‹ Devoirs d'écoliers étrangers recueillis à l'Exposition universelle de ParisChapitre 249 sur 249 · Écrivez sous dictée les mots suivants · texte numérisé non relu

Écrivez sous dictée les mots suivants

Centenaire, exposition, séparation, opportunité, nécessaire, recevoir, arithmétique, préparatoire, grammaire, écolier.

432 DEVOIRS D'ÉGOLlËRS.

8. Écrivez sous dictée Taddition suivante, faites la somme, que vous diviserez par quatre-vingt-neuf, et faites la preuve.

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Diviseur 89 1 195226285

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(Les deux élèves ont disposé l'opération exactement de la même manière et ont fait l'un et l'autre des calculs justes.)

Annotation finale:

Jones. — Je suis un élève de la classe préparatoire de l'Institut normal de Hampton, Virginie.

J*ai été dans ma vie trois années à Técole ; une année j*y suis allé trois mois, une année deux mois, et cette fois j*y suis allé quatre mois et demi.

ËMILY Thomas. ^ J'appartiens à la classe préparatoire de Tlnstitat normal de Hampton, Virginie.

ÊTATS-UiNlS. 433

Classes normales.

Age moyen : 19 ans 1/2.

COMMENT j'ai ACQUIS MON ÉDUCATION.

(How I got my Education)

Dans Tannée 1861, je commence à étudier mon livre tout seul, mon maître étant un homme bon, n'empêchait jamais ses esclaves d'avoir des livres et des journaux. Mais il eut grand soin de ne jamais rien m'enseigner, et il ne permettait pas non plus à ses enfants de le faire, quand il le remarquait. Mais tout de même je continuai à essayer, et je finis- par apprendre toutes les lettres de Talphabet, et alors je dis à mon jeune maître, un matin : vous devriez écouter comme je sais lire. Sa réponse fut : vous ne savez pas lire et vous ne lires jamais de votre vie. Il dit que la loi défendait aux nègres de lire, et que d£^s quelques Etats on pend tous les nègres qui savent lire, et alors je lui demandai si on me pendrait parce que j'avais appris l'alphabet. 11 répondit non, à la condition que vous ne lisiez plus. Ainsi je cessai d'étudier, jusqu'à ce que je vins ici en 1873 ; j'entrai dans la classe préparatoire et j'y suis resté deux ans, et je suis entré dans la Junior Class cette année,

Henry Thomas, âgé d'environ vingt-six ans.

Né à Jarboro, Caroline du Nord. Père esclave. Mère esclave. Teint noir.

MEME SUJET

En 1863, quand l'armée du général Lee eut été battue à Gettysburg, mon maître m'envoya dans les bois avec son fils pour cacher ses chevaux, par crainte des Yankees. Mais ils nous découvrirent, et m'emmenèrent avec les chevaux. J'entrai dans le 120* régiment de New-York, où je rencontrai le chapelain Harryllopkins, de Westfield, Mass., qui m'enseigna le premier à dire mon alphabet; quand je le sus, j'essayais d'épeler tous les mots que je voyais. De cette manière je pus bientôt lire couramment, et je continuai à m'instruire le mieux que je pouvais, jusqu'en 1872. Alors j'allai à Pittsfield, Mass., tra-

vailler dans la ferme du capitaine Frédéric Francis, et l'hiver j'allais à Técole. Je restai là trois ans et six mois, et je fréquentai Técole 33 semaines en tout, et j'y appris plus que je n'avais jamais pensé pouvoir apprendre. Je trouve que l'éducation est utile à un homme pour une quantité de choses. J'aimerais acquérir une bonne éducation, pour pouvoir à mon tour donner des leçons. Je .suis arrivé à l'Institut normal de Uampton le â octobre 1875, et je suis entré dans la première classe. Je désire rester ici trois ans, si je puis; car ici, avec l'aide de Dieu, je pourrai acquérir l'éducation dont les personnes de ma race ont besoin (such an éducation as my people need).

Commencé à 2 h. 10 m. après-midi.

Fini à 3 h. 40 m.

Morgan Milton Snowdon.

Né à Leesburg, Virginie, en 1853. Père esclave. Mère esclave. Teint noir.

