fflSTOIRE d'une FAMILLE
J*ai eu dernièrement l'avantage de faire la connaissance d'une famille dont je me propose de vous raconter l'histoire.
Mes souvenirs me rappellent l'harmonie qui régnait dans cette maison.
Tout le monde y était gouverné par certaines règles dont on ne s'écartait jamais.
(1) Directeur de Técole.
(2) En anglais celibacijy corpSy faux pasy bureaUf chaperon, cliqué.
Ai GRAMMAR SCHOOLS.
Cette famille se composait de dix membres : M. Nom, ^jmc Verbe sa femme, et leurs huit enfants.
Le père, M. Nom, était un vieux bourru despotique et rempli d'amour-propre ; il gouvernait toujours sa femme, qui était obligée de s'accorder avec lui dans toutes les choses personnelles^ Parfois il devenait si terrible, qu'il agissait dans une indépendance complète à l'égard de toute la famille; alors sa femme s'écartait généralement de lui.
Quoiqu'il fdtt quelquefois propre, sa famille le tenait en général pour un vieux bonhomme commun.
Pronom, son fils aîné, était d'une intelligence remarquable ; son père avait beaucoup de confiance en lui, et il l'autorisait à traiter les affaires à sa place.
Il était égoïste : Moi, toujours, le premier en tête. Il parlait soit relativement aux idées de son père, soit pour en démontrer le sens, mais quelquefois il était un peu per^ sonnel dans ses remarques.
Peut-être n'apprit-il jamais le cinquième commandement, car il ne respectait pas sa mère comme il aurait dû la respecter, il la brusquait souvent comme le faisait son père. Lui et son père s'accordaient généralement à merveille.
De temps en temps M*"* Verbe se mettait à la voix active, et déclarait que Pronom et son père étaient tous les deux ses sujets. Souvent aussi le mari et le fils passaient à l'état de simple complément.
Quand elle se mettait dans un de ses modes impératifs, elle donnait ses ordres avec beaucoup de décision.
Elle avait en général beaucoup d'ordre et de régularité pour tout ce qui lui appartenait, quoiqu'elle laissât quelquefois les choses aller d'une manière irrégulière et défective.
Elle avait le tempérament nerveux, et quelquefois elle avait un si joyeux entrain, qu'elle paraissait ne vivre que pour le présent; puis elle s'assombrissait et s'attristait, et disait qu'elle était un pauvre être imparfait j mms bientôt elle s'imaginait qu'elle était parfaite, et si vous discutiez avec elle, elle vous renvoyait au futur.
Article et Adjectif étaient les deux garçons qui venaient après Pronom. Ils sautillaient devant leur père.
Article essayait de restreindre le pouvoir de son père, mais son inOuence était souvent indéfinie.
Adjectif décrivait toujours son père, dont il s'efforçait de faire une personne de qualité.
La jeune Participe était la fîlJe aînée, elle ressemblait à sa mère. Son caractère avait beaucoup de rapport avec celui de son frère Adjectif.
Adverbe, la seconde tille, était une demoiselle très-impertinente, critiquant les manières de sa mère, et disant le temps et le lieu où Ton devait mettre les choses.
Celle qui venait après dans la famille était la petite Conjonction ; elle n'était pas aussi intelligente que les autres, mais elle était très-utile dans certains cas.
Préposition était le ûls cadet, il courait autour de son père, et, comme il lui ressemblait un peu, il voulait quelquefois le gouverner.
Interjection était la dernière née, c'était aussi l'enfant gâté de la famille, et, par conséquent, elle faisait tout ce qu'elle voulait. C'était un petit être volontaire et délicat qui jetait les hauts cris si quelque chose ne lui convenait pas.
Si quelques-unes de mes amies voulaient avoir d'autres détails sur cette famille, elles peuvent se les procurer en s'adressant à. . . la Grammaire.
Marilla a.
Age : seize ans.
Comté de Middlesex (New-Jersey). École du district n** 53