UN CHAPITRE SUR NAPOLEON
C La guerre, dit Napoléon, est la science des barbares. » Cet infortuné a raison ; c'est, la science de la barbarie, et Napoléon, d'après sa propre théorie, fut Un barbare parce qu'il mit en feu le continent de l'Europe, uniquement pouf satisfaire son insatiable ambition.
Il voulait agrandir le royaume de France et il l'agrandissait sans s'inquiéter du prix que cela pouvait coûter. Des milliers d'hommes se rassemblèrent sous sa bannière, mais quel fut le résultat ? Gagna-t-il quelque chose à la fin ? Non : toutes les provinces qu'il avait annexées à la France retournèrent, aprài la bataille de Waterloo, aux pays d'où il les avait arrachées.
U disait qu'il aimait la France, mais son amour pour ce pays n'égalait pas son ambition, sans cela il n'aurait pas fait répandre tant de sang. 11 aurait dû déposer la couronne s'il avait aimé la France et il n'aurait pas dû hésiter à devenir simple citoyen pour le bien de ce pays. Mais non, il voulait porter une couronne, fût-elle acquise par la mort de la France.
HISTOIRE. 18i
0 n'était même pas légitimement empereur de France, il se couronna lui- même en prenant la couronne des mains du Pape et en se la plaçant sur la tête : se couronnant ainsi au lieu d'être couronné empereur des Français. Mais son ambition ne s'arrêta pas là. Non content d'avoir dérobé la couronne de France, il parait bientôt dans la lice en Italie, où il se fait proclamer roi d'Italie à Milan, et place sur sa tête la fameuse couronne de fer deirois lombards.
De plus, son divorce montre son véritable caractère. Jamais certainement femme n'eut plus d'amour pour un homme que Joséphine n'en eut pour Napoléon, mais Û s'en sépara pour le € bien de la France >, disait-il. Il lui dit qu'il l'aimait, peu de temps après le divorce, et qu'elle occuperait la première place dans son cœur après la France. Malgré cette protestation, il épousa Marie-Louise d'Autriche, et pourquoi? Parce que, par son mariage avec cette dernière, il s'alliait à l'une des plus grandes puissances du globe et que son beau- père lui viendrait Msarément en aide dans les guerres où il était engagé.
Je termine par cette déclaration : Napoléon fut assurément on grand génie» mais ce fut un très-mauvais génie.
Edoard L.
Age : quatorze ans.'
Comté de Monmouth (New Jersey). — District n"* 45, école rurale.