MEME SUJET

J'étais esclave, et quand je fus devenue libre, je dus travailler parce que ma mère avait une nombreuse famille ; cela m'empêchait d'aller à l'école. Heureusement il se présenta une occasion pour moi d'être admise dans cette école, et j'en suis reconnaissante, car je crois que cette école fera du bien à tous ceux qui y entrent, si nous voulons être appliqués. J'en suis à ma seconde année, et je ne puis dire combien je me plais ; souvent je voudrais pouvoir écrire et dire à tous mes amis combien je me plais dans cette école. J'espère pouvoir terminer tout mon cours ici, et ensuite aller par le monde pour instruire les autres, afin qu'ils puissent entrer à cette école et apprendre les choses dont beaucoup de nos parents ont été privés. Je suis allée deux ans à l'école à Abingdon, Virginie. Mon instituteur était un blanc, il s'appelait M. Parks, c'était un instituteur du Nord, et c'est le seul que j'aie eu jusqu'au moment où je suis venue ici. Je suis venue ici l'année passée, le l^"^ octobre.

Commencé à 2 h. 10 m. après-midi.

Fini à 3 h. 30 m.

Clara Nicholas.

Née à Abiagdon, Virginie, en 1857. Père esclave. Mère esclave. Teint foncé.

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MEME SUJET

Je quittai la maison paternelle le 3 septembre 1865, à Tàge de treize ans seulement, ne connaissant pas Talphabet et ne sachant rien des livres. J'allai d'abord à City Point, Virginie, et j'entrai au service de M. George Allen comme domestique; c'était un officier du 29^ régiment du Connecticut. J'allai au Texas avec lui et j'y restai deux mois, et ensuite j'allai à la Nouvelle-Orléans et de là à New-York, puis à Meriden, Connecticut, où j'ai habité pendant onze ans. Je suis allé à l'école trois mois chez M. John Petlee à Meriden, et c'est là que j'ai appris pour la première fois à lire et à écrire. Comme j'étais encore jeune, et que j'avais à gagner ma vie, je fus obligé de quitter l'école. Alors j'allai travailler dans une manufacture, où je fus employé pendant quatre ans ; ensuite j'entrai au service d'une famille, où je soignais les chevaux et où je servais à table ; après avoir travaillé là trois ans, j'entrai dans un restaurant où je fus employé jusqu'en iSli, Ensuite je trouvai qu'il me fallait aller à l'école et acquérir de l'éducation ; et je résolus d'entrer à l'École normale de Hampton, où je suis encore.

Coinmencé à 2 h. 10 m. après-midi.

Fini à 4 h. 30 m.

Edwin William Pulley.

Né à Boydton, Virginie, en 1851. Mère esclave. Père libre. Teint très-tlair.

MEME SUJET

J'ai été privé de toute occasion d'apprendre même les lettres, car depuis ma naissance j'avais été élevé dans les ténèbres de l'ignorance. Mes parents étaient trop pauvres pour m'envoyer

"! à l'école et me fournir les vêlements nécessaires ; ainsi je dus y renoncer, et je pensais que jamais je ne pourrais aller à l'école. Comme j'avais un vif désir de devenir un homme d'une instruction ordinaire, sinon plus, mes parents se décidèrent à me faire enseigner l'alphabet par ma tante. Il n'y avait rien là de difficile à comprendre, aussi je fis bientôt des progrès ra-

"' pides. Je me présentai alors à Técole, où je fus admis dans la classe primaire, et je continuai pendant neuf mois. Mais comme

j'étais en général tout à fait dépourvu de vêtements, je dus quitter Técole ; car c'était une école publique, où les habits déchirés étaient strictement interdits; jpour tant mon instituteur prenait beaucoup d'intérêt à moi. Après que j'eus quitté l'école, je reperdis bientôt tout ce que j'avais appris. Le temps se passait ainsi, et comme j'ignorais l'importance réelle de l'éducation, je ne m'en inquiétais guère. Enfin, l'année dernière, je compris que l'éducation ne consiste pas seulement à savoir lire les journaux et compter deux ou trois dollars, mais signifie en réalité caractère ainsi que discipline morale. Alors je partis pour l'Institut de Hampton, où j'arrivai sain et sauf; j'y fais des progrès rapides, et je sens qu'un avenir lumineux va s'ouvrir devant moi.

Commencé à 2 h. 10 m. après-midi.

Fini à 3 h. 30 m.

William Henry Daggs.

Né à Falmouth, Virginie, en 1858. Père esclave. Mère esclave. Teint très-clair.

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