LETTRE A UNE AMIE SUR LES OCCUPATIONS JOURNALIÈRES
DE l'enfant qui ÉCRIT.
Chère araie.
Tu m'excuseras de n'avoir pas répondu plus tôt à ta lettre du mois passé, mais j'ai eu des occupations qui m'en ont empêchée. En sortant de Técole à onze heures, il faut que je fasse les commissions, car mon frère est malade, et il faut qn il reste dans la chambre. Après midi j'aide à maman à ranger la table, et pendant qu'elle relave je brosse la cuisine, et j'essuie les verres. Après cela ï'heure de l'école arrive et il faut partir; la sdrée nous allons à l'école de deux à quatre heures. En sortant à quatre heures, je dois faire mes tâches jusqu'à cinq heures et demie, après cela si j'ai fini je vais faire le souper. C'est ainsi que se passent à peu près mes journées. Le samedi nous n'allons à l'école que le matin, l'après midi nous allons mon frère et moi faire les emplettes pour la cuisine. Le dimanche je vais à l'école du dimanche le matin de onze heures à midi ; la soirée quand il fait beau temps je vais me promener avec mes amies, mais quand il fait mauvais temps nous nous amusons dans In chambre.
196 DEVOIRS D*£COLIERS.
Je t'ai à peu près raconter * comme mon temps se passe, et tu Tois par là que je n'ai g^ère le temps de t'écrire. Fais mes salutations à tes parents et reçois mes baisers.
Ta dévouée,
Julia ROURQUIN.
Agée de treize ans, — 24« élève sur 51.
I^® classe primaire des filles; âge moyen, treize ans.
Chaux-kle-Ponds, ville industrielle de 20,8^ habitants.
MÊME SUJET
Cher ami,
Je m'en vais te décrire comment je passe ma journée, car mes occupations sont très-limitées. A 8 heures du miatin, nous aevons aller à l'école, notre instituteur commença la leçon, il questionna les élèves tour à tour sur la géométrie, la géographie et la grammaire. De onze heures à douze nous eûmes la leçon d'écriture; notre maître nous donna des modèles en grosse et en fine écriture ; nous commençâmes à les copier. A midi la cloche desortie sonna, et i)Ous pûmes retourner chacun chez soi. J'arrivai à la maison à midi et dix minutes ; je dtnai; puis l'on m'occupa pour faire des commissions ; après que je les eus faites , je demandai à mes parents s'il y avait encore quelque chose à faire; ils me répondirent que non. Je m'en allais* dans ma chambre où je commençai le brouillon delà lettre que je t'ai envoyer * précédemment. Je n'avais pas encore fini, que tout d'un coup j'entendis sonner deux heures, je laissai là pliune, lettre, enfin tout; je sautai sur mon chapeau^ et je courus de toutes mes forces vers le collège ; j'arrivai heureusement à temps. Nous avions la leçon de gymnastique , donnée par un maître spécial. Il nous fit répéter les exercices qu'on devait apprendre, pour les examens de gymnastique. A 3 heures, nous retournâmes à l'école, où nous eûmes une leçon de dictée. A quatre heures sonnant*, j'étais déjà sur le chemin de la maison. En arrivant, je dus commencer les tâches, que l'on avait pour le lendemain. Après cela* j'étais libre ; j'allai m'amuser
jusqu'à six heure*, où je dus rentrer. Je termine ma lettre en te disant : Au revoir.
Ton ami dévoué,
Fritz Wengjbr.
Agé de douze ans neuf mois, — 34« éiève sur 34. 1 '6 classe primaire de garçons; âge moyen, treize ans.
Neuchàtel, ville de 14,116 habitants.
MEME SUJET
Cher ami,
Si tu savais comme je suis heureux dans la classe où je suis. J'ai bien du plâiàir à venir à Técole surtout quand il fait mauvais temps, mais cela n'empêche pas que je suis bien contant* d'avoir congé de temps en temps ; c'est alors quâ je m'amuse avec mes camarades, mes frères. Je me rappelle qu'il y a environ 2 ans, je fît* avec quelque {sic) de mes amis une charmante promenade à la Tourne. Partis de Neuchâtel à 10 heures du matin nous traversâmes les villages de Peseux, Corsel * (Corcelles) et Gormondrèche, puis de là ne sachant quel chemin prendre, j'allai demander à un vieux paysan qui fauchait son champ de nous indiquer la route qui conduit à Rôchefort , il nous invita avec politesse à le suivre et nous conduisit jusqu'à l'extrémité du village, je tire alors ma bourse et je lui donne un pour-boire ; je n'accepte pas s'écrie-t-il aussitôt, je ne veux pas qpi*on me paye* les services que je rends puis' il partit en nous saluant. Nous entrâmes dans le village, puis avec bonheur j'entendis sonner midi,j'entre à l'hôtel de commune et je commande un dîner pour 1 i/% heures *. Après que nous eûmes diner* j'eus le désir de faire une visite à un de mes amis qui demeurais* au Valderuz* (Val-de-Ruz),je me suis mis en route. Tout en cheminant j'entendis mon nom , je me retourne et je vois avec bonheur mon ami avec ses parents , nous arrivâmes donc au Valderuz * sur le déclin du jour. Nous fîmes nos adieux à notre ami et nous nous en retournâmes à Neuchâtel le cœur joyeux d'avoir feit une si belle journée.
Jean Bardet.
Agé de douate ans neuf mois, — l'^' élève sur 34. Ire classe primaire de garçons, Neuchâtel.
1U8 DEVOIRS D'ËGOLIËRS.