LA VENDANGE
Cette image représente une scène qui est trés*commune en France : c la cueillette du raisin. ï Comme elle est belle, cette vigne avec ses longues rangées de ceps chargés de verdure, et soutenus par des échalas, avec le ciel bleu au-dessus, et les belles grappes rouges qui paraissent çà et là au milieu des feuilles !
Il y a une joyeuse troupe d'hommes, de femmes et d'enfants qui cueillent le raisin. Il y a deux séries de vendangeurs : les uns vont les premiers et ramassent les grappes les plus grosses, les plus belles et les plus parfaites pour les vendre, pendant que les autres les suivent et ramassent celles qui restent, pour faire du vin. Immédiatement derrière la vigne est un vieux château où demeure le propriétaire, où ont demeuré et où sont morts ses ancêtres pendant plusieurs générations. Le château est peut-être une habitation très-agréable, mais il a l'air triste ; son aspect même semble dire : c J'ai peur des voleurs et des brigands. > Je me demande s'il existe de si méchantes gens dans un endroit aussi charmant. En bas, dans la vallée, est une jolie petite église où toutes les bonnes gens vont le dimanche pour voir leurs voisins et pour montrer leurs beaux habits. Dans la route, près de la vigne, est un chariot avec deux cuves dans lesquelles les hommes versent leur raisin.
Perché sur le haut de ce chariot, on voit un jeune gars trèsdrdle, qui tient dans ses mains un instrument pour écraser le raisin, il le lève comme s'il allait en donner un terrible coup. Les pauvres chevaux paraissent assez fatigués et assez endormis ; quel dommage qu'ils ne puissent pas manger du raisin
(1) Voyez la figure, page 51. Elle est extraite du plus élémentaire des Atlas scolaires de Guyot, dont les cartes sont accompagnées d*un excellent texte illustré. (Editeurs, Scribncr et Armstrong. New- York.*
50 GRABIMÂR SCnOOLS.
pour passer le temps , comme font les vendangeurs! Comme ceux qui ramassent le raisin ont Tair joyeux et heureux ! La plupart d'entre eux travaillent pour tout de bon, mais il y a, comme d'habitude, quelques paresseux avec eux. Voyez celui qui est sur la barrière et qui élève les mains comme s'il avait la colique ou comme s'il allait faire un discours. Une jeune et jolie Française franchit en sautillant les marches de pierre ; elle a le cœur léger, et sans doute elle chante une joyeuse chanson ; un homme lui montre un oiseau dans le ciel et semble lui dire : c Voilà votre rival, charmante chanteuse. >
Je me demande si ces gens sont aussi heureux qu'ils le paraissent. Je me demande si le pauvre petit paysan français peut être aussi heureux que le petit Américain, né libre, qui peut, un jour ou l'autre, devenir président des États-Unis, ou que la petite écolière qui fera peut-être un jour les honneurs de la Maison-Blanche (1).
Alice W.
Age : douze ans.
Avondale. Comté de Hamilton (Ohio).
il. — MÊME SUJET.
(3« année )
Je vois dans cette image une église, une maison, des femmes et des hommes qui ramassent du raisin, des hommes qui vident le raisin dans de grands tonneaux et un homme qui apporte le raisin aux autres. Je vois des femmes qui ramassent du raisin et qui ont des mouchoirs sur leurs têtes. En France, les femmes portent leur raisin dans un panier sur leurs bras, et les hommes le portent sur leur dos. Je vois un homme avec des raisins sur le dos, et il a un bâton à la main ; peut-être que, pendant qu'il ramassait le raisin, le bâton lui a servi à s'appuyer. L'église que je vois est surmontée d'un très-haut clocher. Le raisin est très-utile, il sert à faire du vin, de la gelée et beaucoup d'autres choses. Le pays dont je vous ai parlé est le pays de France.
Kettie t.
Age : dix ans.
Cincinnati (Ohio), écolo du district do TOuest pour les enfiiUs de couleur.
(1)' Palais de la Présidence, à Washington.