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Gomme ils sont peu nombreux les hommes qui n'ont pas vécu seulement pour eux-mêmes, mais pour leur pays et pour toute la race humaine! Le fameux George Washington nous olTre un modèle de ce genre. 11 naquit à Bridges Creeck, dans le comté de Westmoreland, en Virginie, le 22 février 1732. C'est à
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peine s'il a existé un homme vraiment grand dont le caractère ait été plus admiré pendant sa vie. Il était Virginien de naissance et il n'avait pas reçu d'autre éducation que celle de la famille et de l'école commune. Son esprit paraît s'être tourné complètement vers les mathématiques et il devint de bonne heure arpenteur. Ses passions étaient violentes, à la vérité, mais il s'efforça de les gouverner et de les dompter. Il surpassa par sou caractère, par sa vertu et par sa bonté tous les grands hommes qui ont jamais vécu.
Washington se distingua par sa sincérité, par son esprit viril et par son énergie. A seize ans il était bon arpenteur. A dix-neuf ans il était adjudant dans la milice d'un district de Virginie et il avait le rang de commandant. En 1775 il fut nommé commandant en chef de l'armée américaine. Mais comme il n'était pas toujours heureux dans les batailles qu'il livrait, le Congrès proposa de lui retirer son commandement pendant qu'il était dans ses quartiers d'hiver (1777-1778). C'est ce qu'on appela la cabale do Conway. Quand le peuple entendit parler de cette cabale, il s'indigna à tel point que ceux qui avaient fait cette proposition se contenu tèrent de garder le silence.
En 1789 il fut nommé président des États-Unis. 11 fut élu par tous les partis. Il exerça deux présidences, et il aurait été élu une troisième fois s'il n^avait pas refusé. Pendant son administration, trois États furent admis dans l'Union*, savoir : Vermont en 1791, Kentucky en 1792 et Tennessee en 1796. Le cabinet de Washington était composé de la manière suivante : Alexandre Hamilton, secrétaire des finances; Thomas Jefferson, secrétaire d'État; Henri de Knox, secrétaire de la guerre, et Edouard Randolph, avocat général. Au commencement de la seconde présidence de Washinglon e pays fut agité par la Révolution française (1). Beaucoup d'Américains désiraient secourir la France dans la lutte qu'elle soutenait contre l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande, mais Washington savait que le parti le plus sage pour les États- Unis était de garder la neutralité.
Si Washington avait eu autant d'ambition que Napoléon,
(1) En 1793, la Convention envoya en Amérique un ambassadeur nommé Genêt. Il fut d'abord très-bien reçu ; mais il voulut lever des soldats et armer des corsaires contre les Anglais. Il ne tint pas compte des observations de Washington, qui demanda et oh^'ûit son rappel en 1794. (Note du Traducteur}
tfé ORAKMAR SGHOOLS.
il aurait pu être dictateur à vie aussi bien que lui. Gomme chei de la République, jamais on ne le surpassa en jugement ou eu patriotisme.
Tout jeune, c'était lui que le gouverneur Dinwiddie avait choisi pour une expédition qui était difficile et dangereuse. Plusieurs jeunes gens à qui cette commission avait été offerte l'avaient refusée, ne se sentant pas assez de courage; mais Washington était né pour sauver son pays et non pas pour chercher uniquement ses aises.
La retraite de Washington eut lieu à la fin de sa seconde administratian qui se termina le 4 mars 1797. Il publia son discours d'adieu, où respire la plus haute sagesse politique et le plus pur patriotisme. A la fin de sa présidence il se retira à Mount-Vcrnon. Il y mourut dans sa soixante-hoittème année, le 14 décembre 1799. Tous les Américains prirent le deuil pour témoigner leur douleur sincère.
Quoiqu'il y ait longtemps que Washington est mort, tout le monde honore et admire son nom, et les petits enfants mêmes connaissent son génie. Dans un vote par lequel le Congrès déplorait sa mort, il est appelé « le premier dans la guerre, le premier dans la paix et le prt^mier dans le cœur de ses concitoyens. 1
Sophie B.
Age : onze ans.
Miiwaukee (Wiscunsin). — District n* 2.