de le dire). Consultez les journaux (juotidiens, et vous trouverez des colonnes pleines de meurtres et de vices de toute espèce, le tout principalement en vue de l'argent.
Je me demande si nous pourrions supporter les privations
A PROPOS DU CBNTENAIRE. 157
que les hommes et les femmes supportaient jadis, et si nous avons un général qui ressemble au général Putnam et qui puisse, en quittant la charrue, prendre le commandement des troupes comme il le fit.
Y a-t-ii parmi nous -des mères et des sœurs qui éveilleraient leurs ûls et leurs frères à minuit pour les envoyer combattre pour rindépendance ?
La lecture de quelques-uns doi exploits audacieux accomplis à cette époque fait courir dans mes veines un frisson patriotique*
Nous sommes un peuple intelligent^ oui, mais sommes-nous aussi honnêtes qu'intelligents ?
J'arrive maintenant à la fin de cette composition qui, m'a-t-on dit, a été donnée à l'occasion du Centenaire. J'espère qu'on ne la critiquera pas trop sévèrement, car elle est due à la plume d'une Molière.
Je puis répondre de l'originalité de ce travail ; quant à se» mérites, je me soumettrai au jugement de meilleurs juges.
Laura D.
Âge : dix ans, Patterson, comté de Passaïc (îîew Jersey). District n» 5. — École rurale.