‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 265 sur 355 · Elle peuple et embellit le pays · texte numérisé non relu

Elle peuple et embellit le pays

4° Conclusion.

Thèse : Le,bien-étre des Ëtats-Unis demande qu'on décourage rimmigration.

!• Introduction.

Les États-Unis augmentent rapidement en richesse, en puisbance et en population. Si leur prospérité future répond à leur prospérité passée, ils ne tarderont pas à occuper le premier rang parmi les nations.

Mais nous ferons bien de nous arrêter et de nous demander si Ton fait tout ce que l'on peut faire pour le pays et si tout ce que Ton fait tend à son bien. En d'autres termes, pour aborder notre sujet, est-il nécessaire de décourager l'immigration pour que notre pays puisse prospérer?

Nous reconnaîtrons que l'immigration a fait beaucoup pour le pays. C'est elle qui a contribué à le mettre dans la condition où il est actuellement. MaI^ elle a assez fait et nous déclarons

que le bien-être des États-Unis exige qu*on décourage Timmigration.

2» Arguments en faveur de VafftrmaUve,

1. A aucune époque de notre histoire la dépravation n'a été aussi accentuée qu'elle l'est actuellement. Elle paraît dans nos conversations aussi bien que dans nos actions. Et l'immigration n'a-t-elle pas puissamment contribué à corrompre notre langue? ' Les deux tiers de ceux qui viennent ici n'ont jamais fréquenté une école d'aucune espèce. Gomme l'éducation n'est pas forcée ici, ils n'essayent pas de rien apprendre en fréquentant une école. Ils ne comptent que sur ce qu'ils apprendront des autres. Ils saisissent certaines phrases de notre langue qu'ils ne comprennent pas, ils les contournent à leur façon et dénaturent ainsi la phjrase primitive qui n'a plus de sens. C'est ainsi que nous devons aux étrangers ignorants nos expressions bizarres. C'est ainsi que notre langue et notre style familier ont beaucoup à souffrir de leur part.

Voilà pourquoi beaucoup de nos habitudes sont si honteuses. Ceux qui viennent aux États-Unis apportent leurs coutumes avec eux. Ces coutumes sont adoptées par les classes inférieures de ce pays qu'ils fréquentent, et celles-ci les introduisent dans la nation. Voyez, par exemple, la coutume de servir au dîner des liqueurs spiritueuses, qui est si répandue et qui est la source de tant de maux. Nous savons que c'est la coutume chez les peuples plus vieux que nous, et principalement chez les Ailemans et chez les Irlandais. Nos restaurateurs ne sont-ils pas tous des Allemands ou des Irlandais?

Nous avons assez de mauvaises habitudes nationales sans que les immigrants viennent nous en apporter d'autres.

2. D'un autre côté, l'immigration est la cause de beaucoup d^ troubles dans notre gouvernement, dans nos relations sociales et dans nos écoles.

Les étrangers ont beaucoup entendu parler de notre système de gouvernement, et peut-être pensent-ils qu'il y aura de grands avantages pour eux à vivre dans un pays où il y a plus de liberté. Nous savons bien qu il leur faudra habiter six ans ici avant d'avoir les droits de citoyen. Mais même après ce séjour ils connaissent bien peu nos lois et ils votent en aveugles. Voilà pourquoi il y a dans les emplois publics tant d'hommes qui ne sont pas à leur place.

372 HIGH SCHQOLS.

D^ttii autre côté considérons la question qui est actuellem^t soumise au peuple : c Faut-il retirer la Bible de nos écoles? i

Ce motif de trouble n'a-t-il pas été imaginé par les étrangers ignorants et superstitieux? S'ils réussissent et s'ils par- Yiennent à faire ce premier pas, à quoi s'attaqueronl-ils ensuite?

3. C'est l'immigration qui a établi les tirs et les jardinsbrasseries dans les faubourgs de nos belles cités.

Ces endroits sont principalement fréquentés le dimanche par les étrangers vulgaires et par quelques Américains des basses classes. Ainsi non-seulement ils profanent le jour du sabbat, mais encore ils portent préjudice au caractère du pays.

Mais les étrangers sont ici ; nous avons adopté jusqu'à un certain point leurs coutumes et leur genre de vie ; notre langue a été modifiée : on ne peut pas revenir sur ce qui a été fait. Si nous voulons sauvegarder la réputation et la moralité des États-Unis, il ne faut pas encourager l'immigration.

3* Arguments en faveur de la négative.

i. On nous dit que l'immigration augmente la richesse nationale et qu'en l'interdisant nous priverons la caisse de l'État d'une somme considérable.

Les statistiques prouvent que le gouvernement, depuis son origine, a reçu de ce côté sept milliards de dollars. N'oublions pas qu'il faut défalquer de cette somme ce qu'on a été obligé de payer pour l'entretien des étrangers dans les hospices, dans les prisons et dans les hôpitaux. Ce chapitre du budget eadfi un revenu assez considérable.

2. On dit que l'immigration nous fournit nos raeilleurs ouvriers, que nos fabriques de voitures et nos autres manufoctures sont remplies de gens de cette classe.

Nous admettons qu'ils forment une classe de bons ouvriers. Mais la plupart d'entre eux ne le deviennent qu'après avoir été instruits et exercés par les Américains. Ils possèdent le talent, mais il faut que ce talent soit développé par l'éducation.

Quelques personnes prétendent que l'immigration fortifie le gouvernement. Elles disent que les immigrants, venant d'un pays 3Ù il y a un abîme entre lés hautes classes de la société et le peuple, et voyant qu'ici tout le monde a les mêmes droits, s'éprennent d'affection pour notre système de gouvernement, et font tous leurs efforts pour le soutenir.

Gela peut être vrai. Mais il y a beaucoup de lois qu'ils s'oIh

stinent à ^oler, et ils ne manquent pas de le faire lorsqu'ils peuvent, par un moyen quelconque, échapper au châtiment. Puis on dit que nos lois ne sont pas assez sévères !

3. Beaucoup de personnes pensent que l'immigration est un bienfait pour le pays parce qu'elle contribue à le peupler et à Tembellir. Nous savons qu'il ne s'écoule pas beaucoup de temps avant que les plus âgés des immigrants s'établissent dans quelque ville, où ils obtiennent une petite maison et peutêtre un petit champ de terre. Tous les ans ils augmentent leur propriété et finissent par voir le luxe s'établir à leur foyer. Une telle conduite ne contribue pas seulement à la richesse de la ville, elle contribue aussi à son embellissement.

Nous savons que le pays est grand et que c'est une belle chose de le peupler entièrement, mais encore est-ce bien nécessaire? Et faut-il sacrifier la réputation de notre pays à sa richesse, à sa puissance et à sa beauté ?

i* Concltision.

Dans ce siècle, où l'on n'a d'amour que pour l'argent, où le vice se montre sous toutes ses formes, nous devrions arrêter sur nos frontières, toutes les (ois que cela est possible, tout ce qui tend à causer un préjudice à notre pays.

Nous ne disons pas qu'il faut interdire l'immigration, car cela est impossible ; mais nous déclarons que, vu la dépravation des États-Unis, le bien-être futur de ce pays exige que l'immigration soit découragée.

Âge : seize ans.

Aurora (Illinois).

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