DàNS QBNT ANS D'IO
Nous vivons véritablement dans un siècle de merveilles Gomme nous avons perfectionné depuis quelques années toutes les inventions qui ont pour but Famélioration de notre condi^ tion terrestre f
Les bateaux à vapeur, les locomotives, les machines pour le coton, le télégraphe électrique, les machines à coudre et à tricoter, la photographie, le gaz, l'emploi du charbon, les fourneaux, les poêles ont changé l'aspect de la vie humaine.
On peut dire que la science moderne n'existe presque que depuis cent ans, et qu'on a mis moins de la moitié de cette période à en faire l'application.
Partout autour de nous nous voyons le progrès et les grandes réformes sociales. Ce progrès ne peut pas s'arrêter, il continuera et prendra chaque année plus d^mportance.
Écartons le voile qui nous cache l'avenir, et voyons quelques» unes des choses qui sont réservées à l'homme.
D'aujourd'hui en cent ans, les rues de nos grandes villes seront pavées en fer et les camions et les chariots seront traînés par la vapeur. Personne ne s'opposera à cette innovation» sous prétexte que ces machines effrayeraient les chevaux, car il n'y aura plus de chevaux à effrayer.
Le f armer labourera son champ, sèmera et coupera son blé, h battra et le portera au marché à l'aide de la vapeur; il économisera ainsi 50 pour iOO de travail et de temps
Le voyageur qui se rendra de Chicago à New York, ou à Boston, montera dans un ballon et non plus dans une voiture de chemin de fer. S'il a une distance moins grande à parcourir, il attachera sur ses épaules sa machine volante, et, ouvrant ses
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aile», tl partira ôomme Darius Gveeti; vè^Aè il éeieendra plus heorettsêment que eet inforlimé imitateur dlcare.
La correspondance ne sera plus expédiée par le chemiii de fer, car ee mode de iPftnsport sera beaucoup trop l^dt pour l'époque. Déjà, à Loadres, on se sert, pour les petits paquets, de chariots miniatures que Ton pousse à traters des tubes exae^ tement eomme le boulet lancé par un canon.
Lorsque ees petits ehaHots seront devenue d^in usagée général, il esit bien probable qu'on en fera de plus grands qui seront organisés pour le transport des Tt>yageurs.
C'est un feit bien connu que le son se communique à tra- Tem les tubes. D'après ce principe, les Tilles seront approfi*sionnées de musique comme elles sont approvisionnées de gat. L'orgue, ou tout autre instrument, sera placé dans la ville ou près de la ville» et des tuyaux lé mettront en icommunication avec toutes les malsons où l'on voudra avoir de la musique. Puis on mettra l'orgue en mouvement et quand on voudra entendre un air de musique, on n'aura qu'à tourner un robinet (i).
On pourra ainsi assister, à New York ou à Boston, à un concert donné à Paris.
Quoique nous soyons déjà familiarisés avec l'extérieur des planètes, cependant nous levons vers le ciel des regards ardents. Nous avons un vague pressentiment que le firmament qui s'étend sur nos têtes contient quelque chose de plus que des corps non habités. Et nous croirioils volontiers que ces corps célestes peuvent être le séjour d'une race d'êtres semblables à nous.
Pourquoi n'auraient-ils pas des habitants qui, grâce à une vue plus perçante ou à des lunettes plus fortes, nous observent pendant que, occupés de nos progrès, nous attendons impatiemment le moment où nos instruments perfectionnés nous permettront de répondre à leurs signaux ?
Puisque la même lumière tombe sur eux et sur nous, et que les rayons en sont réfléchis d'une planète à l'autre, qui sait si notre monde ne pourra pas alors communiquer avec les pla-
(1) On peut lire dans les journaux américains de ces derniers temps la description d'un appareil qui prétend réaliser ces espérances, le téléphone, expérimenté le 20 février 1877 entre Boston et Salem, villes du Massachusetts (environ 30 kilomètres) par le professeur Bell.
{Note du Traducteur.)
nètes voisines et celles qui sont plus éloignées? Alors rechange de la pensée se ferait avec la rapidité de Téclair dans tous les mondes éclairés par le soleil.
Le passé a vu de brillants succès en médecine» cependant il nous est permis d'espérer qu^il viendra un temps où une connaissance plus complète de la médecine et des maladies, de meilleures habitudes et une vie plus pure, permettront aux hommes de vivre aussi longtemps qu'avant le déluge.
Et puisque la science jointe à l'art a su remplacer par des parties artificielles presque toutes les parties du corps, telles que les jambes, les bras, les dents, le nez, les yeux, les oreilles et les cheveux, est-il déraisonnable de supposer que l'on pourra rendre à l'homme cassé par l'âge sa première jeunesse?
Les exigences de la société deviennent de jour en jour si impérieuses que dans cent ans nos dames seront obligées de passer tout leur temps à s'habiller, à faire des visites et à s'acquitter des devoirs de leur profession.
Afin de leur permettre d'employer ainsi leur temps, on inventera sans doute une machine pour faire les travaux de ménage. L'homme de ménage, en se levant le matin, n'aura qu'à toucher un bouton, et une étincelle électrique allumera le gaz du fourneau. Alors rhomme de ménage (car alors il n'y aura plus de femmes de ménage) passera une ceinture, et un être au coeur et aux mains de fer servira le café, battra les œufs, fera cuire la viande et griller le pain. L'homme de ménage passe une autre ceinture et les assiettes sortent bruyamment du buffet : la table est mise.
Le repas terminé, une autre roue tourne, les assiettes sont lavées, l'appartement est balayé et aéré, les meubjes sont époussetés et mis en ordre : le travail du matin est terminé. La dame peut sortir pour aller voter, visiter un malade, ou plaider un procès.
Dans la soirée, l'homme de ménage passe une autre ceinture et l'on voit s'avancer une machine munie de plusieurs bras. Elle prend les enfants l'un après l'autre, les met dans un baquet où elle les lave vigoureusement pendant dix ou quinze minutes, puis elle les lance dans leur lit.
Le travail de la journée est ainsi terminé : on a économisé du temps et personne ne s'est mis en colère.
Cette machine n'aura pas de faiblesses à satisfaire : elle n'aura besoin ni de passer les dimanches dehors, ni de rece*
voir ses cousins à la maison. Elle n'aura pas de parerits pauvres faisant toujours les yeux doux au beurre, au sucre et à la farine. Et maintenant, lecteurs bienveillants, laissez-moi vous souhaiter de vivre encore cent ans pour que vous puissiez voir le glorieux accomplissement de toutes ces choses.
CouRTNEY s.
Aurora (iUinois).